‹ Études sur la musique ecclésiastique grecqueChapitre 5 sur 32 · SECOND MODE · texte numérisé non relu

SECOND MODE

De tous les modes de leur musique liturg*ique, le second est considéré par les Grecs comme le plus noble. Toutes les prières adressées directement à Dieu sont dans ce mode; c'est aussi au ^^cowrf mofife qu'appartiennent les mélodies réputées les plus anciennes.

Voici quel est son ambiius et quels sont les intervalles dont se compose son échelle (1) :

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Lorsqu'on dépasse le si, on sort du second mode pour entrer dans le second plagal. Dans ce cas, on fait de Vnt un sol, et l'on descend à' ut à sol comme si l'on descendait de sol à ré dans le second mode plagal.

Ainsi l'on chante <fc " Q ih d comme s'il y avait : A <tft ' ^ Q :,

Ce qu'il y a de caractéristique dans le second mode, ce qui fait naître chez l'auditeur européen une impression intolérable si le chanteur chante faux, et bizarre s'il chante juste, c'est la présence d'un la fixe, trop bas d'un quart de ton, qui produit entre sol et la un ton trop petit, et entre la et si un ton trop g-rand.

En outre, le ré qui, sans faire partie de Vambitus du second mode, fig'ure pourtant quelquefois dans les mélodies de ce mode, est trop haut d'un quart de ton. Il en résulte qu'entre ré et mi il y a un intervalle de trois quarts de ton, et entre ré et ut un intervalle de cinq quarts. Le ré n'est ni naturel ni dièse, il est demi-dièse. — Cet intervalle aussi est fixe.

(i) Nous avons fait remarquer, au chap. des Généralités, l'analogie de cette échelle avec celle de la variété de chant appelée diatonique mou chez les anciens.

Enfin il est une troisième note, \e fa, qui obéit à la loi d'attraction, et qui varie selon que la mélodie monte ou descend. Si le chant va sur sol par un mouvement ascendant, il y a entre mi et fa un intervalle de trois quarts de ton (et par conséquent entre fa et sol un intervalle ég'al). Si la mélodie descend sur mi, de fa à mi il y a un demi- ton.

Des exemples que nous citons, le premier (çûç i>.apov) doit remonter à une haute antiquité. Saint Bazile dit que, de son temps (c'està-dire au quatrième siècle)^ la musique de cette hymne passait déjà pour fort ancienne. Les paroles en furent composées, au deuxième siècle, par Athénog*ènes, martyr (1).

Le second exemple est une mélodie d'une véritable sublimité d'expression. Sa beauté doit frapper tout le monde, malg*ré le défaut d'aptitude des oreilles européennes à g'oûter des intervalles autres que le ton et le demi-ton.

Mélodies du second mode.

Allegro moderato.

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{{) Suivant une autre version, il faudrait attribuer la poésie de cette hymne à Sophronios, patriarche de Jérusalem.

(2) Toutes les versions de ce chant ne sont pas identiques. Celle que nous donnons ici a été écrite, à Khalki, sous la dictée de M. Aphtonidis. — Cette hymne à la Sainte Trinité est chantée tous les jours de fête, avant l'office du soir, « au coucher du soleil », par tous les prêtres réunis au milieu de l'église.

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