‹ Études sur la musique ecclésiastique grecqueChapitre 31 sur 32 · IM · texte numérisé non relu

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Le g'enre semi-chromatique est le seul qui procède suivant le système de la diphonie.

Au contraire, les autres systèmes sont applicables à tous les g^enres.

Pour vider la querelle eng^endrée par le système de la diphonie à propos des divisions 7 et 9, nous avons cru Iog*ique de représenter ces divisions par les nombres 8 et 12. Grâce à cette innovation, la tétraphonie (la quinte) est aussi représentée, dans ce g'enre, par 40 divisions, et la triphonie (la quarte) par 28 divisions, comme la science Texig'e (1).

Des genres et des intervalles.

Les musiciens savants nous ont transmis trois genres : le diatonique, le chromatique et Y enharmonique .

Ces différents g'enres dépendent de l'exacte détermination des intervalles dont se composent leurs échelles respectives.

On appelle intervalle la distance qui sépare un son d'un autre son.

Les intervalles du g'enre diatonique ont été fixés ainsi par les théoriciens :

De Tua {ré) à Pod [mi) Tintervalle est d'un ton mineur représenté par 9 divisions.

De Pou [mï] à ya (fa) il y a un ton minime représenté par 7 divisions. De ya [fa) à &t [sol] il y a un ton majeur représenté par 12 div. De &t (sol) à xe [la) il y a un ton majeur représenté par 1 2 div. De )ce [la) à ^w [si) il y a un ton mineur représenté par 9 div. De X.iù (si) à v?) [ut) il y a un ton minime représenté par 7 div. De V7) [ut) à ira [ré) il y a un ton majeur représenté par 12 div.

C'est ce qu'on voit clairement exprimé par le tableau que nous avons donné du système de F octave (g*enre diatonique).

(1) Conformément au principe qui assigne une grandeur invariable aux intervalles de quinte et de'çwarfe, quel que soit le système qui préside à la division de l'octave.

Ainsi donc, toutes les mélodies construites avec ces intervalles sont appelées diatoniques, quel que soit le système suivant lequel elles procèdent, système de V octave, de laroue, ou de la triphonie.

Chaque ^enreases martyries ([jt.apTupiai) et se^phthoras ((pOopal) particulières; nous leur consacrerons un chapitre spécial.

Au g'enre diatonique s'appliquent tous les systèmes, excepté celui de la diphonie.

Le g'enre chromatique est celui dont Téchelle comprend des demi-tons et des quarts de ton majeurs, et aussi des tons plus g*rands que le ton majeur, composés d'un ton majeur et d'un demi-ton majeur. Ce ton majeur et demi est représenté par 18 divisions.

L'échelle du genre chromatique diffère de celle des g'enres diatonique et enharmonique.

On appelle en musique xp^f^'^c (couleur) ce qui a le pouvoir de colorer le tissu mélodique propre à l'échelle diatonique et à \ enharmonique ^ de manière à produire un effet moral différent.

Le g'enre chromatique se subdivise en semi-chromatique et en chromatique.

C'est au g^enre semi-chromatique qu'appartiennent les mélodies du second mode.

Nous avons vu plus haut que le g^enre semi-chromatique procède suivant un système particulier: celui de la diphonie. On pourrait donner pour base à l'échelle diphonique n'importe quelle diphonie. La base la plus ordinaire est le son Ji {sol). C'est quelquefois aussi le son pou {mi) et plus rarement le son v?) {ut).

L'intervalle de Si {sol) à az {la) esl représenté par 8 divisions, celui de 3ce {la) à '(w [si) par 12, de ^w {si) à vy) {ut) par 8, de wi {ut) à ira {ré) par 12, de manière que chaque diphonie se compose d'un ton minime de 8 divisions et d'un ton majeur de 12 divisions.

Bien que ce g'enre procède plus volontiers suivant le système de» la diphonie, on peut pourtant lui appliquer tous les autres systèmes.

Traduction

de TéchcUe usitée dans le système de la diphonie (genre semirchromatique) (1).

iî. .^o i '-P ^

•tî..to "

i ton. 4

Le g^enre chromatique (celui auquel appartiennent les mélodies du second mode plagal) procède suivant le système de la roue, et parcourt les intervalles suivants, en prenant pour base le son Tua [ré).

