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FUSION DES CELLULES ENTRE ELLES

quelques-unes de celles que nous avons déjà précédemment examinées montrent combien cette disposition est fréquente. Lorsque l’épithélium des tubes contournés a été soumis à une irritation chronique, qu’il y ait ou non état vésiculeux ou vacuolaire, qu’il y ait ou non accumulation de gouttelettes graisseuses à la base des cellules le long de la membrane d'implantation, on constate presque constamment une fusion des cellules.

Le protoplasma forme alors de grandes bandes qui tapissent très régulièrement les parois des tubes contournés. £a hauteur de la bande protoplasmique est presque partout la mème, et les granulations albuminoïdes disséminées dans le protoplasma sont généralement très fines. Le bord libre de ces bandes est en rapport avecles nombreux produits de sécrétion qui occupent la lumière des tubes; il est complètement uni, ou légèrement ondulé comme dans la figure 5, planche I, ou encore strié comme dans la figure 1, planche I. Cet état strié du bord libre des bandes protoplasmiques se rencontre assez souvent dans les faits de congestion chronique, et en particulier dans les congestions rénales d’origine cardiaque. La figure 1, planche I, représente ce que l’on rencontre habituellement, à savoir un protoplasma granuleux surmonté d’un plateau très finement strié.

Nous ne connaissons pas la raison d’être de cet état particulier, pas plus d’ailleurs que de la fusion des cellules entre elles. Ce sont là des détails très intéressants au point de vue histologique pur; ils se rencontrent très fréquemment et ne peuvent être bien observés que sur des pièces fixées par l'acide osmique, D'autre part, cet état particulier n'indique pas une altération plus avancée des épithéliums du rein, c'est une lésion assez banale et qui coïncide souvent avec des altérations du tissu conjonctif ou des glomérules bien autrement importantes. En tout cas c’est là une altération bien curieuse, qui semble spéciale aux épithéliums rénaux et en particulier à ceux des tubes contournés, car on ne la constate jamais dans les tubes collecteurs.

Cette fusion du protoplasma des cellules nous parait être la conséquence d’une sécrétion avec chute de la partie de la cellule qui confine à la lumière du tube. Une portion du protoplasma cellulaire et les noyaux restent vivants et adhérents à la membrane hyaline des tubes. Ce processus est distinct de la nécrose

Conxwiz et BRAULT, — Rein. 3

simple des cellules, car une partie seulement de leur protoplasma est éliminée, tandis que l’autre partie contenant lenoyau reste en place.

À mesure que cette lésion évolue, la bande protoplasmique diminue de hauteur, il semble qu'elle puisse se réduire parfois à l’état de membrane d’une minceur extrême. Ces faits s'observent surtout dans les néphrites interstitielles, où l’on peut voir des membranes protoplasmiques très déliées munies de noyaux et flottant dans une cavité tubulaire très élargie.

e. — Hypertrophie des cellules des tubes contournés.

Les altérations que nous venons de passer en revue, altérations granuleuse, graisseuse, vésiculeuse ou vacuolaire, fusion des cellules, se succèdent dans le même rein lorsque la lésion s’accentue, ou se combinent dans les diverses variétés des néphrites. L'altération granuleuse ou tuméfaction trouble appartient aux premières périodes, la dégénérescence graisseuse aux périodes ultimes, la fusion des cellules se fait pendant l’évolution de la maladie d'une façon presque constante. Quant à l’état vacuolaire, il peut manquer, mais il existe quelquefois à l'exclusion des autres altérations

Les altérations cellulaires que nous allons maintenant étudier peuvent exister dans le cours des néphrites, mais elles sont beaucoup moins fréquentes et s’observent aussi dans beaucoup d’altérations rénales d'ordre très différent : il en est ainsi de l'hypertrophie des cellules, de leur atrophie, de leur pigmentation, etc.

Les figures 1, 2, 8 de la planche IV, et 1 de la planche V, représentent de beaux spécimens d’hypertrophie des cellules des tubes contournés avec altération d’ailleurs très marquée de leur protoplasma. Ces dessins reproduisent les préparations d’une néphrite diffuse observée chez un goutteux, mais ils peuvent s'appliquer aux autres cas que nous signalerons bientôt.

La figure 1 de la planche IV montre une section d’un tube sur laquelle on peut voir une série de types différents de lésions épithéliales, si bien qu’elles semblent avoir été réunies là tout exprès pour la description. On peut voir, en effet, le long de la paroi hyaline du tube, des cellules qui sont à peu près normales

de forme et de volume comme la cellule a. Celle-ci renferme quelques granulations graisseuses. À côté d'elle, on voit en a une cellule qui est un peu plus grosse qu'à l’état normal, et qui contient des granulations graisseuses plus volumineuses. En @” il existe une cellule devenue ronde, saillante,.et montrant dans son intérieur de petites cavités ou vésicules au nombre de trois, d, semblables à celles que nous avons décrites précédemment.

De la cellule a, qu'on suive la rangée des cellules qui tapissent le tube de droite à gauche ou de gauche à droite, on voit que les cellules augmentent progressivement de volume, de façon à acquérir en 6 et #’ des dimensions colossales. Dans ces cellules tuméfiées et granuleuses, on trouve toujours, comme en 6, de petites granulations semi-transparentes, claires à leur centre, ayant de 1 à 3 millièmes de millimètre, et qui sont des granulations protéiques. Mais, dans les cellules les plus volumineuses, comme en #', ces granulations ou gouttelettes o deviennent bien plus grosses, probablement en se fusionnant ou en recevant du sang de nouveaux matériaux liquides. Remarquons en passant que la masse /' résulte peut-être de la fusion de deux cellules, car elle possède deux noyaux; ces mêmes cellules contiennent une proportion variable de granulations graisseuses. Cette tuméfaction exagérée, la formation dans les cellules de gouttelettes protéiques, la grande quantité de liquide qui s’y accumule, déterminent à la fin une sorte de ramollissement et de fonte complète de leur protoplasma. Les cellules représentées en 2, w, l, r, sont prises sur le fait : elles sont en train de se ramollir et de verser leur contenu dans la lumière du tube urinifère. On voit dans les parties de leur protoplasma, qui sont encore en place, des granulations protéiques, des noyaux x et des boules protéiques très gonflées d, d’.

Les cellules qui se transforment ainsi en une substance presque liquide, tenant en suspension des granulations et des gouttelettes albumineuses et graisseuses, deviennent beaucoup plus claires que celles dont le protoplasma est plus solide, et forme encore une masse cohérente. De plus, le contenu des cellules ramollies se continue directement avec les granules et gouttelettes qui sont libres dans la lumière des tubes. C'est ce qu'ilest bien facile de constater dans la figure 1 de la planche IV.

Au centre de ce tube, on trouve des boules opaques et tein-

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