‹ Etudes sur la moule commune (mytilus edulis)Chapitre 8 sur 26 · ME · texte numérisé non relu

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Cette veine commerce en avant par une extrèmilé très-fine, el s'élargit d'avant en arrière. Au voisinage du muscle adducteur postérieur, son calibre est relativement considérable. Elle est très-sinueuse et forme inférieurement

des anglesaigus, qui sont plus ou moins prononcés suivant les sujets. C'est à ces angles que viennent s'aboucher les troncs des veines palléales ascendantes (PI. XXVII, fg. 1).

Du bord supérieur de la veine longitudinale du manteau, depuis l'extrémité antérieure jusqu'au niveau du muscle adducteur postérieur des valves, pait une série de petits troncs veineux, inférieurs pour le calibre, mais supérieurs pour le nombre, aux veines palléales ascendantes. Ces troncs, logés à la face profonde du manteau (PI. XXVIL fig. 1, fig. 1’, 1), reçoivent euxmêmes le sang des lacunes de la région correspondante du manteau, et se divisent bienlôt en un bouquet de pelites veines parallèles qui remontent supérieurement et occupent le bord supérieur ou externe de l’un des organes sodronnés que j'ai déjà signalés. Ce petit vaisseau lacunaire communique largement avec la cavité du corps godronné (PI. XX VII, fig. 2, 5) par son bord interne, et avec des lacunes capillaires du manteau par son bord externe (fig. 2, 6).

Le corps godronné conduit le sang dans la veine longitudinale et le met en contact avec l'organe de Bojanus, surtout en arrière (PI. XXVIF, fig. 1, 5). Ce sans, ou bien pénètre directement de l'organe godronné dans la veine longitudinale, et c’est ce qui a lieu surtout pour la veine longitudinale antérieure; ou bien il n’y pénètre qu'après avoir traversé en grande partie l'organe de Bojanus, ce qui a lieu pour la veine longitudinale postérieure. De la veine longitudinale, le sang retourne au cœur par la veine afférente oblique. Il résulte de là qu’une grande partie du sang qui revient du manteau se rend directement au cœur sans traverser les branchies. C’est là un fait important, que je signale en passant pour y revenir plus tard. Ce fait est établi, et par l'étude des injections, et par les insufflations de la veine longitudinale, qui remplissent immédiatement d'air les corps godronnés, la veine horizontale du manteau et les veines palléales ascendantes ; ce qui prouve bien qu'il y a une communication directe entre ces vaisseaux, et que les organes godronnés déversent une partie de leur sang dans la grande veine longitudinale.

A partir du muscle adducteur postérieur des valves, les organes sodron-

Ent | nés cessent d'exister, et la grande veine palléale horizontale contracte de nouveaux rapports. Elle reçoit toujours inférieurement les veines palléales ascendantes, et près de l'extrémité postérieure les veines de la lèvre interne ou papillaire du bord du manteau (PI. XXHI, fig. 6, 2; PI. XX VII, fig. 1, 11); mais supérieurement elle reçoit une veine trés-importante ou veine anastomotique (PI. XX VII, fig. 1, 8), qui se porte obliquement de bas en haut et d'arrière en avant, et qui, passant sous le muscle adducteur postérieur des valves (PI. XXE, fig. 6, 3), va se jeter dans la parlie postérieure de l'organe de Bojanus et de la veine longitudinale postérieure (fig. 6, 6, 6). Cette veine anastomotique reçoit, chemin faisant, les sipus veineux transversaux placés entre les faisceaux du muscle adducteur postérieur des valves. Elle reçoit également les veines des membranes anales supérieure et inférieure du manteau (PI. XXHI, fg. 6, 13).

Un peu en avant du muscle adducteur postérieur des valves, la veine horizontale du manteau reçoit une veine importante provenant des sinus veineux compris entre les faisceaux de ce muscle adducteur (PI. XX VII, fig. 1, 6); et comme ces sinus (nous venons de le voir) communiquent d’autre part avec la veine anastomotique, et par suile avec la veine longitudinale postérieure, il en résulte que cette veine du muscle adducteur constitue avec la veine anastomotique une double voie de communication entre la veine longitudinale postérieure et la veine horizontale du manteau.

