De arte poet.j 304 sqq
COUP d'oeil général
car s'il était convenable de commencer par les odes^ il ne l'était pas moins d'aller d'abord au cinquième livre formé, soit par Horace h:i-même, ^oit par un éditeur posthume (on discute là-dessus, et j'ai moi-même pris part à la querelle*), formé de ces compositions ïambiques par lesquelles, en même temps que par ses premières satires^ s'était révélé le poëte.
J'ai donc avant tout appelé l'attention de mes auditeurs sur lesÉpodes, ces pièces singulières dans lesquelles, cédant à l'emportement de la jeunesse, prenant le premier, a-t-il dit* (ce qui n'est pas complètement exact, Furius Bibaculus, Galvus, Catulle, l'avaient fait avant lui}, prenant des mains furieuses d'Archiloque ^, pour en armer les siennes, le trait terrible de l'ïambe,
Me quoque pectoris Tentavit in dulci juventa
Fervor et in celeres iambos Misit furentem *
Horace avait donné cours à des colères de toutes sortes, politiques, morales, littéraires, amoureuses.
Nous avons parcouru curieusement ces monuments d'un genre renouvelé chez nous avec éclat, avant quelques poètes de notre temps, par celui qui s'écriait, plein d'une vertueuse rage, à une bien triste époque :
S'il est écrit aux deux que jamais une épée
N'étincellera dans mes mains, Dans Tencre et l'amertume une autre arme trempée
Peut encor servir les humains.
Mourir sans vider mon carquois !
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange, Ces bourreaux barbouilleurs de lois,
1. Voyez Journal des SavarUs, février 1842, p. 86 sqq., et les morceaux placés sous le litre d'Appendice à la suite de ma traductioa
d'Horace.