On a fixé l'intervalle de Tua {ré) à Pod [mi) à un ton minime, représenté par 7 divisions, Tintervalle de pou [mi) à ya [fa) à un ton majeur et demi représenté par 18 divisions, celui de ya [fa) à Si [sol] à un quart de ton majeur représenté par 3 divisions, l'intervalle de Ji [sol) à >ce [la) à un ton majeur représenté par 12 divisions.

Par ces mêmes intervalles, le genre chromatique continue son parcours à Taig^u, en cliang»eant le son y.e [la) en xa [ré). 11 fournit ainsi une seconde tétraphonie, et, s'il le faut, une troisième,, comme on le voit ci-contre d'après le tableau du g^enre chromatique marchant d'après le système de la roue :

[Dans la pratique, cette tétraphonie se chante avec les intervalles suivants : de ré à mi, un demi-ton^ — de mi à fa, un ton et demi, — de fa à sol^ un demi-ton, — de sol à la, un ton. D'où résulte cette succession (2) :

OQ

Jt

xr

XÏCJ

bot l ii Q't

...tnll.."' ! -!.^"'".

(1) Cette traduction approximative de l'cchelle byzantine présente une succession assez difficile à concevoir pour une oreille européenne.

(2) Voir nos Mélodies populaires de Grèce etdVrient (introduction, p. 20).

Le genre enharmonique coraprend dans son échelle des intervalles d'un quart de ton majeur.

Ce g'enre procède suivant tous les systèmes, excepté celui de la diphonie.

Chaque g'enre a son système naturel: ainsi le g'enre diatonique emploie de préférence le système de V octave. Mais, au moyen des pkthoras, il peut s'accommoder au système de la roue, au système de la triphonie, c'est-à-dire à tous les systèmes^ excepté celui de la diphonie.

Le g'enre semi-chromatique a pour système naturel cçlui de la diphonie; mais, par le moyen de ses phthoras, on peut aussi lui appliquer les systèmes de V octave, de la roue, et même de la triphonie.

De même le g'enre chromatique a pour système naturel celui de la roue; mais lui aussi peut, g'râce à ses phthoras, obéir à tous les systèmes, excepté celui de la diphonie.

De même le g'enre enharmonique a pour système naturel celui de la triphonie; mais lui aussi, g'râce à ses phthoras, peut obéir à tous les systèmes, excepté celui de la diphonie.

Chaque heptaphonie se compose de sept intervalles. Toute heptaphonie comprend une tétraphonie (une quinte) et une triphonie (une quarte). La tétraphonie se compose de quatre intervalles, et la triphonie de trois intervalles.

Si nous représentons V heptaphonie par une long'ueur divisée en 68 divisions ég'ales, la tétraphonie comprendra 40 de ces divisions et la triphonie 28.

Dans les différents genres ou systèmes, on place quelquefois une tétraphonie aYQXii une triphonie^ ou une triphonie avant une tétraphonie.

Tous les sons de l'octave diatonique peuvent servir de base à une g*amme commençant soit par une triphonie^ soit par une tétraphonie.

Il faut en excepter :

1** Les deux notes 2[a> (si) et pou {mi), qui ne peuvent servir de base qu'à une gamme parcourant d'abord une triphonie en montant, ou une tétraphonie en descendant (1).

(1) La note si ne peut senir de base à une gamme commençant par une tétraphonie, car

2*" La note ya {fa), qui ne peut servir de base qu'à une gamme parcourant d'abord une tétraphonie en montant (1).

Tableau des gammes diatoniques admises par la Théorie byzantine:

il O

ti o

ti o

li o

Il b *» ^

Si Ton veut parcourir semi-chromatiquement ou chromatiquement les échelles du système de Toctave , on placera la triphonie d'abord et la

si-fa n'est pas une quinte juste. Mi-si, au contraire, est une quinte juste. Nous ne voyons donc pas la raison qui peut empêcher mi de servir de base à une gamme commençant par une tétraphonie.