Enfin, postérieurement, la veine horizontale du manteau vient s'aboucher dans un sinus veineux qui occupe le bord libre du manteau ou sinus marginal du manteau (PI. XXVIT, fig. 1, 9, 10; PI. XXII, fig. 6, 1).

Ce sinus marginal occupe tout le bord libre du manteau. Très-étroit en avant, ils’élargit progressivement en arrière el acquiert un calibre assez considérable. Il relie pour ainsi dire toutes les veines palléales. Occupant le bord même du manteau, il est caché sous le repli corné qui continue en dedans l'enveloppe cornée de la coquille, et qui recouvre, en y adhérant, la lèvre lisse ou externe du bord du manteau. Quand les muscles palléaux se contractent, cette lèvre lisse et l'enveloppe cornée sont tirées, tendues, et la veine marginale est aplatie el vidée. Nous verrons quelle est la conséquence de ce fait.

Le sang qui revient des organes digestifs, de l'estomac, des inteslins, du foie, se porte vers l'organe de Bojanns, qui est longitudinalement placé

EEE — depuis le voisinage de la bouche jusqu’à la partie antéro-inférieure du muscle adducteur. Les veines du foie sont de vérilables lacunes interlobulaires entourant les tubes glandulaires (PI. XX VII er, fig. 7, 1). Elles versent le * sang dans l'organe de Bojanus en suivant des voies lacunaires du tissu conjonclif. (PI. XX VIII, fig. 5, 9). Celles qui proviennent de la partie profonde et supérieure du foie se portent en bas et en dehors et se jettent dans le réseau sanguin du tissu bojanien; celles qui proviennent de la partie inférieure et surtout superficielle (PI. XXII, fig. 6; PI. XXVII fer, fig. 7, 1, 2) pénétrent dans des piliers saillants situés à la surface du foie (PI. XXVII fer, fig. 6, 1, fig. 7, 3; PI. XXVI, fig. 2, 7, fig. 5, 8), au voisinage de la base de la branchie, et trouvent là le tissu bojanien, avec lequel elles entrent en rapport. C'est ce que démontrent clairement les injections et les coupes faites sur un animal injecté et durci.

La partie antérieure du corps comprise entre la base des tentacules buccaux et les muscles rétracteurs postérieurs du byssus présente superficiellement, entre les saillies des muscles rétracteurs du pied et du byssus, des intervalles ou cavités qui sont de vastes sinus veineux que je désigne sous le nom de sinus intermusculaires. De ces sinus, l'un impair médian, le plus volumineux, estentre les deux muscles rétracteurs antérieurs du pied;deux autres, pairs, sont en dehors de ces muscles, et deux autres, également pairs, sont entre le muscle rétracleur postérieur du pied et les muscles du byssus. Ils sonten communication, d'une part avec les veines du foie, du pied et des organes voisins, et d'autre part avec le réseau superficiel très-délicat qui se rend, soit dans les piliers bojaniens de la région hépatique, soit dans les veines de la bosse de Polichinelle. Nous verrons quelles sont leurs relations importantes avec l'appareil aquifère.

Le sang qui provient de la bosse de Polichinelle se réunit dans des vaisseaux lacunaires qui s’abouchent successivement d’une manière dendroïde pour former ordinairement trois trones principaux, dont l’un, médian, suit toujours le voisinage du bord libre de la bosse, et les deux autres, latéraux, suivent les faces latérales de cette région. Ces vaisseaux communiquent du resle largement avec ceux de la partie antérieure du corps, ce qui fait qu'ils recueillent en grande partie le sang du pied et des muscles rétracteurs antérieurs et postérieurs du pied et du byssus (PI. XXIIT, fig. 6).

