SUR L UTILITE
J'abrége, bien à regret, ne voulant pas abuser par trop (le la citation, cette excellente scène où Voltaire se raille avec tant d'esprit et de sens des utilitaires de son temps, et passant de charmants détails je me transporte au dénoûment.
.... Enfin, après avoir examiné le fort et le faible des sciences, il fat décidé que Monsieur le marquis apprendrait à danser '.
Nous sommes trop graves aujourd'hui pour arriver à une telle conclusion. Mais celle à laquelle conduit invinciblement la logique de Tutililé pratique, c'est qu'il n y a d'enseignement véritablement utile au grand nombre que celui (jui apprend à lire, écrire et compter, l'enseignement primaire du premier degré.
On me dira que je prête à mes adversaires des conséquences qu'ils n'avouent point; mais ne suffit-il point que le principe dont ils s'appuient les contienne pour que j'aie le droit de les en tirer, afin de ruiner par elles le principe lui-même. Ils ne les avouent pas! je le crois bien : le pourraient-ils sans révolter en eux un certain bon sens vulgaire, qui leur crie comme à nous, qu'au-dessus de cette utilité matérielle et vraiment misérable à laquelle il leur plaît de tout rapporter, il en est une autre, d'un autre ordre, dont ils ne parlent pas, et par laquelle se rétablit à l'instant ce qu'ils pensaient détruire.
Tout n'est pas dit pour l'homme, lorsqu'il est une fois quitte des charges de la vie domestique et de la vie civile, des obligations de la profession qu'il tient de son choix et plus souvent du hasard. Tous les devoirs de cette sorte accomplis, il lui en reste d'autres envers lui-même, au premier rang desquels se place celui de cultiver par tous les moyens qui sont à sa portée l'intelligence qui lui a été départie, intelligence que Dieu a faite et n'a pas faite en vain, capable de connaître et de sentir, avide également et dû vrai et du beau, à laquelle on ne peut, ou ne doit refu-