(1) En effet, fa-si n'est pas une quarte juste. — Si l'on compare le présent tableau à celui que nous avons donné dans l'introduction de notre recueil de Mél, pop-, on verra que la théorie byzantine admet onze gammes diatoniques sur douze.

tétraphonie ensuite. Ainsi, partant du son .. du genre semi-chro"

matique, 1 on parcourt d'abord une triphonie jusqu à ^ :

g .. * . Puis, changeant t en ^' au moyen de la phthora

du genre semi-chromatique -^> , on parcourt ensuite la tétraphonie de cette façon :

sol la si ut

V* ir» 6 r A

ut ré mi fa sol

Dans le genre chromatique, si Ton prend pour base le son wa (r^, on commence par une triphonie :

tr 6 r 8

ré mi fa sol

5 X X' v ir'

sol la si ut ré

VI) (ut)

Si Ton prend pour base le son .' , on parcourt d'abord une té-

traphonie, puis ensuite une triphonie après avoir changé en :

ut ré mi fa sol sol la si ut

C'est ce qui apparaîtra plus clairement, si Ton examine les échelles semi-chromatique et chromatique du système de l'octave.

Quand on veut parcourir enharmoniquement le système de l'octave, on commence indifféremment par la triphonie ou la tétraphonie.

Ço V1J ^a Sou 7?

iti do ré nu fb

Tétraphonie.

4Q ya Si X€ Çco 2g

fa 8o) la «i

TViphonte.

Çco v>) na Sou

si do ré mi TViphonle.

2g 6oo ya oi xe Çco

mi fa sol la si

Tétraphonie.

Remarquons que, dans le genre diatonique^ l'octave se compose de deux tons mineurs, de deux tons minimes et de trois tons majeurs.

Dans le genre semi-chromatique elle se compose de tons minimes et de tons majeurs, placés alternativement ;

Dans le genre chromatique, de deujc tons minimes, de deux tons majeurs et demi, de deux quarts de ion et d'un ton majeur;

Dans le genre enharmonique, de tons majeurs et de tiers^ de ton :

h Bol la M ào ré mi fa

I 1 II I I . n m

Des martyries.

Les martyries^ en musique, jouent le rôle de clefs auprès des caractères qui servent à écrire la mélodie. A chaque caractère correspond bien un son ; mais quel son représente isolément chaque caractère , voilà ce qui n'est pas manifesté par récriture.

C'est pourquoi l'on emploie les martyries, afin que le point de départ des sons qui composent cette mélodie soit fixé.

On place les martyries au commencement de toute mélodie, souvent dans le cours de cette mélodie, et quelquefois à la fin.

On écrit la martyrie au commencencement de la mélodie, afin que le son qu'elle manifeste serve- à déterminer les sons exprimés par les caractères qui viennent après.

Par exemple, au commencement d'une leçon de solfège, on écrit la

martyrie q : cela veut dire que le son ira {rê) sert de note initiale à la

leçon. Donc Vison doit sonner Tua (re), V apostrophe rri {do)^ V apostrophe suivante ^w (si)y et ainsi de suite.

Dans le cours de la mélodie , la martyrie s'écrit pour procurer des points de repère qui assurent la marche du chant; elle joue le même rôle à la fin d'un morceau.

(1) Les théories diffèrent sur la composition de l'échelle du genre enharmonique. Dans la pratique, cette échelle se chante exactement comme la gamme majeure européenne ; elle n'a rien d'enharmonique, que le nom. — Tout ce qui, dans la musique byzantine, concerne les genres enharmonique et semi-chromatique nous parait le comble de l'obscurité.

Il faut savoir, en outre, que les sig^nes inférieurs des martyries indiquent la nature des intervalles qui composent Téchelle mélodique, et que les sig'nes supérieurs expriment le nom des notes.

Voici quels sont les sig'nes des martyries du genre diatonique du système de Toctave, en commençant par Çw (^2) :

A q •>( 79 A cj

Ces signes expriment les intervalles dont se compose Téchelle mélodique.

Les consonnes des syllabes qui désignent les sons et qu'on écrit soit au-dessus, soit au-dessous, indiquent quel est le son qui sert de point de départ à la mélodie.

