CHAPITRE XVI
fendu à Aaron d*y entrer liabituellement, et, lorsqu'il y entrait , ce n'était point pour entrer dans la communion de Dieu, mais bien afin d'accomplir la purification des souillures du peuple au milieu duquel Dieu avait fait sa demeure. Le jour des expiations n est établi qu'avec la défense d'entrer à chaque instant dans le lieu saint.
L'Esprit nous fait remarquer que son institution a été postérieure à la mort des fils d' Aaron. Oétait bien une provision de grâce pour que le l>euple ne périt point à cause de ses souillures ; Xmais l'Esprit de Dieu signifiait que le chemin du lieu saint n'était pas encore manifesté. En quoi ïîotre position actuelle est-elle différente ? Le voile ^st déchiré, et nous entrons dans le lieu saint comme sacrificateurs avec toute liberté , par le chemin nouveau etyivant, par le voile, c'est-à-dire, la chair de Christ. Nous y entrons sans conscience de péché, parce que le coup qui a déchiré le voile pour faire voir dans leur entier la gloire et la majesté du trône , de même que la sainteté de Celui qui y est assis, a simultanément ôté les péchés qai nous auraient rendus incapables d'y entrer ou d'y regarder. Bien plus, nous y sommes assis en Christ notre chef, tête du corps de l'Église. En attendant, Israël est dehors.
L'Église est vue dans la personne de Christ, souverain sacrificateur, et toute cette économie est pour Israël le jour des ExpialYOWÇ> , ^^\A^^ *
lequel le souverain Sacrificateur est caché au dedans du voile; car le voile est sur leur cœur. Maintenant, à la vérité, il plaide leur causfe au dedans du voile par le sang qu'il présente ; mais ils neuvont point encore reçu le témoignage en dehors, et leur conscience n'est point affranchie par la connaissance que leurs péchés ont été emportés pour toujours dans la terre inhabitée où ils. ^ne seront jamais retrouvés.
Pour rÉglise, sa position proprement dite est
au dedans du voile, en la personne d'Aaron, le
sang étant sur le propitiatoire. Nous ne sommes
pas seulement justifiés comme étant au dehors
par le bouc Hazazel. Cela a été fait , c'est clair, et
une seule fois pour toujours; car le voile n'est
que sur le cœur d'Israël ; il n'est plus entre nous
et Dieu. Mais nous sommes entrés au dedans d/a
voile avec le souverain Sacrificateur, en tant que
nous lui sommes unis. Nous n'attendons pas, pour
jouir de l'efficace de cette œuvre, qu'il soit sorti
du Tabernacle et qu'il revienne, tandis que ce ne
sera qu'au retour du vrai Aaron, qu'Israël recevra
les bénéfices du pardon, quoique ce pardon dont
'il est l'objet soit le même que celui qui nous est
acquis. C'est pourquoi le sacrifice d' Aaron et de
ses fils était caractérisé par l'entrée d'Aaron en
personne au dedans du voile, et par le sang mis
sur le propitiatoire. Mais l'Église est composée
de personnes mdLtA ici-bas et ayant conums des
GHÀPITRB XVI 175
péchés. Ainsi, vues dans le monde, ces personnes entrent, quant à leur conscience, dans la catégorie du peuple du dehors , ainsi qu'Aaron lui-même, autant qu'individu non typique, et leur conscience est purifiée par la certitude que Christ a porté tous nos péchés en son corps sur le bois. Toutefois, en réahté, notre position est au dedans du voile, selon la valeur du sang de Christ et la parfaite acceptation de sa personne.
Il en est de même quant à Tattente de Christ. Si je me considère comme un homme responsable sur la terre, j'attends Jésus pour que toutes choses soient délivrées du joug qui pèse sur elles, pour qu'il soit mis fin à toute souffrance comme a toute puissance du mal. En outre, en tant que serviteur, je recevrai, lorsqu'il apparaîtra, le témoignage de son approbation comme maître, en présence de tout le monde. Mais si je regarde âmes privilèges, comme membre de son corps , je pense à ma réunion avec lui dans le ciel, et je sais que je Taocompagnerai lorsqu'il reviendra et qu'il apparaîtra dans sa gloire. Il est bon de savoir faire cette distinction. Il y aurait sans cela confusion dans nos pensées et dans l'emploi de bien des passages.