Le RE

Les trois troncs formés par ces dernières veines se réunissent en un tronc commun (PI. XXII, fig. 6, 7; PI. XXVII ter, fig. 6, 8) qui vient aboutir à la face inférieure du muscle adducteur postérieur, au voisinage des ganglions viscéraux et de leur commissure. Là, ce tronc s’abouche dans un vaisseau transversal (PI. XX VII fer, fig. 6,7) placé au-dessus même de la commissure nerveuse, et qui verse le sang, soit dans les vaisseaux du tissu bojanien, soit directement dans la veine longitudinale postérieure. En injectant celte veine longitudinale postérieure, on voit l'injection pénétrer immédiatement dans les veines de la bosse de Polichinelle ; et réciproquement, linection du tronc qui vient de cette bosse pénètre directement dans la veine longitudinale et le tissu bojanien qui en dépend. Si l'on pique la veine transversale, dont le trajet estexactement indiqué par la commissure nerveuse des deux ganglions viscéraux, on injecte à la fois la veine longitudinale, le tissu bojanien et les veines de la bosse de Polichinelle.

On trouve à la face inférieure du muscle adducteur postérieur des valves deux replis triangulaires (PI. XXHI, fig. 6, 16; PI. XXIV, fig. 6, 8: PI. XX VII fer, fig. 6, 6) qui sont les représentants très-réduits des ligaments suspenseurs de la branchie de certains mollusques, les Pecten par exemple. Ces ligaments sont occupés par un riche réseau de petites lacunes veineuses, qui d’une part proviennent des sinus veineux du muscle addueteur, et d'autre part vont se jeter dans la partie voisine de Forgane de Bojanus et dans le canal afférent de la branchie.

Le sang qui, venant de diverses parties du corps, pénêtre dans le tissu bojanien, y parcourt un lacis lacunaire très-remarquable, sur la deseription duquel je reviendrai. De là, il passe en partie dans la branchie, en partie dans la veine longitudinale, qui le conduit au cœur. |

Celui qui est destiné à la branchie traverse les filets branchiaux et se réunit dans la veine efférente de la branchie (PL XXII, fég. 6, 7, PI. XX VII ter, fig. 6, 5, 5). Ce vaisseau, dont le calibre croit d’arrière en avant, vient adhérer à la face externe du corps, au voisinige des tentacules buccaux ; là, il continue son trajet entre les deux tentacules du même côté, et enfin se jette dans l'extrémité antérieure de la veine longitudinale antérienre, qui ramène au cœur le sang qu'elle reçoil. Au moment où elle devient adhérente, la veine efférente de la branchie reçoit un tronc assez volumineux

LETAR 2

(PI. XXVIL, fig. 8, 3, fig. 7; PI. XXVII fer, fig. 6, 5”) qui est le confluent

d'un bouquet vasculaire très-élégant provenant de la surface de la région

antérieure du corps, et dont le sang a subi l'influence de la respiration

‘cutanée. La veine efférente de la branchie reçoit aussi entre les tentacules

un certain nombre de petits vaisseaux qui naissent de la face interne lisse de ces tentacules.

Le sang provenant des tentacules buccaux, qui s’est trouvé en présence de l’eau, par suite de la richesse du réseau vasculaire de ces organes, se réunit en grande partie en un tronc qui suit le bord libre supérieur ou crénelé de ces organes (PI. XXIIT, fig. 9, 6), et qui conduit le sang directement dans la veine longitudinale antérieure. Celle-ci le ramène au cœur, sans passer par la branchie.

Enfin, je dois signaler un certain nombre de pelites veines superficielles placées au voisinage de la veine afférente oblique et de l'oreillelte, qui se jettent directement dans ces cavités (PI. XXIV, fig. 2).

Pour résumer l'étude détaillée que je viens de faire du système circulatoire de la Moule, nous voyons qu’il comprend:

4° Un cœur à deux oreillettes, dont le ventricule est traversé par l'anus.

99 Une aorte antérieure, qui fournit au niveau du bulbe:

A. Une artère péricardique, impaire et médiane ;

B. Deux artères gastro-intestinales, paires et à peu près symétriques ;

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