X V Tc 6 r* A X A q •>( 7?-ci\ cj

Ces martyries se comportent de la même manière en montant jusqu'à Ço) {si).

Si Ton descend vers le grave, on les écrit à rebours, en plaçant les signes au-dessus des lettres, au lieu de les placer au-dessous. Ainsi le son qui suit *C(o {sî) en allant vers le grave, c'est-à-dire le son xe (/a), au

lieu d'être exprimé par le signe q , est exprimé par le signe 9 , pour

qu'on ne le confonde pas avec le >ce {la) placé à l'octave supérieure i: ni avec le >c6 [la) placé deux octaves plus haut^ q .

Suite des martyries du genre diatonique du système de l'octave.

q > 79cf\ cj Z V TT 6 r A X r v Tc' 6' r A' X' 7r6rAxcv,(l\q>77(fScj o^^cJN c\ > 77 A q

tV x.^^i^g^"t - .. o ■■ ° " i^

Ces sig^nes sont aussi employés dans le système de la roue du g^enre diatonique^ pour représenter les martyries; seulement, à chaque tétraphonie, on répète les mêmes signes de cette façon :

^erAx xXvirS erAxX

Cj > ?9 (i\ q q 7< 79 (i\ c( q > 7? J\ cf

On le voit, la répétition dans les sig»nes est amenée par la répétition des mêmes intervalles dans chaque tétraphonie.

En commençant par t.cl {ré)j lorsqu'on arrive à la note >ce (la) (qui

dans le système de Toctave s'écrit ^* ), on la transforme, dans le système de la roue, en xa [ré) ; en conséquence, on doit lui donner la martyrie de Tua [ré)] c'est-à-dire qu'au lieu d'écrire >ce [la) ainsi : y , on

récrira de cette manière, en enlevant les deux petits points : q . La

martyrie de xa {ré) sous le son xe (/a), indique que-le son xe [la) a été changée en ^a {ré)y note fondamentale de la tétraphonie.

Si Ton parcourt à Taig^u une autre tétraphonie, on arrive au son pou

[mi)^ représenté ainsi : ,. par la martyrie de xe [la). Dans le système de

l'octave, on se souvient qu'il n'en est pas de même, la note pou [mi) de

l'octave supérieure devant s'écrire ainsi : ^ , avec sa propre martyrie.

Il suit de là que, en parcourant une suite de tétraphonies du g-rave à Taig^u, on changée le son >ce [la) en tux {ré) autant de fois qu'on le rencontre. Si Ton parcourt de l'aig^u au g*rave plusieurs tétraphonies, on doit chang^er Tua {ré) en jce [la) autant de fois qu'on le rencontre; et l'on se sert, pour chaque tétraphonie, des mêmes sig^nes de martyrie, depuis Tua [ré) transformé en xe [la) jusqu'à &i {sol) transformé en

C'est ce qu'on voit clairement dans le tableau qui représente le système de la roue.

II existe des marlyries spéciales pour le g'enre semi-chromatique et pour le g*enre chromatique. Pour le g*enre semi-chromatique^ on emploie ces deux sig^nes : ^-li. ^, qui se placent ainsi alternativement sur les noies de Téchelle :

- r? • A ^ ^^ montant, f; .. ^ ]^ en descendant.

Au-delà de ^w (si), en descendant, on doit écrire la martyrie audessus et la lettre initiale au-dessous.

Les martyries du genre chromatique sont aussi au nombre de deux : ^ •— ^

La première se met sur le son Tua {ré) et alterne avec l'autre de deux

en deux notes : ^l ^'^^ ^^^ ^"^

Au-delà de ^w {si)^ en descendant, ces martyries doivent aussi s'écrire au rebours, comme dans le g'enre semi-chromatique.

Le g^enre enharmonique y n'ayant pas de martyries particulières, emploie les mêmes sig*nes que le g'enre diatonique. Il procède tantôt suivant la triphonie, tantôt suivant la tétraphonie^ selon que la mélodie Texig'e.

Ses martyries sont ég*alement soumises à récriture à rebours, à partir de Ça> {si\ en descendant.

Des phthoras.

