B. — LÉSIONS DES VAISSEAUX DU REIN (ARTÈRES, VEINES, CAPILLAIRES
Les artères rénales sont assez souvent le siège d’oblitérations causées soit par un caillot migrateur, soit par des végétations de l’endartère dues à une artérite chronique avec athérome:; ces lésions siègent soit sur l'artère rénale elle-même, soit, ce qui est le plus commun, sur une ou plusieurs de ses branches principales, à la limite de la substance corticale et de la substance tubuleuse. Ces altérations sont souvent suivies de l'apparition d’un ou plusieurs infarctus. Nous décrirons bientôt ces infarctus rénaux en détail suivant les périodes de leur évolution.
Les lésions de l’artérite aiguë et subaiguë sont les mêmes dans le rein que dans les autres organes.
On peut voir, par exemple, se développer une inflammation des artérioles rénales à la suite de certaines néphrites albumineuses, mais cette altération qui porte surtout sur les glomérules de Malpighi atteint les artérioles de moyen calibre assez
légèrement pour qu'il ne s'ensuive pas d'obstruction véritable et de gène absolue à la circulation. Dans les formes les plus intenses, il y a diapédèse des globules blancs et destruction rapide des épithéliums, nécrose et dégénérescence granulooraisseuse, ou bien les cellules embryonnaires sont résorbées et la néphrite continue son évolution.
Dans les néphrites chroniques, les parois des artérioles s'é- Laississent en même temps que tout le tissu cellulaire de l'organe. Mais ici il faut distinguer au moins deux cas. Si les glomérules sont le siège d’une inflammation marquée, les artérioles en sentiront le contre-coup et leur membrane interne s'épaissira.
Si au contraire l’irritation artérielle se fait par la périphérie, le calibre du vaisseau restera intact, mais la membrane externe sera complètement noyée dans le tissu conjonctif périphérique épaissi. Ces conditions se trouvent réalisées dans certaines néphrites où la glande est primitivement atteinte, et où le tissu conjonctif situé autour des tubes s’épaissit sans qu'il y ait à proprement parler de lésion vasculaire.
L'artérite chronique caractérisée par l’épaississement, l'induration, l’état fibreux de la paroi, et le rétrécissement du calibre des artères, existe dans beaucoup de néphrites chroniques aussi bien que dans l’athérome généralisé.
A l'œil nu, sur une coupe du rein, on voit la lumière des artères béante, et leur trajet est représenté par des lignes opaques. Les mêmes caractères s'observent au microscope avec un faible grossissement, qu’on examine les vaisseaux suivant leur direction longitudinale ou transversale. La membrane externe et la membrane moyenne, dans sa partie la plus extérieure, offrent une certaine opacité. Gette apparence est due quelquefois à la présence de granulations graisseuses, mais le plus souvent, elle reconnaît pour cause une grande quantité de fibres élastiques et de fibres de tissu conjonctif qui, par leur cohésion, interceptent la lumière directe. La membrane interne a presque toujourssubi alors un épaississement notable, ce dont on s'assure par l'examen des coupes transversales des artères. Cet épaississement est constitué par des cellules de nouvelle formation ; le calibre du vaisseau en est plus ou moins diminué. Cette endartérite est toujours très prononcée dans les artères oblitérées à la suite de thrombose ou d’embolie coïncidant avec les infarctus