‹ Études Sur La MéthémoglobineChapitre 10 sur 33 · RP · texte numérisé non relu

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avec un mélange refroidi de une partie d'alcool pour trois d’eau, les sécher et les analyser.

Les auteurs s’occupèrent alors de trouver un procédé qui permit d'obtenir ces cristaux de méthémoglobine d'une façon plus certame et plus rapide; ils y réussirent commé suit: ils ajoutèrent à une solution concentrée d’oxyhémoglobine récemment préparée, et préparée à chaud, un peu de ferricyanure de potassium. (Pour un demi-litre d’une solution d'oxyhémoglobine, il suffit d’un ou deux petits cristaux de la grosseur d’un grain d'orge). La couleur rouge clair de la solution devint alors brun sale, et l’on put, par l’addition d’alcool et par l'exposition au froid comme je l’ai indiqué ci-dessus, séparer au bout d’un ou plusieurs jours les cristaux de méthémoglobine.

En 1884, Hüfner indiqua un procédé analogue pour obtenir de la méthémoglobine cristallisée avec du sang de chien ou de cheval. Pour cela, on prépare une solution d’oxyhémoglobine aussi concentrée que possible {le mieux est d'employer de l’eau tiède comme dissolvant) ; puis on ajoute à cette solution un peu de ferricyanure de potassium (environ 3 à 4 cent. cubes de solution concentrée de ce dernier pour un litre de la solution d’oxyhémoglobine) ; on agite énergiquement le mélange ; on le porte à 0° et on lui ajoute un quart de son volume d’alcool refroidi au moins à 0°; enfin on place le tout dans un mélange réfrigérant. Au bout de un à deux jours, il se dépose une grande quantité de cristaux bruns ayant la forme d’aiguilles, et présentant à peu près les dimensions de celles de l’oxyhémoglobine; ces aiguilles sont des cristaux de méthémoglobine.

Hammarsten a obtenu des cristaux de méthémoglobine avec du sang de cheval en ajoutant à une solution d’oxyhémoglobine un peu de ferricyanure de potassium et de l'alcool. Les cristaux étaient constitués par des prismes rouges grenat réguliers, hexagonaux, ayant un millimètre de diamètre ou plus.

La même année qu'Hüfner, Jæderholm réussit aussi à pré-

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parer de la méthémoglobine cristallisée avec le sang de chien par un procédé qui ne diffère guère de celui de Hüfner. Voici en quoi il consiste: on laisse du sang de chien se coaguler dans un endroit frais ; au bout de douze à vingt-quatre heures, le caillot est formé, on le divise en de très petits morceaux, que l’on porte sur un filtre, et qu’on lave alors à l’eau distillée refroidie à 0 jusqu’à ce que le liquide filtré ne donne plus qu’un faible précipité avec le bichlorure de mercure. La matière colorante est alors dissoute dans de l’eau distillée, à 35°-40°; la solution concentrée ainsi obtenue est agitée avec des cristaux de ferricyanure. On examine au spectroscope si toute l’oxyhémoglobine est transformée en méthémoglobine ;

s’il n’en était pas ainsi, il faudrait ajouter encore du ferricya-

nure jusqu’à ce que l’on obtienne ce résultat. On ajoute ensuite un volume d’alcool concentré pour six volumes de la solution de méthémoglobine et on place le tout dans un mélange réfrigérant ; on obtient au bout de quelque temps une cristallisation abondante, on lave les cristaux par décantation avec de l’alcool étendu de quatre ou cinq fois son volume d’eau ; les cristaux ainsi obtenus ont la même forme que ceux de l’oxyhémoglobine ; ils sont constitués par de fines aiguilles et de longs prismes de un demi-millimètre ou plus. Ils présentent en solution le spectre d'absorption de la méthémoglobine.

