Cylindre contourné
F16. 3. — Cylindres albumino-graisseux tels qu'on les observe dans l’'empoisonnement par le phosphore.
Fi. 4. — Cylindre de même provenance que celui de la figure 1.
Il présente également trois parties : une partie supérieure mince, effilée c, une partie moyenne contournée 6, une partie inférieure large, régulièrement cylindrique, a.
Leur forme semble indiquer qu'au moment où ils se sont coagulés ils ont passé d’une partie étroite dans une partie plus large. En tous cas, une fois dans l'urine, leur forme ne se modifie pas.
Ces cylindres sont fragiles et présentent souvent des cassures sur leurs bords.
ét BRAULT. — Rein. PI. VI
Félix Alcan, Éditeur
Ancienne Librairie Germer Barllière et C*.
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FORMATION DES CYLINDRES ül
la même, et les granulations qui les forment sont très serrées les unes contre les autres.
d. — Cylindres graisseux. Les cylindres graisseux purs et de grandes dimensions sont rarement observés.
La figure ?, planche VI, représente des cylindres graisseux très réguliers, sans aucune substance étrangère. Ils ont été observés dans l'empoisonnement par le phosphore, mais rien n'est aussi rare que de les constater aussi nets que les représente cette figure. Presque toujours, dans les périodes avancées des néphrites, même dans la néphrite diffuse chronique, caractérisée à l’autopsie par le gros rein blanc, on ne trouve dans les urines que de petits tronçons granulo-graisseux, courts, irréguliers sur leur bords; ou bien des débris de cellules des tubes contournés, pareillement graisseux, ou enfin, des globules blancs chargés de graisse. Des amas de granulations graisseuses, ou des granulations libres se voient encore fréquemment à la surface
des autres variétés de cylindres et surtout des cylindroïdes.
e.— Cylindres cireux et colloïdes. Ces cylindres se rapprochent par un certain nombre de leurs caractères des cylindres hyalins, mais néanmoins, ils présentent des différences assez tranchées pour qu'on doive les décrire séparément.
Le premier caractère de ces cylindres, c'est une réfringence telle qu’au moment où l'objectif est mis au point sur une préparation du dépôt urinaire, ils se distinguent immédiatement et frappent l'œil de l'observateur.
Les deux cylindres représentés (/g.1et4,pl. VI) proviennent du dépôt des urines d’une femme atteinte d'éclampsie puerpérale, et morte des suites de ses attaques. Ils étaient très nombreux et présentaient des dimensions colossales. Quelques-uns étaient rectilignes et régulièrement cylindriques; d’autres, au contraire (le plus grand nombre), étaient sinueux, fréquemment repliés sur eux-mêmes, et ne présentaient pas la même largeur sur tous les points de leur étendue.
On pouvait retrouver sur la plupart de ces cylindres trois parties distinctes : 1° une extrémité mince et effilée (c, fig. 4; n, fig. 1); ? une partie moyenne sinueuse etrepliée surelle-mème de plus en plus en plus large à mesure qu'elle se rapprochait de l'autre extrémité (b, fig. 4; p, fig. 1); 3° une autre extrémité large et régulièrement cylindrique (a, fig. 4; m, fig. 1).
Nous avons retrouvé de semblables cylindres dans les urines d'une femme qui s'était empoisonnée volontairement avec une préparation arsenicale et qui d’ailleurs a survécu.
Les parties minces étaient même beaucoup plus longues et moins sinueuses que sur les deux dessins représentés (fig. et 1, pl. VI). On aurait dit avoir sous les yeux le moule exact de l’anse de Henle avec sa partie étroite et sa partie large.
L'acide osmique communique à ces cylindres cireux et colloïdes, une teinte brun foncé analogue à celle d’une solution concentrée de sépia, et n’enlève rien d'ailleurs à leur réfringence spéciale. Les agents colorants et en particulier le picrocarminate d’ammoniaque montrent une affinité énergique pour cette substance cireuse qu’il colore en rouge vif.
Ces cylindres examinés par tous les procédés histologiques ont constamment offert une homogénéité parfaite, et n'ont jamais présenté d'éléments étrangers ou de déchets quelconques adhérents à leur surface.
