‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 195 sur 513 · Voyez, dans notre tome I, p · texte numérisé non relu

Voyez, dans notre tome I, p

LES ANCIENS POETES LATINS

pour le javelot, attirer les regards par les fnnérnilles qui marquaient sa route et par l'ardeur guerrière de son bras qu'animait le carnage. Hostus accourt, se promettant une gloire éternelle s'il pouvait repousser un si redoutable ennemi; d'un bras vigoureux, il balance déjà son javelot. Mais du nuage où il était assis contemplant le combat, Apollon rit de cette vaine entreprise : il égara au loin le trait dans les airs, et ajouta : Tu t'es enivré, jeune homme, d'une trop présomptueuse espérance. Celui que tu veu.x atteindre est un personnage sacré, placé sous la garde des neuf sœurs, un poëte digne d'Apollon. C'est lui qui le premier chantera, dans ses illustres vers les guerres de l'Italie, élèvera aux cieux la gloire des généraux romains, fera résonner iHélicon de ses accents de triomphe, égalera Homère et le vieillard dAscrée....

Ennius antiqua Messapi ab origine régis, elc ».

Ueraploi du merveilleux admis, et nous avons déjà dit qu'on ne s'y prête guère, cetlo scène est d'une invention assez heureuse, mais à laquelle l'exéculioD ne répond pas. Claudien, dans la préface d'un de ses panégyriques de Siilicon, a depuis célébré en de meilleurs vers, chez le vaillant auteur des Annales, ce noble et piquant mélange de guerre et de poésie :

Le plus ancien des deux Scipions, qui seul ramena loin de ritalie, à sa source première, le fléau de la guerre punique, mêlait au métier des armes le culte des Muses. Toujours cet illustre général rechercha les poètes. La vertu veut avoir les Muses pour témoins et celui-là aime leurs chants qui fait des choses dignes d'être chantées. Soit donc que dans sa première jeunesse, vengeant les mânes de son père, il soumit à ses lois l'Océan espa^inol, soit que devant abattre sous son invincible lance la puissante colonie de Tyr, il fit voir ses redoutables enseignes à la mer de L bye, toujours à ses côtés marchait, dans les camps et parmi les trompettes, le docte Ennius. Après la fanfare du clairon, applaudissaient ensemble à ses accents et le fantassin et le cavalier rouge de sang; et, quand Scipion triomphait des deux Carthages sacrifiées l'une à son père, l'autre à sa patrie, lorsque, après les calamités dune longue guerre, il faisait marcher devant son char la triste Libye, la Victoire semblait ramener les Muses avec elle et les lauriers de Mars couronnaient le poëte.

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