‹ Études sur la pathologie du reinChapitre 5 sur 94 · Comptes rendus de la Société de biologie, 1861, page · texte numérisé non relu

Comptes rendus de la Société de biologie, 1861, page

3. Note sur la stéatose viscérale que l'on observe à l'état physiologique chez quelques animaux. Archives de physiologie, 4871-1872.

CELLULES DU REIN DE L'HOMME b)

auteurs précédents, est arrivé aux mêmes résultats que M. Vulpian ; il démontra que la graisse ne siégeait pas entre la membrane propre du tube et l'épithélium qui la tapisse (comme le croyait M. Vulpian), mais dans l'épaisseur mème de la cellule.

Tous ces faits doivent être connus lorsqu'on expérimente sur les animaux; on s’exposerait, si on les ignorait, à de grossières erreurs. Aussi semble-t-il préférable de choisir comme sujets d'observation et d'expériences, des animaux comme le lapin et le cochon d'Inde, dont les épithéliums ne renferment qu'une très minime proportion de graisse, et seulement dans les tubes droits.

Reins du porc. — On trouve à l'état normal, chez le porc, dans la cavité des glomérules, entre la capsule de Bowmann et le bouquet glomérulaire, et dans la cavité des tubes desexsudations réticulées et en boules, qui se coagulent en gris brunâtre par l'acide osmique; cette disposition se retrouve, mais beaucoup moins accusée, chez quelques espèces animales. Chez l’homme, ces coagulations n'existent qu'à l’état pathologique, et manquent en dehors des néphrites ou des congestions rénales.

Il. — Structure des cellules du rein à l’état normal chez l'homme.

On voit, d'après ce qui précède, que chez les animaux, la structure des cellules des canaux contournés et de la branche ascendante de l’anse de Henle diffère un peu de celle qui a été signalée par Heidenhain. Onsaïtque ce dernier auteur avaitexpérimenté sur le chien, et fixé les fragments de l'organe au moyen de bichromate d’ammoniaque. La différence dans les résultats obtenus tient-elle à l'emploi des réactifs employés, ou à ce fait que les épithéliums diffèrent suivant les espèces animales? Cette question est assez difficile à résoudre, car nous allons voir que chez l’homme, quel que soit le réactif employé, on obtient sensiblement le même résultat. Toujours est-il qu'il faudra de préférence avoir recours à l’acide osmique, à cause de la netteté des images qu'il fournit.

Il est rare d'examiner les reins de l’homme dans un état d’intégrité parfait. Cependant il arrive quelquefois que leur struc-

(f HISTOLOGIE NORMALE DU REIN

ture est à peine modifiée. On pourra, d’ailleurs, observer dans d'excellentes conditions en recueillant les reins d’un homme mort accidentellement dans la force de l’âge. Sur des préparations faites avec l'acide osmique, l'alcool et les bichromates, les images obtenues ne sont pas identiques à celles que nous . avons décrites chez les animaux.

On ne peut, en effet, décomposer les cellules des tubes contournés en deux parties : une substance périphérique foncée et grenue et une masse centrale finement granuleuse. Tout au contraire, le protoplasma apparaît sous la forme d’un bloc homogène, granuleux, présentant un noyau plus rapproché de la base d'implantation de la cellule que de son bord libre. La forme générale des cellules est conique, à base large, à sommet émoussé, soit plat, soit légèrement arrondi.

Les granulations contenues dans le protoplasma sont disposées en séries régulières et parallèles, et n'occupent guère que les deux tiers inférieurs de la hauteur de la cellule. Quand on examine les tubes contournés à un fort grossissement, en faisant varier l'objectif, le protoplasma offre très nettement l'aspect strié.

Il est possible que les granulations n'apparaissent, comme le noyau, qu’au moment de la mort de la cellule, et qu’à l’état normal elles soient invisibles. Au lieu de granulations on ne verrait alors que les bâtonnets clairs décrits par Heidenhain. L'aspect strié des cellules sécrétantes du rein de l’homme peut s'observer même lorsque l'organe est le siège d’altérations assez avancées, mais cette disposition n'existe plus dans la plupart des néphrites chroniques.

Les cellules sont séparées les unes des autres, à l’état normal, par des bords assez nets. À l'état pathologique les Séparations cellulaires s’effacent presque toujours et le protoplasma des cellules contiguës se confond. Enfin, elles renferment un, rarement deux noyaux.

Serrées les unes contre les autres, elles ont leur petite extrémité dirigée vers le centre du tube. L'espace laissé libre par les sommets des cellules constitue la lumière du tube. Cette lumière est intacte lorsque le rein est normal, ainsi que nous avons pu l'observer chez un homme mort à la suite d'un coup de feu dans la tête etchez un diabétique dont le rein était presquesans lésion.

APPAREIL GLOMÉRULAIRE 7

Il n’y a donc pas, à l’état normal, dans les tubes contournés du rein de l’homme, de sécrétions soit sous forme de boules régulières réfringentes ou translucides, soit sous forme de blocs plus ou moins volumineux, et chaque fois qu'on les rencontre (alors même que les cellules présentent des modifications pathologiques légères), on est en présence d’un état morbide dont il est souvent facile de déterminer la cause. Comme nous le verrons ultérieurement, la congestion rénale, soit active, soit passive, est la cause la plus ordinaire de ces sécrétions.

La description précédente s'applique de tout point aux cellules de la branche montante de l’anse de Henle.

Les cellules de la pièce intermédiaire décrite par Schweiger- Seidel seraient, d’après cet auteur, formées d’un épithélium clair et transparent tandis que, suivant M. Hortolès ‘, elles seraient composées d’un épithélium strié analogue à celui que nous avons précédemment décrit.

Les cellules de la branche descendante de l’anse de Henle et des canaux d'union sont transparentes, petites et cubiques. Les cellules des tubes droits et des tubes collecteurs sont cylindriques, claires, à noyau très distinct, courtes dans les régions supérieures, longues dans les régions inférieures. Elles ne présentent pas, d’ailleurs, de différences fondamentales avec ce que l’on observe dans beaucoup d'espèces animales.

Quelques-unes contiennent de très petites granulations craisseuses.

Nous n'avons jamais trouvé trace, ni chez les animaux ni chez l’homme, d’un épithélium plat qui serait situé, d’après certains auteurs, entre la base d'implantation des cellules granuleuses des tubes contournés et la paroi amorphe des tubes urinifères.

III, — Structure de l'appareil glomérulaire chez l’homme et chez les animaux.

Nous décrirons dans le même chapitre la structure du glomérule et de la capsule chez l'homme et chez les animaux, parce qu'il n'existe pas de différence fondamentale dans la composition de ces parties chez les vertébrés supérieurs. Nous ne

Page 1