‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 100 sur 513 · COUP D OEIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COUP D OEIL GÉNÉRAL

nous a conduits, à sa suite, dans des pays que la lecture lui rendait familiers et dont le séjour assidu eut sur le développement de son génie une influence qu'il fallait apprécier; c'étaient ceux de la poésie grecque, de la poésie latine. Les lectures d'Horace, auxquelles il consacrait tant d'heures, suivies de réflexions qui le menaient souvent à des vers, n'étaient pas seulement littéraires; les philosophes y avaient place. Nous avons recherché, toujours dans les écrits d'Horace, par quel éclectisme ce poëte philosophe a enaprunté aux divers systèmes les principes de la morale pratique qui fait le foni de ses ouvrages. ^ Ces prolégomènes*, que l'intérêt du sujet, et des questions accessoires qui s'y rattachent, m'a fait prolonger, je l'avoue et ne crois pas devoir m'en excuser, le plus qu'il m'a été possible , nous avaient appris ce qui avait été la préparation, l'aliment du génie d'Horace, l'occasion de ses vers, nous avaient fait connaître, pour ainsi dire à priori ce que contiennent ses œuvres diverses. Nous n'avions plus qu'à nous occuper de leur forme, qu'à considérer l'auteur successivement comme poëte lyrique, poëte satiricfue, poëte didactique : tel fut l'objet de leçons nouvelles, interrompues pendant deux ans, il importe peu de dire par quelles raisons, peur d'autres sujets d'étude, et dont j'ai repris la suite dans le cours qui a précédé celui-ci. ^ Je me suis demandé d'abord à quelles époques de la vie d'Horace tie rapporte plus particulièrement la culture des divers genres entre lesquels s'est partagé son génie poétique; et des considérations que je ne dois point reproduire en détail m'ont porté à établir qu'après ces exercices d'enfance, ces vers grecs, composés à Athènes, que Romulus lui-même, nous dit-il *, vint lui interdire, son début véritable avait été la satire, la satire sous une double forme, et dans ces ïambes, modelés sur les exemples d'Archiloque, qui portent dans son recueil le titre général d'Épodes (c'est une espèce de satire lyrique), et dans ces pièces qu'il inti-

1. Ils ont été reproduits par moi dans VÉtude sur la viùel les ouvrages d'Horace, dont j'ai fait précéder la traduction que j'ai donnée en 18o0, dos œuvres du poôle. — 2. Sat., I, x, 31 sqq. '

SUR HORACE ET SES OEUVRES

tula modestement Sermones, lesquelles appartiennent à la satire proprement dite. J'ai montré que, tout en poursuivant sa carrière ïambique et satirique, le poëte n'avait pas tardé à se consacrer de préférence à la composition de ses odes, jusqu'à ce que, l'âge le rendant moins propre à bien des choses, lui ravissant, entre autres, lui dérobant l'inspiration lyrique, îcndunt extorquere poemata\ jusqu'à ce que, son humeur refroidie le détournant de la censure vers la correction des mœurs, le portant à plus d'indulgence pour autrui, à plus de zèle pour faire profiter les autres de son expérience, il en vint à écrire des ouvrages, peu diffé • rents de ses satires , appelés de même par lui Sermones, ses épitreSy qui ne sont point sans malice, mais où domine l'enseignement moral.

Je fis remarquer que parmi ces épîtres^ quelques-unes, les deux du second livre, et VÊpître aux Pisons, sont moins morales que littéraires, qu'elles contiennent une sorte d'histoire de la poésie latine, une poétique; qu'elles paraissent être d'un temps où le pcëte fatigué se retirait dans la critique :

fungar vice cotîs, acutum

Reddere quae ferrum valet, exsors ipsa secandi *

Ainsi je divisai, recommandant toutefois de ne pas prendre à la rigueur celte division, la vie poétique d'Horace en quatre époques où il a fait, non pas exclusivement, mais surtout :

1° Des satires et des odes satiriques, ses ïambes, ses

Epodes; %

2® Des odes de toutes sortes ;

3° Des épîtres morales ;

4® Des épîtres, et même une sorte de poëme didactique, dont le sujet était surtout la littérature.

Cette classification m'autorisait à suivre, dans la revue que je devais faire des œuvres diverses d'Horace, l'ordre habituel des recueils, à un changement près cependant;

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