‹ Etudes sur la moule commune (mytilus edulis)Chapitre 3 sur 26 · FORME GÉNÉRALE ET DISPOSITION EXTÉRIEURE DES ORGANES · texte numérisé non relu

FORME GÉNÉRALE ET DISPOSITION EXTÉRIEURE DES ORGANES

La Moule commune est un mollusque lamellibranche dont la coquille est équivalve, cunéiforme, arrondie en arrière, à crochets antérieurs et pointus, couverte à l'extérieur d'un épiderme noir bleuàtre, violacé, assez transparent, nacrée à l’intérieur ; les dents cardinales sont très-petites.

Le ligament est linéaire, sub-marginal, très-long (PI. XXIE, fig. 1, 5). A la face interne, la coquille présente une impression palléale simple. Les impressions musculaires sont au nombre de cinq :

40 Une impression arrondie et souvent légèrement bilobée, relativement grande, obscure, placée à l’extrémité postérieure du bord supérieur : c’est l'insertion du muscle addueteur postérieur ; 2° une impression très-petite, mais très-marquée, située près du sommet et à l'extrémité antérieure du bord inférieur : elle appartient au muscle adducteur antérieur (PI. XXI, fig. 6, 11); 5° une impression placée en avant de celle de l’adducteur postérieur, etcomposée d’une série horizontale d’impressions elliptiques correspondant à l'insertion des faisceaux des muscles dits du byssus, et des muscles rétracteurs postérieurs du pied ; 4° une impression petite. linéaire, placée sous lextrémité antérieure de la charnière, et à laquelle vient s’insérer le muscle rétracteur antérieur du pied ; 5o en arrière et au-dessous du muscle adducteur postérieur, une petite empreinte triangulaire, rudiment de sinus palléal, pour l'insertion des muscles de la membrane anale.

Le manteau tapisse la face interne des valves et a un bord légèrement

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saillant. Très-mince et passablement transparent en dehors de la saison de la reproduction, le manteau acquiert pendant celte saison une épaisseur notable el une opacité complète.

Les muscles marginaux du manteau, formés de faisceaux délicats, généralement perpendiculaires au bord et anastomosés entre eux, occupent tout le bord libre du manteau, son bord postérieur arrondi et le bord supérieur, jusqu’à l’angle supérieur obtus de la valve. Leur insertion laisse sur les valves une impression obscure, mais pourtant visible, formant une bande marginale, et dont le bord interne est par places finement frangé.

Les bords du manteau sont libres, sauf en arrière, où ils sont réunis par une membrane contractile recouverte d’an épithélium très-pigmenté : c’est la membrane anale (PI. XXI, fig. 1, 3; fig. 6, 12, 13; PL. XXV, fig. 5, 5,51) qui sépare ainsi de l'ouverture générale du manteau une ouverture supérieure et postérieure, en forme d’entonnoir, qui correspond au siphon anal (PI. XXII, fg. 1,4; fig. 6, 14).

Le bord libre du manteau est dédoublé en deux lèvres (PI. XXI, fig. 1 et 6), dont l’une, interneetsaillante, est lisse et tranchante dans les régions antérieure el anale, et au contraire recouverte de papilles disposées par groupes ou festons dans les régions postérieure et inférieure. Le bord lisse et externe est recouvert par un prolongement interne de l’épiderme corné de la coquille. Ge prolongement se replie intérieurement sur le bord du manteau et forme une sorte d’ourlet qui adhère au manteau, le fixe à la coquille et recouvre un grand sinus sanguin qui parcourt tout le bord libre du manteau, et sur lequel je reviendrai (PL. XXII, fg. 6, 1).

