Voye^ Klussmann, p. 17, 18; Bercliem, p
LIVIUS ANDi\0>^ICUS ET NÉVIUS.
fatuniy qui peut signifier ou destine'c, en général, ou destinée fâcheuse (cela est impossible à traduire) :
Fato Metelli Romae fîunt consules.
Il lui fut répliqué :
Dabunt Metelli malum Nasvio poetœ ,
ce qui n'est guère plus traduisible. Qu'on se rappelle les plaisanteries métriques, ou à peu près métriques, qu'improvisait, sous forme de dialogue, la poésie fescennine, entre autres dans les triomphes, par la bouche des soldats, et l'on ne s'étonnera point de la réponse improvisée de Métellus ; elle a tout k fait le même caractère. Mais ici c'est l'aristocratie qui a la réplique et une réplique menaçante. Malum^ par une sorte d'euphémisme moqueur, désignait la peine du bâton, une peine servile. On rencontre souvent cette expression dans la comédie quand il y est question, ce qui revient à tout instant, du châtiment des esclaves'. On la rencontre même dans les récits de l'histoire*. L'an 340 de Rome, un de ces tribuns militaires qui exercèrent quelque temps le pouvoir consulaire, M. Posthumius Regillensis osait s'en servir, en plein Forum, parlant de ses soldats : Malum quidem militibus meis, nisi quieverint; et un tribun du peuple, L. Sexlius s'écriait, avec une indignation partagée par tous les ordres de l'Etat, et, un peu plus lard, par l'armée, à la nouvelle de cette insolence : Auditis, QuirileSy sicut servis, malum minitante7n militibus! Je ne doute guère que Métellus, dans sa menace à Névius, n'entende par malum cette peine capitale prononcée par la législation des Douze Tables contre les auteurs de vers infamants ^ peine qui n'était point la mort comme l'a pensé Montesquieu*, mais le bâton. Nous le tenons d'Horace, qui en a parlé deux fois, tantôt s'en faisant plaisamment menacer,
1. Plaut. Rumens, IV, iv, 81 ; Terent. Adelph., IV, iv, 45, etc.