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PREMIÈRE PARTIE

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES. — HISTOLOGIE NORMALE. TECHNIQUE A SUIVRE POUR L'EXAMEN DES REINS A L'ÉTAT PATHOLOGIQUE CHEZ L'HOMME

Nous ne rappellerons pas ici la disposition bien connue des tubes urinifères, depuis le glomérule jusqu’à la papille, non plus que la distribution générale des artères et des veines du rein. Ces notions sont entrées aujourd’hui dans l’enseignement classique, grâce aux travaux originaux de Henle, de Roth et de Schweiger-Seidel ; elles ont été vulgarisées en France par Beaunis et Bouchard dans leurs Nouveaux Éléments d’Anatomie descriptive (Paris, 1867), et surtout par Gross, de Strasbourg, dans sa thèse intitulée : Æ'ssai sur la structure microscopique du rein (1868). On trouvera dans cette thèse un historique très complet de l’anatomie depuis les premières études de Malpighi (1659). Les importants mémoires de Henle, Roth, Schweiger- Seidel, parus de 1862 à 1867, sont analysés et discutés dans ce même travail avec le plus grand soin. Gross résume ensuite le résultat de ses propres recherches et conclut à l'exactitude du schema proposé par Schweiger-Seidel, schema que l’on trouve reproduit aujourd’hui dans tous les traités élémentaires.

Des recherches plus récentes ont porté sur l'histologie délicate des épithéliums du rein et sur la structure de l'appareil glomérulaire. C’est particulièrement sur ces faits que nous insisterons dans cette première partie. Nous aurons soin de

Conniz et BrAULT, — Rein,

mettre en relief, au cours de la description, les détails dont la connaissance est indispensable pour l'intelligence des phénomènes pathologiques. Enfin nous terminerons par quelques indications sur la technique à suivre dans l'examen des reins à l’état pathologique. g

I, — Structure des cellules du rein à l’état normal chez les animaux.

Chez plusieurs espèces animales", le cochon d'Inde, le lapin, la chèvre, la couleuvre, les cellules rénales des canaux contournés sont constituées à peu près de la même façon. Elles présentent à considérer deux substances, l’une qui constitue la périphérie, l’autre qui forme la partie centrale de la cellule.

Reins de cobayes. — Sur les préparations obtenues sur des reins de cobayes durcis par l’action de l’acide osmique, et colo rées ensuite au carmin, on reconnaît tout d’abord que les cellules des tubes contournés sont implantées obliquement sur la paroi hyaline du tube. Cette disposition est très facile à observer sur les parties des tubes qui sont sectionnées suivant la longueur. Si l’on étudie un de ces tubes, vu suivant sa longueur, avec un grossissement de 400 diamètres (voy. fig. 4, pl. IV), on voit une série de cellules implantées obliquement sur la membrane hyaline s. Chacune de ces cellules allongées se compose de deux parties : 1° une substance homogène qui parait dense, qui est coagulée et colorée en brun par l'acide osmique et qui forme l'enveloppe de la cellule (a, a, fig. 4, pl. IV). Cette substance périphérique de la cellule est unie intimement avec la même substance des cellules voisines; 2° le centre de la cellule, qui en constitue la plus grande partie, est clair : on dirait presque une cavité. Cette masse centrale de la cellule est formée par une substance très finement granuleuse. C'est dans cette substance et dans une partie assez voisine de l’implantation de la cellule que l’on observe Le noyau n.

Cette disposition, qu'il est si facile de constater sur les bords des tubes étudiés en long, se complique un peu lorsqu'on examine la partie centrale des tubes, parce qu’on a affaire, dans

1. Corniz, Etat des cellules du rein dans l'albuminurie. (Journal de l'anat, et phy., de Ch. Robin, septembre 1879.)

= CELLULES DU REIN DES ANIMAUX 3 celte partie centrale du tube, à des sections plus ou moins obliques et incomplètes des cellules coupées près de leur extrémité interne.

