LÉSIONS DES CELLULES DES TUBES DROITS
Elles ne montrent jamais ni cet état vacuolaire si spécial, ni cette disparition des parois cellulaires, ni le fusionnement des protoplasmas si caractéristiques dans le labyrinthe.
Elles présentent quelquefois l’altération granuleuse et la dégénérescence graisseuse, mais, infiltrées ou non de graisse, elles sont toujours reconnaissables et conservent leur caractère d'épithélium cubique ou cylindrique de revêtement.
Elles sont quelquefois le siège d’une prolifération abondante, au moins dans quelques néphrites bien déterminées, dans l'empoisonnement par la cantharidine par exemple. On peut, en comparant les deux figures 3 et 4, planche XI, juger des modifications qu’elles subissent alors. C'est d’ailleurs là une forme d'inflammation toute spéciale et la cantharidine a une action tellement violente qu’on ne peut la comparer à aucun poison morbide (voir plus loin les néphrites cantharidiennes).
Dans les cas ordinaires, il peut y avoir une multiplication des cellules des tubes collecteurs, mais ce travail se produit sans tumulte. Sur des coupes transversales on juge bien que le revêtement est formé de cellules plus serrées les unes contre les autres qu'à l’état normal, et quelques-unes d’entre elles, comprimées par leurs voisines, sont légèrement aplaties. Enfin on trouve ces cellules libres dans les urines ou adhérentes aux cylindres qui cheminent dans les tubes excréteurs, ce qui indique bien qu’elles peuvent desquamer.
Elles s’atrophient lorsqu'il existe un obstacle au cours de l'urine et une compression de l’uretère. De cylindriques allongées ou de cubiques, elles deviennent complètement plates et sont difficiles à reconnaître.
Des granulations pigmentaires sanguines sont quelquefois déposées dans leur protoplasma.
Enfin, plus que toutes les autres cellules du rein, elles sont le siège de l'infiltration uratique, principalement chez les goutteux. On peut dire que l'urate de soude a son siège d’élection au niveau des tubes collecteurs. Il est déposé dans les cellules sous forme de granulations et d’aiguilles fines et serrées qui dissimulent complètement leur protoplasma et leur noyau.
En dehors de cette lésion qui est bien particulière à ce territoire du parenchyme rénal, les altérations des cellules des tubes droits et collecteurs présentent un moindre intérêt, et
Corniz el BRAULT. — Rein. 4
n'offrent rien à étudier qui leur appartienne en propre.
Il est assez difficile d'expliquer pourquoi les cellules des tubes droits sont le siège presque exclusif des dépôts d'urate de soude. Que l’urate de soude passe avec l’eau au niveau du glomérule, ou qu'il soit éliminé au niveau des épithéliums granuleux, toujours est-il que l'urine est toute formée dans les tubes collecteurs. La question est donc ramenée à celle-ci : l’urate de soude déposé dans les cellules vient-il de l'urine, ou du sang par l'intermédiaire des capillaires intertubulaires ?
Nous n'avons rien à dire de particulier sur l’altération des cellules des branches descendantes de l’anse de Henle, sinon ce que nous en avons dit plus haut à propos de l'infiltration calcaire.