Les musiciens savants ont compris que l'impression trop prolong'ée d'une mélodie devait engendrer la monotonie et la satiété, et, avec elles, l'ennui pour l'auditeur. Aussi inventèrent-ils les phthoras, afin de pouvoir, dans le même morceau, passer d'un genre à un autre et d'un système à un autre.

Chaque phth or a représente un son spécial et déterminé dans chaque genre. De plus, elle a le pouvoir de transformer le son du caractère

sur lequel elle est placée en son propre son. Excepté dans le cas où les deux sons représentés par le caractère et par la phthora seraient identiques, la phthora, en substituant sa propre valeur à celle du caractère sur lequel elle est placée, interrompt et change le cours de la mélodie.

Lorsqu'on veut revenir à la première échelle mélodique qu'on avait quittée, on met une autre phthora : celle de la mélodie précédente ; cela s'appelle résolution de la phthora. II y a en tout \ 8 phthoras, qu'on divise en 3 g'enres : celles du g^enre diatonique, — celles du g^enre chromaitique^ — celles du g^enre enharmonique.

Le genre diatonique a huit phthoras.

vij ira Sou ya & xc Ç(o vi)

do re mi fa sol la si do

Le genre semi-chromatique en a deux : -e-» ^ .

Le genre chromatique en a également deux : r^* .

Comme il a été dit, les phthoras des genres semi-chromatique et chromatique se placent sur chaque diphonie de deux notes en deux notes...

Voici quelle est leur position la plus générale. Dans le genre semichromatique^ la phthora -^^ se place sur wi (w/), pou (mz), Si [sol)^ ^w {si) ; et la phthora ^ sur Tua (r^), ya (/a), >ce {la) et vt) (w/), de l'octave supérieure.

En descendant les notes changent de phthora.

Ainsi ^0) {si) au-dessous de w) {ut) a pour phthora f , et au-dessus -^^.

Dans le genre chromatique, la phthora ••e-* se place sur Tua {ré) et sur >C8 (/fl), et dan 9 chaque diphonie.

L'autre phthora se place sur Si {sot) et sur tzcl {ré) de l'octave supérieure, et dans chaque diphonie.

'ftoL Sou Y* 5^ ^ Î^G) vt) I ira Sou ya 5i xe Çco vi} ira

'" ' ij^„>.... ° ^

La même observation que nous avons faite pour le g^enre semi-chromatique, s'applique au genre chromatique en ce qui concerne Toctave descendante.

Les anciens musiciens appelaient ces phthoras -o-> -^^ UcaUsç et celles-ci ^ lt'?afto.

Les phthoras du genre enharmonique sont au nombre de quatre :

La phthora fi est appelée par les musiciens étrangers atzem, et chez nous on doit l'appeler jo^mo^^ car la mélodie qu'elle caractérise est venue de Perse (1). Elle se place sur les trois notes Ça> (si), ya (/a), et Pou (mi). Quand on la met sur le son ^w («f), elle a la propriété de le faire descendre de sa position naturelle; elle substitue à ^w {si) la qualité de ya (/«), de sorte qu'on représente cette note ainsi ^ ^ « 79 est la martyrie de ya (fa)» au lieu de ^Z . Par le moyen de cette phthora enharmonique, le son Çw (si) se trouve à une distance d'un quart de ton du son >ce (la); mais, à partir de >ce (/a), on descend diatoniquement jusqu'au son ira (ré).-

Quand on monte vers l'aigu, comme le son ^w (si) a été changé en

, le son v7) (ut) est changé en îc et le son Tua (ré) en •• . (G'est-à-

dire que vri (ut) prend la martyrie de ^i (sol) et Tua (ré) celle de xe (la); on chante donc la, si, do, ré, comme on chanterait mi, fa, sol, la.)

Ceci arrive lorsque, au commencement de la leçon , on écrit expressément : mélodie de V atzem ou du persios.

Mais, lorsqu'au commencement de la leçon on écrit expressément : (XT^èjA ici^oL^^ terme qui chez nous se traduit par pampersion, alors l'enharmonicité se mêle à toute l'heptaphonie, qui procède tantôt suivant V octave, tantôt suivant la roue, tantôt suivant la triphonie.

