lliad, II, 484. — 5. /En. VII
ENNIUS
Tappe) h la Muse, assez prosaïque, et, par cela même, propre à marquer le passage de l'épopée à l'histoire :
Poursuis, Muse, et chante ce qu'a fait chacun des généraux romains dans la guerre contre le roi Philippe.
Insece, Musa, manu Romanorum induperator Quod quisque in bello gessit cum rege Philippe *.
Le passage, dans cette grande composition, de l'épopée à l'histoire, et de l'histoire elle-même à la chronique contemporaine, se marque encore, d'une manière curieuse, par l'inégale distribution de l'œuvre entre ces trois différents sujets que s'est proposés à la fois le poëte. A l'épopée appartenait le P*" livre, rempli tout entier par les origines fabuleuses de Rome et le règne de Romulus; à un mélange de fables consacrées et de réalités historiques le II* et le IIP, où se succédaient les six autres rois de Rome. Le IV*, le V% le VP et le VIP conduisaient assez rapidement le poëte de l'établissement du régime républicain jusqu'à la fin de la première guerre punique. Dans le VHP, dans le IX* commençaient à être racontées des choses dont le poëte pouvait avoir une connaissance directe et personnelle ; la seconde guerre punique, où il avait servi, y était comprise tout entière. C'est le sentiment de M. Vahlen, d'accord à cet égard avecles conjectures et les calculs de ses prédécesseurs, desquels il diffère sur quelques points de peu d'importance. Les faits plus voisins, plus connus, avaient dû recevoir plus de développements, et les livres, de quelque manière que ces faits y fussent répartis, on ne s'entend pas là-dessus, répondre à un moindre nombre d'années, vingt-sept environ. Dès lors il devenait plus difficile à Ennius de concilier ses deux caractères de poëte épique et d'historien; le premier commençait à faire place à l'autre, et même le moment n'était pas éloigné où l'histoire prendrait quelque chose de la prolixité complaisante des mémoires. Et, eu effet, le X* livre, consacré à la guerre contre le roi de Macédoine, Philippe, ne comprenait plus