La même chose est vraie de la religion personnrtle de chaque jour. Je puis me considérer comme uni à Christ et assis en lui dans les lieux célestes, jouissant de tous les privilèges àowX \\ \w\\.\àr
1 76 LÉVITIQUB
même comme tête du corps devant Dieu son Père. Je puis également reconnaître que je suis une pauvre créature faible, marchant individuellement sur la terre, ayant des besoins, des tentations à surmonter, commettant des fautes, et voir Christ en haut pendant que je suis en bas , Christ qui comparaît tout seul devant le trône pour moi. Je suis heureux alors d'avoir auprès de Dieu celui qui est parfait, mais qui toutefois a fait Fexpérience de mes maux, qui n'est plus dans les circonstances où je me trouve, mais auprès du Père pour moi qui y suis. C'est la doctrine de VÉpître aux Hébreux, tandis que l'union de l'Église avec Christ se trouve plus particulièrement enseignée dans celle aux Éphésiens.
Après cette instruction toute particulière relative au jour des expiations, viennent des -directions qui ont pour objet, non d'opérer la purification de souillures déjà contractées, mais de préserver, soit le peuple, soit le service des sacrificateurs, des souillures auxquelles ils sont exposés. Le chap. XVII a pour but de placer Israël comme un peuple saint consacré à Dieu, et de le garantir de tout ce qui déshonorait ses relations avec lui. La vie lui appartient, il faut le reconnaître devant Dieu.
L'objet du chap. XVllI est d'empêcher que le peuple ne se déshonore dans les choses qui tiennent à la nature même, et de le maintenir tel qu'il devrait être dans cet ordre de relations . L'homme
f CHAPITRE XXJI 177
/ ne devrait pas se déshonorer lui-même ; mais , - ri*ayant pas honoré Dieu, il s*e?t laissé aller à se déshonorer lui-même. (Comp. Rom. I.) Le peuple de Dieu est enseigné en conséquence.
Le chap. XIX enseigne au peuple ce qui était oonvenable à Tégard de divers détails de sa conduite , soit dans les relations individuelles de ses xxembres les uns avec les autres , soit dans cer- 1. ains dangers îiuxquels l'exposait sa marche au •milieu des circonstances de chaque jour, soit même c3ans sa joie d'homme devant Dieu , car il avait sififaire à Dieu et TÉternel était son Dieu. Le peuple ^e Dieu devait dans tous ses rapports avoir une conduite digne de la relation qu'il soutenait avec Lui , et comprendre même selon Dieu , ce qui convenait à l'homme , et cela dans toutes les positions où il pouvait se trouver placé.
Le chap. XX insiste sur la pureté, pour qu'elle soit observée sous tous les rapports.
Le chap. XXI présente spécialement la conduite et les conditions requises des sacrificateurs, en tant que mis à part pour l'Éternel. Cette relation plus intime supposait une conduite qui fût en harmonie avec elle. Il en est de même pour l'Église.
Le chap. XXII traite des effets de la faiblesse ou de la négligence , incompatibles avec la proxi- j mité de position des sacrificateurs avec Dieu. S'ils I en étaient souillés , ils devaîexvl ^'^\i^\m!t ?sfc \^
178 LÉVITIQUB
jouissance de ce qui appartenait à cette position. Il y est aussi question des choses dont pouvaient seuls manger , dans leur séparation sacerdotale, les sacrificateurs et ceux de leurs familles qui continuaient d'en faire partie. C'est ce qui a lieu également pour FÉglise. 11 est une portion de la. nourriture spirituelle, de la connaissance du Christ offert à Dieu , dont on ne peut se nourrir qu'autant que par la puissance de TEsprit le* cœur est réellement mis à part pour Lui. Les offrandes ellesmêmes devaient être pures et dignes de Dieu à qui elles étaient présentées , et en rapport avec un sentiment vrai, tant de sa majesté, que de Texcellence de nos relations avec Lui. Ce sont bien là les caractères de Christ envisagé comme offrande.
Dans le chap. XX, où les pratiques brutales et infructueuses de l'idolâtrie sont défendues au peuple , avec ordre de se garder de l'impureté qui y était inévitablement attachée et pour laquelle l'influence du démon donnait licence , nous avons cette belle et simple exposition du principe qui devait les diriger à cet égard. « Sanctifiez- vous donc et soyez saints , car je suis l'Éternel votre Dieu ! Gardez aussi mes ordonnances et les faites : je suis rÉternel qui vous sanctifie. »
Les Israélites sont tenus à la sainteté et à se
sanctifier dans le sens pratique, parce qu'ils sont
dans la maison de Celui qui est saint. La sancti-
iîcation suppose qu'ils sotvl a^^ç, \imdms,une