En relevant le manteau, on aperçoit les branchies, qui comprennent deux feuillets de chaque côté, un externe et un interne. Chacun des feuillets est composé de deux lames unies par leur bord inférieur. La lame intérieure est fixée au corps de l'animal par son bord supérieur, dans l'étendue de ses quatre cinquièmes antérieurs. Le cinquième postérieur est libre et occupé par un vaisseau qui se rétrécit d’avanten arrière, le vaisseau afférent de la branchie (PI. XXV, fig. 5). Ce vaisseau est commun aux feuillets d'un même côlé, d'où il résulte que les deux feuillets sont fixés l’un à l’autre dans toute la longneur du bord supérieur de leurs lames intérieures. La PI: XXIV, fig. 5, montre en arrière du muscle adducteur postérieur le vais-

ho seau offérent commun aux deux feuillets et les vaisseaux efférents libres des lames interne el exlerne du même côté. La lame externe a un bord supérieur libre, et occupé dans toute son étendue par le vaisseau efférent de la branchie (PL. XXIV, fig. 5, 11; fig, 6, 13). En arrière, les extrémités fermées et effilées des deux vaisseaux afférent el efférent se réunissent pour adhérer ensemble à la face inférieure de la membrane anale (PI. XX V, fig. 3).

Les lames branchiales présentent an aspect strié, très-délicat, dû à ce qu'elles sont constitaées par des filets très-déliés ; larges dans presque toute leur étendue, elles se rètrécissent en avant et en arrière pour se terminer par un angle aign (PI. XXIV, fig. 5; PI. XXV, fig. 5). L'angle aigu antérieur passe entre les deux tentacules baccaux d’un même côté (PI. XXI, fig. 8), et à ce niveau les vaisseaux afférents et efférents de la branchie adhèrent au corps de l'animal.

Dans l'angle de séparation du manteau et de la branchie on aperçoit une série de lamelles transversales qui vont du manteau au vaisseau afférent de la branchie, et dont les dimensions augmentent d'avant en arrière (PL. XXI, fig. 5,3, 4; PL. XXIV, fig. 2, 8, 8). Je reviendrai longuement sur la nature el les fonctions de ces organes.

En soulevant les deux branchies d'un mème côté, on aperçoit le corps de Panimal (PI. XXHI, /ég. 6). Ce corps se compose de plusieurs parties dont la position peut être déterminée par rapport au pied. Le pied est rudimentaire, peu développé el a une forme très-comparable à celle d'une langue de mammifère. est mobile, rétractile et susceptible de prendre des dimensions et des formes assez variées, comme l'organe buccal, auquel je le compare. Ce n'est pas un organe de locomotion, puisque l'animal est fixé par son byssus et. n'est point appelé à changer de place; c'est plutôt un organe destiné à saisir des matières alimentaires, mais surtout, je le crois, à introduire, à un moment donné, dans le système vasculaire, une certaine quantité d’eau.

En avant du pied, sur la description duquel je reviendrai à propos de la circulation, se lrouve une masse plus ou moins volumineuse ayant une forme conique à sommet antérieur, et composée surlout par le foie, par la parlie antéricure du tube digestif et par les muscles rétracteurs antérieurs du piel. A l'extrémité antérieure de celle masse se trouve la bouche,

en forme de fente transversale courbe à concavilé supérieure (PI. XXHI, fig. 8,5), limitée par deux lèvres minces, l’une supérieure et l’autre inférieure. Aux angles externes de la lèvre supérieure font suite les tentacules ou palpes labiaux externes, el aux angles externes de la lévre inférieure font suile les deux tentacules labiaux internes. Ces lentacules sont longs et pointus; ils ont une forme triangulaire (PI. XXII, fig. 6, 8, 1); leur extrémité forme un angle aigu, leur bord adhérent est relativement court, leur direclion est en bas et en arrière. Les tentacules d'un même côlé sont appliqués immédiatement l'un à l'autre par une de leurs faces, et ne sont séparés qu'au voisinage de leur base ou bord adhérent par l’angle antérieur de la branchie.

