ÉTAT VACUOLAIRE DES CELLULES DES TUBES CONTOURNÉS
Gomme on le voit sur ces dessins, les cellules épithéliales des tubuli contorti forment partout un revêtement complet à la membrane hyaline des tubes : elles sont partout en place, on n'en trouve qu'un très petit nombre qui soient tombées dans la lumière du conduit. La plupart des cellules font isolément saillie dans l’intérieur du tube. Elles présentent (/#g. 1, pl. II) des ventres en relief, clairs et vides, ou contenant au contraire une sub- Stance légèrement teintée ou grenue. La membrane cellulaire, soulevée du côté de la lumière du tube par cette distension de la cellule, est très mince. Cette paroi peut même manquer et les cavités creusées dans les cellules s'ouvrent directement dans la lumière des canaux contournés.
Les détails de ces lésions épithéliales sont rendus avec un plus fort grossissement dans les figures 2, 3, 4 de la planche II (350 à 400 diamètres).
Dans la figure 2, planche II, le revêtement épithélial est constitué de telle sorte qu’on voit successivement se présenter un noyau de cellule » dans un protoplasma granuleux, puis une dilatation cavitaire 6, puis un autre noyau, puis un nouveau renflement cavitaire et ainsi de suite. La limite des cellules ne se laisse pas reconnaitre; elles forment là une couche homogène de protoplasma grenu avec de petites dilatations kystiques alternant avec les noyaux. Il est facile de voir sur cette préparation que les noyaux ne sont nullement en cause dans la formation de ces petites cavités.
Les deux cellules qui sont représentées isolées (/ig. 4, pl. Il), montrent bien l'indépendance des cavités et des noyaux ; elles ont une certaine ressemblance avec les cellules du carcinome, appelées physalides par Virchow.
On y voit très nettement le noyau x entouré d’une assez grande masse de protoplasma p. Là se trouve creusée une cavité cloisonnée c dans l’une de ces cellules, et deux cavités inégales c et c’; dans une de ces dernières cavités, on observe une masse granuleuse à qui la remplit.
La plupart des cavités creusées dans le protoplasma des cellules rénales sont en effet remplies par une masse grenue qui s’en échappe à un moment donné, et qui, tombant dans la lumière du tube, constitue les petites boules plus ou moins claires
ou teintées qu'on y observe.
Le revêtement épithélial du tube, représenté dans la figure 3 de la planche IT, montre bien la réalité de ces boules granuleuses de matière protéique contenues dans les cellules et la facilité de leur déhiscence dans la lumière des tubes. On voit là, en effet, un certain nombre de cellules, dont la cavité est ouverte soit par le rasoir, qui n’a laissé qu’une portion de cellule, soit naturellement. On distingue alors très bien le contenu granuleux b, qui s'isole de la paroi de la dilatation cellulaire dans laquelle il est contenu. On apprécie combien sont minces les parois cellulaires qui limitent les cavités des cellules du côté de la lumière des tubes, et combien par suite leur rupture est facile.
La figure 1 de la planche IIT montre ces mêmes détails. Nous avons dans cette figure une section complète d’un tube urinifère; la membrane hyaline s est tapissée par un revêtement de cellules, dont quelques-unes possèdent une cavité remplie de substance granuleuse, », tandis que d’autres cavités, d, sont vides : parmi celles-ci, les unes montrent du côté de la lumière du tube la section extrèmement mince de la paroi cellulaire conservée au point où la coupe a été faite; les autres sont largement ouvertes dans la partie sectionnée. Au centre de ce tube on voit quelques globules rouges du sang g et un dessin très exactement reproduit des boules de substance protéique qui s’y trouvent en liberté.
L'état particulier des cellules des tubes contournés que nous venons de décrire se rencontre très rarement généralisé à toute la substance rénale. On l’observe, au contraire, accidentellement et isolément dans un certain nombre de tubes quand on examine une néphrite de longue durée. Dans deux observations, l’une de néphrite parenchymateuse aiguë, l’autre de dégénérescence kystique du rein, publiées dans le Journal d'anatomie et de physiologie, 1879‘, cette lésion a été retrouvée sur la plus grande partie des tubes urinifères. Nous considérons comme une sécrétion pathologique ces formations de vacuoles dans le protoplasma. Elles ont été interprétées par plusieurs auteurs dans le sens d’une nécrose cellulaire.
Cette lésion d’ailleurs manque souvent et elle ne saurait expliquer à elle seule la genèse des produits pathologiques sé-