Esprit des Lois, VI
POliSlE LATINE, I — 23
LES ANCIENS POÈTES LATINS
LIVIUS ANDRONICUS ET* NÉVIUS
comme auteur de satires, et en style presque juriaique par le jurisconsulte Trébatius : '
Si quelqu'un compose contre autrui des vers méchants, il v a lieu a poursuite, à jugement;
Si niala condideiitin quem quis carmina, jus est Judiciumque *;
tantôt racontant comment elle a réprimé la licence de la poésie fescennine :
Une loi fut portée, une peine prononcée contre quiconoue attaquerait méchamment dans ses vers la réputation d'autrui. Il fallut changer do style, et, par crainte du bâton, se réduire a diveiéir désormais innocemment.
T, 1.1 Q^>^ 6tiam lex
Ircenaque lata, malo quse noilet carminé quemciuam Descnbi. Vertere modum formidine fustis, Ad bene dicendum delectandumque redacti^
Cette répression de la poésie fescennice, élément primitif de la comédie latine, s'étendit, je le crois, même à celle-ci quand, en dehors du théâtre, dans une sorte de drame réel' s'engagea entre Névius et Métellus un si étrange dialogue' et que, l'effet suivant de près la menace, le poète populaire alla expier en prison ses témérités démocratiques.
On serait curieux de savoir ce que c^étaient que ces deux comédies écrites durant sa réclusion, en réparation du délit qui lui était impulé^ On en a les titres Hariolus, Léon, qui ont prêté à d'assez vaines conjectures*. M. Ribbeck«, dont M. Berchein adopte l'opinion, a pensé qu'un des fragments de la première faisait partie du prologue, et s'appliquait à la situation du poète :
Si vous mettez un frein au lion à jeun. Leoni si autem deprandi subdas oreas.