Bucol. V, 36. — 3. Epist, I, xiv
LES ANCIENS POETES LATINS
OU moins absolument, platonicienne, épicurienne, stoïcienne.
Au début elle a relevé de la philosophie de Pythagore, et cela ne s'explique pas seulement par l'action naturelle de cette philosophie sur l'esprit d'un poëte né, ainsi que l'était Ennius. dans le voisinage des lieux où elle avait autrefois régné, et comme doctrine, et même comme institution publique. Une explication plus générale se tire des anciens rapports de l'école italique avec la société romaine.
Venu de l'île de Samos dans la Grande-Grèce, sous le règne de Servius Tullius* ou de Tarquin le Superbe*, peut-être sous le consulat du premier Brutus^ les opinions varient à cet égard, mais varient de bien peu, Pythagore fut de bonne heure connu des Romains, voisins de la contrc'e, non encore leur conquête, où sa philosophie régnait, et d'où, selon l'expression de Gicéron*, elle frappait leurs 1 égards. Quand, daus le Dialogue de la Vieillesse '^, Gaton l'Ancien est tenté de traiter Pythagore et les pythagoriciens de compatriotes, Gicéron le fait parler selon la vraisemblance et même la vérité. Nous lisons, en effet, dans la Vie de Numa^ par Piutarque, que le chef de l'école italique avait été honoré par les Romains du droit de cité ; nous y lisons aussi qu'un oracle leur ayant ordonné d'ériger deux statues, l'une au plus vaillant, l'autre au plus sage des Grecs, les statues d'airain d'Alcibiadeet de Pythagore furent [dacées par eux dans le Gomice où, selon le rapport de Pline', elks subsistaient encore au temps de Sylla. On comprend que quelque chose des doctrines pythagoriciennes soit arrivé à la connaissance des Romains, ait pénétré dans leurs esprits, si fermés qu'ils fussent d'abord aux notions spéculatives, que l*ythagore ait été leur premier maître, leur premier instituteur philosophique et