Enfin, tout récemment, Halliburton a également obtenu des cristaux de méthémoglobine avec du sang de différents animaux. Il agitait quelques centimètres cubes de sang défibriné avec quelques gouttes de nitrite d'amyle ; le mélange prenait alors une teinte acajou ; il en étendait une couche mince sur une lamelle porte-objet et la recouvrait d’une autre lamelle : il se formait en quelques secondes une abondante cristallisation. Halliburton à préparé ainsi des cristaux de méthémoglobine avec du sang de cobaye, d'écureuil, de rat et a constaté qu'ils étaient constitués dans le premier cas par des tétraèdres, dans

le second et le troisième par un mélange d’une grande quantité de lamelles à six faces avec des prismes rhomboïdaux en moins grand nombre.

Propriétés de la méthémoglobine. — La méthémoglobine est soluble dans l’eau ; 100 centimètres cubes d’eau à 0° en dissolvent 5 gr., 851 ; elle est insoluble dans l'alcool et dans l’éther. Les cristaux de méthémoglobine sont plus difficilement solubles que ceux d’oxyhémoglobine et paraissent plus stables. La puissance colorante de la méthémoglobine est moindre que celle de l’oxyhémoglobine.

Les cristaux de méthémoglobine du sang de chien ont la même forme que ceux de l’oxyhémoglobine ; ce sont des aiguilles et de longs prismes de un demi-millimètre ou plus. Hammarsten aurait obtenu des cristaux de méthémoglobine de cheval, constitués par des prismes rouge grenat réguliers, hexagonaux, de un millimètre de diamètre ou au dessus ; ceux de la méthémoglobine du porc seraient des aiguilles brunes un peu fauves. Nous venons de voir que ceux du sang de cobaye auraient, d’après Halliburton, la forme de tétraèdres et que ceux du sang d’écureuil et de rat seraient constitués par des lamelles à six faces et des prismes rhomboïdaux. Les cristaux de méthémoglobine du sang de chien ont été étudiés par Jæderholm ; ils jouissent de la double réfraction ; si on les place entre deux - nicols croisés après interposition d’une lame de gypse orientée à 45°, ils présentent une coloration bleue ou jaune, suivant que leur axe est parallèle ou perpendiculaire à la section principale du gypse.

Hüfner et Otto ont pu sécher les cristaux de méthémoglobine du sang de porc ; ils les ont portés à 115°, ont constaté qu'ils dégageaient alors 12 °/, d’eau et les ont soumis à l'analyse ; ils ont trouvé ainsi les nombres suivants :

ee C==09,9927 Hi ri ALI AONMI Se 10700272 Fe — 0,449°/ 0226554

Les mêmes auteurs ont également déterminé les constantes photométriques À, A", de la méthémoglobine du pore, et ils ont trouvé qu’elles avaient pour les régions spectrales où celles de l’oxyhémoglobine sont À, — 0,01345, A", — 0,001014, c'est-à-dire dans les régions D 32E — D 53E et D 63 E — D 84 E, les valeurs 0,002602 et 0,001990.

Les cristaux de méthémoglobine se dissolvent facilement dans les solutions alcalines, même extrêmement étendues.

La méthémoglobine est également soluble dans les acides étendus. ë

Les solutions aqueuses ont une couleur jaune rougeätre quand elles sont diluées, rouge brun quand elles sont concentrées. Elles sont assez stables ; toutefois, par un long repos, il se sépare un précipité; mais le liquide filtré présente néanmoins le spectre de la méthémoglobine. Après un repos encore plus long, ses solutions se décomposent, prennent une couleur brun verdâtre et une consistance gélatineuse.

Les solutions de méthémoglobine se coagulent par la chaleur ; la matière colorante est complètement précipitée ; il se produit de l’hématine.

Une solution de méthémoglobine n’est point modifiée si on l'agite à l'air, si on la place dans le vide ou si on la fait traverser par un courant d'oxyde de carbone.

Les solutions aqueuses de méthémoglobine sont légèrement

acides au papier. On y trouve constamment des acides organiques tels que : acide formique, butyrique et un autre, qui ne paraît pas être l'acide lactique, mais dont on n’a pu déterminer la nature. Ces acides sont peut-être dus à la décomposition de l’'hémoglobine (Hoppe-Seyler).

Les solutions alcalines de méthémoglobine ont une couleur

franchement rouge et présentent un spectre distinct de celui.

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