INFILTRATION DES CELLULES PAR DES SELS
biliaire en surcroit, et cette notion devient intéressante, si on la rapproche de ce fait, que traitées de la même façon, les cellules striées des canaux intermédiaires du rein des mammifères présentent une coloration ambrée très intense et quelquefois même d’un jaune verdâtre. »
La constatation de ce fait n’a pas encore été signalée chez l'homme, mais si des observations venaient établir la constance de cette localisation du pigment biliaire, on pourrait préciser la topographie du système intermédiaire chez l'homme, et nous n'avons jusqu'à ce jour que des notions très insuffisantes, sur ce point d'anatomie normale.
i. — /nfiltration des cellules par des sels. — UÜrate de soude. — Sels calcaires, carbonates et phosphates.
Les cellules peuvent être, dans quelques circonstances, le centre de cristallisations et de calculs microscopiques ou visibles à l'œil nu.
C'est ce qui se passe par exemple chez les enfants nouveau-nés, lorsque le parenchyme rénal est encombré d’urate de soude, ou lorsque, chez les goutteux, le même sel infiltre les cellules d’un certain nombre de tubuli, et delà se prolonge sous forme d’aiguilles cristallines. Ces altérations se voient d’ailleurs beaucoup plus fréquemment dans la pyramide, au niveau des tubes collecteurs, où les cristaux sont réunis en petits blocs souvent visibles à l'examen macroscopique, sous forme de petites trainées blanchâtres, brillantes et micacées.
De même, des sels calcaires, des carbonates et des phosphates alcalins peuvent se déposer dans les cellules épithéliales de la capsule des glomérules de Malpighi qui apparaissent alors sous forme de petits grains opaques et durs, à la surface du rein. On trouvera également adhérents aux cellules libres, dans les tubes urinifères, des cristaux de phosphate tribasique ou d’oxalate de chaux.
L'infiltration calcaire des cellules est assez fréquemment observée chez les animaux, beaucoup plus souvent chez Ie cochon d’Inde que chez le lapin. Charcot et Gombault ont signalé ce fait dans les cellules des branches grêles des anses de Henle à la suite de l’'empoisonnement chronique par le plomb. D'ail-
leurs, chaque fois que l’on expérimente sur le rein de ces animaux, on peut s'attendre à des lésions de ce genre, attendu que leurs urines sont très riches en carbonate de chaux.
M. Germont a indiqué la calcification rapide des cellules dans le territoire rénal anémié à la suite de la ligature du rameau artériel correspondant. |
j. — Dégénérescence amyloide.
Nous ne dirons qu’un mot de cette dégénérescence. Elle est assez rare au niveau des tubes contournés, on peut dire même exceptionnelle; dans le rein, la dégénérescence amyloïde envahit de préférence les glomérules, les petits vaisseaux et les parois des tubes urinifères, et en particulier celles des tubes collecteurs et des tubes droits : les cellules sont toujours intactes. Néanmoins la dégénérescence amyloïde peut se présenter sous forme de blocs assez étendus dans la substance corticale; nous y reviendrons.