On voit en résumé que ces cylindres diffèrent surtout des cylindres hyalins par leur volume plus considérable, par leur réfringence plus grande, et par leur coloration plus énergique sous l’action des divers agents colorants.
f. — Cylindres épithéliaux. Un de ces cylindres est représenté en 1, figure 8, planche VI. D'après la forme des cellules, il ne peut provenir que de la branche grêle de Henle, ou des tubes droits. Jamais d’ailleurs nous n’avons retrouvé dans les urines de cylindres épithéliaux rappelant en quoi que ce soit le revêtement des tubes contournés. Des fragments de cellule striée ou granuleuse s’observent de loin en loin, mais jamais de lambeaux cellulaires complets. Aussi, jusqu'à plus ample informé, relevons-nous en passant ce détail pour soutenir que le revêtement des tubes contournés ne desquame pas. Si cette desquamation se fait à l'état physiologique, ou à l’état pathologique, il est certain que les déchets qui en résultent sont transformés à mesure qu'ils cheminent dans les tubes urinifères. Moins favorisés que Renaut et Hortolès, nous n'avons jamais constaté sur des reins préparés dans de bonnes conditions, c’est-à-dire frais, l’état catarrhal et la chute complète des épithéliums granuleux dans la lumière des tubes contournés.
Les cylindres épithéliaux (très rares d’ailleurs) proviennent
donc exclusivement des tubes à épithélium clair. Le plus fréquemment, on trouve simplement dans l'urine des cellules irrégulièrement cubiques ou ovoïdes, claires ou légèrement granuleuses et qui sont certainement des cellules cubiques des tubes collecteurs déformées et gonflées.
g. — Cylindres composés. Ils résultent de la combinaison ou de l'association des cylindres précédents ; les variétés les plus fréquemment observées sont les suivantes : cylindroïdes chargés de cellules lymphatiques et de déchets cellulaires; cylindroïdes et cylindres graisseux; cylindroïdes et cylindres granuleux et graisseux. Les cylindres hyalins peuvent présenter les mêmes combinaisons.
Jamais aucun des cylindres précédents, même dans la dégénérescence amyloïde du rein, n'a présenté la réaction de la matière amyloïde !.
Tous ces cylindres, sauf peut-être les plus compactes d’entre eux, comme les cylindres vitreux ou cireux, peuvent accidentellement présenter à leur surface ou dans leur intérieur des granulations pigmentaires du sang, des granulations jaunes de pigment biliaire, des cristaux de biliverdine, d’urate de soude, de phosphate tribasique ou d'oxalate de chaux et d'acide urique.
Les cylindroïdes, les cylindres granuleux purs et épithéliaux sont attaqués et déformés par l'acide acétique.
Il est parfaitement démontré aujourd’hui que tous les eylindres trouvés dans l'urine (sauf bien entendu les cylindres épithéliaux et les cylindres fibrineux purs) sont composés d’une matière albuminoïde particulière.
Les cylindroïdes et les cylindres hyalins, d’après Rovida, cité par Bizzozero, ont la même composition : ils se dissolvent à chaud dans l’urine et dans l’eau distillée, ainsi que dans l’acide nitrique au 1/3 ou aux 2/3. Les cylindres jaunâtres et cireux sont, au contraire, insolubles dans les mêmes conditions, et résistent également assez bien à l’action de l'acide acétique, tandis que les premiers sont gonflés par ce réactif. Les cylindres jaunâtres et cireux semblent formés d'une albumine acide.
La substance fondamentale des cylindres est donc vraisemblablement dérivée des matières albumineuses. C'est un com-
1, Rindfleisch signale cette dégénérescence amyloïde des cylindres, Bizzozero la met en doute.
posé albuminoïde, protéinique (Bizzozero) dont la composition exacte est encore incomplètement connue.
En tout cas l'action dissolvante de l'acide acétique sur la plupart des cylindres pâles et peu réfringents permet d'affirmer qu'ils ne contiennent pas de raucine.
Dans certains cas de congestion intense et d'hémorrhagie sanguine à l’intérieur des tubes urinifères, il se fait des coagulations de fibrine qui sont évacuées par les urines, et l'on a alors affaire à de véritables cylindres fibrineux, caractérisés par de la fibrine fibrillaire, qui se gonfle sous l'influence de l’acide acétique, et qui contient dans son intérieur des globules rouges et blancs du sang. Au lieu d’être sous la forme de cylindres minces, la fibrine peut être moins bien délimitée sous forme de petites masses dont les bords ne sont pas nets. Les globules rouges existent dans ces petits îlots de fibrine.