Lorsque la phthora atzem est placée sur le son ya (/«), le son ya (fa) reste toujours à sa place, mais l'intervalle de ya (fa) à pou (mi) est diminué d'un quart de ton et réduit de 7 divisions à 4. Il perd ainsi 3 divi-

(1) L'influence de TAsie est ici officiellement reconnue.

— lassions qui profitent à Tintervalle Tua-pou (ré-mi) et portent le nombre de ses divisions de 9 à 12.

Le son pou [mi) est alors représenté par la martyrie de >ce (/«) j: de

la manière suivante : .. , comme si nous descendions de Çw (si) à xe (la).

L'intervalle de pou (mi) à xa (ré)y accru de 3 divisions, devient un ton majeur, comme Tintervalle >ce-&i (la-sol). Quant à Tintervalle ira-vT) (réut)y il reste ce qu'il était, c'est-à-dire un ton majeur, et demeure identique à l'intervalle Ji-ya (sol- fa).

On représente ces sons de la manière suivante : ^^ .. x ^^

^ 7? q JN 97

On chante fa^jmi^^ré^jit comme si^a^^sol^a.

1 Iton ItoQ 1 Iton Iton

3 maj. maj. s maj. maj.

Cela arrive toutes les fois que nous rencontrons cette phthora dans une mélodie étrangère.

Toutefois, il faut sig^naler une différence dans le cas où Ton aurait caractérisé la mélodie en écrivant positivement , au commencement de la leçon : Pouselia (on appelle ainsi la mélodie qui a sa phthora sur ya (/«), d'après les musiciens étrangers). Ce genre de musique pourrait s'appeler chez nous genre dacique, attendu que presque tous les chants des Daces roulent sur cette mélodie.

Dans ce cas, il faudrait que l'intervalle ya-poD (fa-mi) fût d'un quart de ton, l'intervalle pou-Tua {mi-ré) d'un ton majeur, et l'intervalle Tua-vY) (ré'Ut) d'un tiers de ton majeur.

Ce genre de mélodie a une échelle particulière, et marche suivant le système de V octave. Elle monte jusqu'à l'antiphonie (octave); et, même au-delà, elle peut s'élever d'une tétraphonie (quinte).

Placée sur le son pou (mi)^ la phthora dacique fait descendre cette note de sa position naturelle, de manière qu'il y ait entre elle et la note inférieure un intervalle d'un quart de ton. Son action ne s'exerce que sur ces deux notes, pou (mi) et xa (r^), et ne s'étend pas aux autres

sons de Féchelle. Quelquefois, on la place sur le pou {mz) de Téchelle supérieure. Placée sur le pou {mi) de Toclave inférieure, elle s'appelle àT^èjjL yxioupJi^ ou xoupJeîbv (kurde). Placée sur le Pou (mi) de l'octave supérieure, elle s'appelle puyayèp yxioup^t, c'est-à-dire mélodie kurde du Pou (mi) de l'octave supérieure.

Ainsi donc la présente phthora perse ^ , ayant trois positions différentes sur les sons de la g*amme, a aussi trois dénominations différentes.

Placée sur le ^tù (si), elle se nomme àT^è[jL, c'est-à-dire persiçue.

(Quand elle se mêle à toute l'heptaphonie, elle s'appelle âT^èjjL iaiptxy, suivant nous pampersique) .

Placée sur le son ya (/a), elle s'appelle pousélique^ c'est-à-dire daciçtie.

Placée sur le son pou {mi)^ elle se nomme xoupJeîov ou âT^èjA yxioup^t.

La phthora jfi se nomme chez les musiciens étrang^ers nishampouri; nous l'appellerons semi-persique . Elle commande à une tétraphonie de cinq sons et se place sur Si (sol). Elle réduit l'intervalle ya-^i (fa-sol) à un quarl de ton^ et forme entre ya et pou [fa et mi) et entre pou et wa (mi et ré) des tons majeurs; ce qui donne trois tons majeurs de suite, puisque l'intervalle de ira (ré) à vy) (ut) est naturellement d'un ton majeur.

Cela revient à une substitution du son vy) (ut) au son ^i (sot) par la phthora de vt) (ut)^ avec la seule différence que l'intervalle de vy) (ut) à JJû) (si) (qui est d'un demi-ton) se trouve réduit ici à un quart de ton.