La face extérieure ou libre des palpes est lisse, mais la fice par où les palpes d'un même côté se correspondent et s'appliquent l'un à l'autre a une disposilion spéciale. Elle se divise en deux bandes longitudinales séparées par une ligne qui va du milieu de la base au sommet (PI. XXII, /ig. 8). La bande postérieure est lisse, unie, et présente un bourrelet saillant qui forme une goullière en recouvrant le bord voisin de la bande antérieure (PI. XXHI, fig. 10). Celle dernière est composée de bourrelets ou saillics très-fins, perpendiculaires à l'axe du palpe, qui se recouvrent successivement de la pointe à la base et présentent ainsi une imbricalion très-régulière (PI. XXWI, fig. 10, 2). Chacune de ces petites saillies n’est que la miniature de la bande lisse et saillante du palpe. Elle a comme elle une face inclinée et nn bonrrelet saillant, limilant une pelite gouttière ouverte vers la base du palpe ; toutes ces parties sont tapissées d’un épithélium à cils vibraliles très-aclifs. On comprend que celte disposition est éminemment propre à diriger vers l'ouverture buccale les matières alimentaires, le plus souvent vivantes, qui sont saisies entre les palpes.

Les malières alimentaires, composées pour la plupart de diatomées, de petits entomostracés, d’infusoires, de larves d'animaux inférieurs, elc., sont très-souvent armenées aux palpes par le pied, dont les cils vibratiles saisissent ces pelils objets. Le pied peut être rélracté, ramassé vers la bouche, au voisinage des palpes, qui s'emparent des objets que l'animal doit avaler; mais la grande voie suivie par les particules alimentaires se trouve surtont sur le bord inférieur de la branchie, qui présente une goullièie garnie de

== 0 longs cils vibratiles, sur laquelle je reviendrai. Or, nous savons que ce bord de la branchie vient précisément se rendre entre les deux palpes, qui reçoivent de lui les aliments et les transmettent à la bouche.

Ces matières parviennent aux palpes par leur bord postérieur, puisque la bouche, la base des palpes et leur bord antérieur sont recouverts par un capuchon formé à ce niveau par le manteau (PI. XXII, fig. 1), capuchon qui est représenté déchiré PI. XXIE, #g. 8, 4 et retiré en avant, fig. 6. Les aliments saisis par la bande lisse des palpes sont amenés par les contractions des palpes et par les cils vibratiles vers le bourrelet saillant, qu'ils fanchissent pour tomber dans la bande striée. Une fois là, les matières alimentaires, le plus souvent vivantes, ne peuvent plus reculer et sont obligées de progresser vers la bouche. Le bourrelet longitudinal les arrête d'un côté, et la gouttière qu'il limite les conduit précisément à l'angle de l’orifice buccal. D'autre part, les pelits bourrelets transversaux leur permettent de progresser vers la bouche, à cause de l'obliquité en pente douce de leur face postérieure, mais les empêchent de rétrograder à cause de la saillie et de la gouttière antérieure. Il résulte de là que les contractions vermiculaires des palpes, les vibrations des cils et les mouvements des proies vivantes, poussent nécessairement les aliments vers la bouche.

En arrière du pied, et séparé de la base de ce dernier par une dépression, se trouve le byssus, qui est inséré au centre d’un disque charnu auquel correspondent des muscles importants (PI. XX VII fer, fig. 6). Le byssus est composé d’une tige cornée légèrement aplatie latéralement, et sur les bords antérieur et postérieur de laquelle s'insèrent de très-nombreux filaments cornés de plusieurs centimètres de longueur, et adhérant solidement aux corps étrangers, le plus souvent aux rochers, par une extrémité légérement aplatie en forme de petit disque.

En arrière du byssus se trouve une masse parenchymateuse qui s'étend jusqu'au muscle adducteur des valves (PI. XXII, fig. 6 ; PI. XX VII ter, fig. 6). Cette masse renferme dans sa partie libre les muscles postérieurs du pied et du byssus, et quelques parties de la glande génitale. Dans la portion placée au-dessus de l'insertion des branchies, elle comprend la partie postérieure du tube digestif, la cavité péricardique et le cœur.

La forme comprimée latéralement de la partie libre de cette masse posté-

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