LÉSIONS DES VAISSEAUX DU REIN
anciens du rein, et elle ne manque jamais non plus dans les parties fibreuses des reins atteints de néphrite interstitielle.
Les artères rénales sont, avec les glomérules de Malpighi, le Siège d'élection de la dégénérescence amyloïde.
Un des points qu'il importe le plus d'établir dans les altérations des artères du rein, c’est de savoir si elles sont primitives ou secondaires, si elles dominent la lésion rénale, ou si elles n’en constituent qu’une partie. Il est des circonstances où cette distinction est facile à établir, par exemple dans les artérites chroniques généralisées avec athérome dont il a été question plus haut; mais dans les néphrites chroniques diffuses, la chose peut être malaisée à reconnaître. On ne saurait donc trop recommander dans ces faits d'examiner l'organe sur des coupes longitudinales et transversales pratiquées à différentes hauteurs. Il sera toujours possible alors de juger en tout état de cause et de constater l’altération prédominante. Nous rappellerons simplemement ici, ne voulant pas empiéter sur une discussion qui aura sa place ailleurs, que l’endartérite proliférante n'est pas toujours une lésion primitive, qu’elle peut être secondaire et par conséquent accessoire : si l’on veut interpréter l'évolution et la pathogénie des lésions dans le rein comme dans tout autre organe, il est indispensable d’avoir toujours présente à l’esprit cette distinction.
Les capillaires rénaux ne peuvent être isolés du tissu conjonctif des cloisons, et pour étudier leurs altérations, on se contente de l'examen de sections minces du stroma du rein.
Dans les infarctus, ils sont complètement oblitérés, soit par de la fibrine et du sang, soit par les produits des métamorphoses de la fibrine et du sang.
Dans les néphrites chroniques accompagnées de dégénérescence graisseuse, leurs parois, de même que les lacunes interfibrillaires du tissu conjonctif du stroma, montrent des cellules et des noyaux infiltrés de granulations graisseuses. Enfin leur paroi s’épaissit par la formation d'éléments nouveaux dans la néphrite interstitielle, et leur volume diminue peu à peu. Au dernier terme du processus, ils sont réduits à l’état de fentes ou de cercles extrêmement petits dans lesquels on distingue un ou deux éléments colorés. Ils se laissent diffici-
lement reconnaître alors des branches grêles des anses de Henle pareïllement atrophiées dans les plaques de sclérose.
Dans les abcès du rein, leurs parois sont traversées par les cellules lymphatiques, et lorsque la collection a acquis un certain développement, ils se rompent et disparaissent. Dans la leucocythémie, ils persistent au milieu des ilots d'éléments embryonnaires et se laissent simplement traverser par eux.
Recklinghausen a appelé l'attention sur une altération spéciale de la paroi des capillaires qu'il a appelée dégénérescence hyaline, La paroi des capillaires, dans cette altération, parait simplement épaissie. La matière hyaline qui infiltre la paroi est absolument amorphe, extrêmement ténue et laisse passer la lumière. C’est, si l’on veut, une altération analogue à celle de la paroi anhiste des tubes urinifères, avec cette différence qu'elle paraît beaucoup moins dense et beaucoup moins réfringente. Il est actuellement impossible de dire si cette substance à une constitution chimique bien définie ou si l'aspect qu’elle présente ne dépend pas d’une simple modification physique de la paroi des capillaires. Peut-être est-ce la substance même des capillaires légèrement épaissie et condensée qui donne cet aspect. La même altération peut se rencontrer sur les capillaires du glomérule.
Les lésions des veines du rein sont : la thrombose et la phlébite aiguë, qui déterminent, comme cela résulte de plusieurs observations, le passage de l’albumine dans l’urine; la phlébite chronique caractérisée par un épaississement de toutes les parois de la veine, dû à une formation nouvelle d'éléments du tissu conjonctif. Ces phlébites chroniques pouvant amener une oblitération complète, s’observent dans la néphrite interstitielle de la dernière période des cirrhoses rénales, dans les pyélonéphrites avec atrophie rénale, et dans les infarctus anciens devenus fibreux.