(On chantera sol, fa, mi, ré, ut, comme îit, si, la^ sol^ fa, avec cette différence que de sol à fa on fera un quart de ton^ tandis que d'w^ à si il n'y a qu'un demi-ton. )

Remarquons que \a phthora persique j> a été assig^née par les musiciens à la triphonie enharmonique et la phthora semi-pers^ique à la tétraphonie du même g*enre.

Examinons le rôle des deux autres phthoras î et & .

Celle-ci $ , lorsqu'elle est placée sur le son xe (/«), affecte la note 2^w (si) d'un uçeGiç.

Celle-là $ , placée sur le son ya (/a), affecte le son pou (mi) d'un

L'action de ces phthoras ne porte que sur un son isolé ; elles n'impliquent ni changement dans Tensemble de Féchelle, ni résolution.

Elles ont la même propriété lorsqu'on les place sur d'autres sons.

Il y a encore deux autres phthoras : P -^ef* . La première p est appelée parles étrangers mustùar^et chez nous trigène, attendu qu'elle participe aux trois genres de musique.

Placée sur le son ^i [sol)^ elle demande, en tant que chromatique, que rintervalle ^t-ya [sol- fa) soit d'un tiers de ton majeur.

En tant que diatonique, elle demande que le son pou {mi) conserve la position qu'il occupe dans l'échelle du genre diatonique.

En tant qa' enharmonique^ elle demande que l'intervalle pou-xa (mi-fa)

soit d'un quart de ton majeur.

Cette phthora a le même pouvoir, quel que soit le son sur lequel elle est placée.

Elle se met aussi sur le ira (ré) de l'octave supérieure, comme on le voit par l'échelle particulière de cette phthora.

La phthora '■®*' est nommée par les musiciens étrangers ^^^an; chez nous on l'appelle digène de Magnésie.

Elle a deux propriétés.

Placée sur le son xe (/a), elle demande pour le premier son ascendant un 0'(pe(7t;, et pour le premier son descendant un 8te(7t<;.

Elle introduit aussi, dans la mélodie, l'échelle du genre semi-chromatique, dont on emprunte la martyrie pour représenter le son xe [la) de cette manière : J^ .

Placée sur le son ya (/«), elle conserve son action et donne au son ya [fa] une valeur enharmonique. Elle exerce la même action si elle est placée sur d'autres sons.

Il faut savoir que la présente /)A/Aora {digène de Magnésie)^ placée sur les sons de l'échelle semi-chromatique, peut agir sur chaque diphonie suivant le genre semi-chromatique ou suivant le genre diatonique, sans changer' la martyrie. Si elle se trouve dans la première diphonie, sur le son ira [ré)^ elle modifie Tinlervalle de la diphonie suivant le genre

semi-chromatique. C'est ce qu'on exprime par cette martyrîe : ^ . Placée dans la seconde diphonie sur le son ya (/a), elle modifie l'intervalle suivant le g'enre diatonique, sans chang^er la martyrie; placée dans la troisième diphonie, sur le son xe (/«), elle modifie Tintervalle suivant le g»enre semi-chromatique; et dans la quatrième diphonie^ sur le son vt) [ut]^ suivant le g*enre diatonique.

En résumé, il y a 18 phthoras : 8 diatoniques, 4 chromatiques^ 4 enharmoniques, une phthora trigène et une digènc.

On emploie en outre, en musique, deux autres espèces de phthoras. Ces deux signes sont Tuçeat; et le ^leatç.

Ils s'emploient indistinctement sur tous les sons.

Ils ne peuvent chang^er ni la mélodie ni les martyries qui l'expriment.

Ils ne réclament aucune résolution et n'introduisent aucune substitution d'échelle, comme on le voit par le tableau ci-joint.

Quand on va du grave à F aigu, on emploie les sig^nes ci-dessous :

Pour exprimer un quart de ton majeur.

— deux quarts —

— trois quarts —

— un tiers de ton majeur.

— deux tiers —

Echelle des phthoras

6ft

Tableau de

du ôieOiÇ

i 8 diT.

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