‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 156 sur 513 · A. Gell. Noct. ait., III · texte numérisé non relu

A. Gell. Noct. ait., III

5. Acontizomenos, fragm. I, II, ïil;IIarioluSj fragm. I. Voy. 0. Ribbeck, p. 0, 7.

chez Térence, de récriminations chagrines contre un confrère malveillant, et animée chez Plante, par les éclats d'une gaieté communicative, qui, triomphant du tumulte, doit par décorés obtenir au poëte le silence, l'attention, la faveur. Plaute y prend certainement de grandes libertés avec son public; il le raille autant qu'il le flatte, mais sans passer certaines bornes prescrites par la psudence dans une rf'publique où un poëte plébéien est bien peu de chose et l'aristocratie quelque chose de bien puissant. Des deux parts que fait dans les hardiesses d'un grand satirique, émancipé par son rang de chevalier, dans les hardiesses de Lucilius, ce vers d'Horace :

Primores populi arripuit, populumque tributim ».

la seconde est à l'usage de Plaute, distribuant volontiers en plaisantes catégories ce grand peuple qui l'écoute, et leur adressant, sous le couvert de sa gaieté, de bonnes épigrammes qu'elles lui passent, comme on en passait à Aristophane dans le théâtre de l'indulgente Athènes. Quant à la première, il a grand soin de s'en garder, instruit précisément par la disgrâce de Névius, k qui il en a coûté cher pour s'être donné le plaisir de porter la main sur les grands et de les traduire, par des désignations trop claires, sur sa scène comique.

C'est ce qu'il se permit envers le premier citoyen de Rome, Scipion; il osait démentir, selon la supposition de M. Berchem ^, peut-être au moment même où l'on s'en entretenait avec le plus d'admiration, le trait de continence par lequel passait pour s*être honoré le vainqueur de Carthagène, continence du reste révoquée en doute par un vieil historien, Valérius d'Antium ' et présentée par Polybe * comme une dérogation toute politique aux habitudes connues et avouées de l'illustre général. Quoiqu'il en soit, le peuple, accoutumé à plus de réserve, n entendit pas, on doit le croire, sans étonnement, et la noblesse sans colère,

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