TECHNIQUE HISTOLOGIQUE
seront abandonnés dans un ou deux centimètres cubes de la solution pendant 12 ou 24 heures. On les fera ensuite dégorger pendant une heure dans l’eau distillée. Le durcissement sera terminé dans l'alcool absolu pendant un jour ou deux.
Il est inutile de faire passer les fragments du rein, fixés par l'acide osmique, dans une solution de gomme; il nous a paru préférable de faire agir directement l'alcool absolu après l'acide osmique. Par ce procédé, les fragments du rein ont une consistance très suffisante et peuvent être divisés en coupes extrêmement fines, faites à main levée, avec un rasoir à trempe dure. Les préparations obtenues par cette méthode nous ont toujours donné les meilleurs résultats et sont beaucoup plus nettes qu'après l’action de la gomme.
Si l’on suppose que les fragments du rein contiennent une très grande proportion de graisse, il faudra modifier légèrement la méthode précédente. L'expérience démontre, en effet, que, dans ce cas, la solution d'acide osmique épuise très rapidement son action sur la substance périphérique du fragment sans pénétrer jusqu’à sa partie centrale. Pour obvier à cet inconvénient, on place les petits blocs pendant 24 heures dans une solution d'alcool au 1/3, ou de bichromate d'ammoniaque à 2/100, ou dans la liqueur de Muller; après quoi on les laisse dégorger dans l’eau pendant une demi-heure pour enlever l'excès du réactif, et on les introduit dans une solution d'acide osmique au 1/100, suivant la méthode précédemment indiquée.
L’acide osmique pénètre le fragment dans toute son épaisseur ; il agit peu sur le tissu conjonctif et sur les noyaux fixés par le précédent réactif, et colore la graisse en noir. Les coupes pourront alors être colorées directement par le picrocarminate d’ammoniaque et montées dans la glycérine !.
Pour colorer les noyaux, lorsque la fixation par l'acide osmique a été très énergique, au lieu d'employer la solution de picrocarminate, il vaut mieux abandonner les coupes pendant vingt-quatre heures dans la glycérine additionnée d'un tiers de picrocarminate, ou encore colorer les noyaux par l’hématoxyline, et après avoir déshydraté les coupes, les monter dans
1. Quand on fait passer les fragments du rein par l'alcool au 1/3 ou par les bichromates avant de les plonger dans l'acide osmique, on peut les prendre d'un volume supérieur à ceux que l’on plonge directement dans l'acide osmique.
Conni et BrAuLT. — Rein, 2
l'essence de girofle ou de térébenthine et le baume de Cauada. Les couleurs d’aniline, le violet B de méthyl, la fuchsine, la safranine donnent aussi de très bons résultats.
L’éosine hématoxylique employée par Renaut et Hortolès, donne également d'excellentes préparations après la fixation par l’acide osmique. Il est bien entendu, d’ailleurs, que toutes les autres méthodes d'examen devront être combinées avec les précédentes.
On pratiquera done soit le râclage à l’état frais, soit la dissociation après séjour des fragments dans une solution d’alcool au 1/3, ou de bichromate d’ammoniaque à 2/100 pendant vingtquatre heures. Pour étudier la topographie exacte des lésions, on durcira de gros fragments du rein, comprenant toute une pyramide depuis la substance corticale jusqu’à la papille, par les procédés ordinaires : 1° alcool, acide picrique, gomme et alcool; 2° liqueur de Muller, ou bichromate d’ammoniaque, gomme et alcool. Des coupes seront pratiquées dans toute la longueur des pyramides parallèlement à leur axe, et sur d'autres points perpendiculairement à la pyramide dans les différentes régions de l'écorce et de la substance médullaire. Elles seront surtout destinées à montrer la distribution du tissu conjonctif néoformé, les dilatations des tubes et les modifications générales du parenchyme.
Si l’on veut étudier les modifications très délicates à apprécier que subissent les cellules épithéliales du rein, il faut se garder de les durcir exclusivement dans l’alcool et il est de beaucoup préférable d'employer, soit l'acide osmique, soit les bichromates, soit la liqueur de Müller.
Pour les recherches des micro-organismes et des bactéries, les méthodes sont les mêmes pour le rein que pour les autres organes. Il faudra se procurer des reins aussi frais que possible, les durcir par l'alcool absolu et colorer les coupes, soit par le violet B de la fabrique de Bâle, soit par la safranine, pour les microbes ordinaires, soit par la méthode d’Erlich pour les bacilles de la tuberculose. Nous reviendrons sur ces méthodes dans un chapitre spécial.