L'examen des coupes transversales de ces tubes contournés du cobaye, révèle une disposition encore moins régulière. L'implantation des cellules sur la membrane hyaline étant oblique, il en résulte que lorsqu'on pratique une section transversale du tube (voyez figure 1, de la planche IX), on ne voit plus les cellules suivant leur longueur, mais suivant des sections obliques plus ou moins étendues. Une première série de ces sections est contiguë à la membrane propre du tube, et elles présentent une substance mince et colorée en noir »m qui circonscrit la substance granuleuse c, contenant les noyaux /. A l'intérieur de cette première zone circonférencielle, on trouve une ou plusieurs zones de petits cercles bordés par la substance solide des cellules. Ces petits cercles représentent les sections obliques de l’extrémité interne des cellules. Dans certains tubes, la coupe oblique des cellules n'offre plus l'apparence de petits cercles, mais celle de polygones très réguliers. Enfin, plus rarement, les cellules sont normales à la paroi et le centre du tube est à peu près libre. À côté de ces gros tubes, la substance corticale du rein du cobaye en présente de plus petits, qui sont des tubes droits contenant eux-mêmes des cellules plus petites. Des segments de deux de ces tubes sont représentés en 4, 6, dans la figure 1 de la planche IX. Les cellules épithéliales de ces tubes sont assez régulières; elles montrent aussi deux substances, l’une qui forme la périphérie de la cellule et qui est plus homogène et plus colorée, 2; l’autre centrale, granuleuse, avec des granulations graisseuses bien nettes, /. Le noyau p est contenu au milieu de la substance granuleuse. Ces tubes appartiennent probablement au système des branches montantes de Henle. Reins de la couleuvre. — Les reins de la couleuvre possèdent des tubes urinifères très analogues à ceux des cobayes. Dans les canaux contournés, les cellules épithéliales sont implantées obliquement : elles présentent, comme chez le cobaye, deux substances bien distinctes après l’emploi de l'acide osmique : l’une périphérique, l’autre centrale ; cette dernière contenant le noyau. Les tubes droits, plus petits, montraient des cellules absolument

granulo-graisseuses dans le seul cas que nous ayons observé.

Reins du lapin. — Le rein du lapin est un de ceux où la disposition des deux substances est la plus évidente. Sur les reins traités par l'acide osmique, on voit, sur les coupes minces des tubes contournés, des cellules assez volumineuses qui présentent à leur périphérie une zone dense et plus colorée. Au point d'implantation de la cellule sur la membrane hyaline, cette couche dense est épaisse, et elle montre des granulations serrées les unes près des autres, granulations disposées en forme de bâtonnets (cellules en bâtonnets de Heidenhain). Le centre de la cellule est formé d’une substance molle, granuleuse ; c'est là que se trouve le noyau.

Les cellules des tubes droits sont plus petites, mais elles offrent une structure analogue, sauf qu’on n’y voit pas la disposition des granulations en forme de bâtonnets. De plus, ces cellules sont toujours pourvues de granulations graisseuses.

Dans les tubes droits et les tubes collecteurs, les cellules prennent le caractère de cellules de revêtement; d’abord eubiques, elles deviennent de plus en plus allongées, et non loin du sommet elles affectent la forme régulièrement cylindrique. Les noyaux sont situés à la réunion des 2/3 supérieurs avec le 1/3 inférieur de la cellule. (Voir fig. 3, planche XI.)

Reins de la chèvre, — Les cellules du rein de la chèvre ont à peu près la même structure, mais elles sont moins faciles à voir, parce que les cellules etles tubes présentent un volume moindre que chez le lapin et le cochon d’Inde.

Quelques animaux présentent, à l’état normal, une assez grande quantité de graisse dans les cellules du rein. Il faut citer particulièrement parmi eux le chien et le chat.

Plusieurs auteurs ont mis ce fait hors de doute. Frerichs ! avait signalé la présence de la graisse dans l’urine normale des chiens et des chats sans qu'il y eût en même temps d’albumine. M. Vulpian® a fait voir que l’état graisseux partiel du rein, surtout dans la substance corticale, est une disposition normale chez le chat et le chien adultes. Parrot #, qui cite les

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