‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 140 sur 513 · LIV.U3 ANDRONICUS ET NEVIUS · texte numérisé non relu

LIV.U3 ANDRONICUS ET NEVIUS

romain, M. Livius Salinator, qui lui donna, en l'affranchissant, son nom de Livius, mais à la haute société romaine*; faisant dans sa nouvelle patrie l'éducation de la langue et de la littérature elles-mêmes, par des ouvrages de formes diverses, où il se montre universel, parce qu'il n'est que traducteur, imitateur; inaugurant, comme poète, par quelques comédies, par un plus grand nombre de tragédies, le théâtre régulier % et y introduisant comme acteur, par la séparation de la parole et du geste *, des usages qui ne seront pas sans influence sur les destinées ultérieures de l'art dramatique; amenant, par sa traduction de l'Odyssée *, la venue si longtemps retardée de la poésie épique ; passant de la traduction, de l'imitation à des inspirations plus libres, plus personnelles, lorsque, dans une grande circonstance, une cérémonie expiatoire, pour détourner l'effet de prodiges effrayants', il se rend par ses vers l'interprète des sentiments publics, et fait connaître aux Romains, à peu près le premier, ce dont leurs anciens hymnes religieux, leurs anciens chants patriotiques leur avaient donné seulement une faible idée, la poésie lyrique; enfin, k ces divers litres, objet pour les Romains d'honneurs extraordinaires de caractère presque religieux ^

Livius Andronicus a dû avoir et a eu, tout aussitôt, des successeurs. Tite-Live en nomme un'', P. Licinius Tegula, qui, en 552, remplit le même rôle qu'avait rempli en 545 Livius Andronicus, celui de poète lyrique chargé de prêter une voix aux sentiments de tous.

Mais son plus prochain, son véritable successeur, c'est Névius, Névius l'a continué avec un progrès sensible pour l'art de la versification et l'art du style, pour la précision, rélégance, l'harmonie, le talent poétique, le mouvement

1. Sueton., De illustr. grammatîcis, c. 1. Cf. Hieronym. in Euseb. Chronico.

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