Cic. Ibui. — a. T.-Liv. Hist. I
4. Mt'lam. XV, 4 sqq. GU sqii. 471) sliij.— 5. JamLIich. Vit. rylliaj.
LES ANCIENS POETES LATINS
qu'a répétées à l'envi Tantiquité*, mais qu'il y a introduit, dans la mesure sans doute où le genre Tadmettait, des expositions, des discussions de doctrines ^. C'est à ce point que son théâtre est devenu une des sources de la philosophie platonicienne^. Lui-même avait eu le pressentiment de la grave destinée assurée à ses œuvres légères, lorsqu'il avait dit :
Je le crois, oui. je le crois; c'est môme pour moi une claire certitude : la mémoire de mes pensées subsistera. Quelqu'un s'en emparera, qui, les dégageant du mètre où elles sont enfermées, les revêtant de la pourpre d'un beau langage, sera par elles invincible dans la lutte, et formera de redoutables lutteurs*.
Ne semble-t-il pas que, d'un regard prophétique, Épicharme aperçoive dans l'avenir, comme son lecteur charmé, et presque son disciple, le divin Platon ? Qu'on nous permette de faire aussi, dans cette espèce d'oracle, une part à l'auteur du poème latin (ÏÉpicharme.
Quel était le rapport de cette œuvre avec le philosophe dont elle empruntait le nom? Il y a là-dessus plusieurs conjectures. Ou bien Ennius a rassemblé dans son poëme des passages philosophiques épars dans les comédies d'Épi charme; ou bien il a profité de quelque recueil déjà fait de ces passages*; ou bien, siÉpicharme a été auteur d'un
1. Celle-ci, par exemple, « Abstiens-toi, défie-toi, c'est le nerf de la sagesse, » répétée par Polybe, Hist. 1. XVIII, c. xxiii, 4; par Cicéron, Evistol. ad Atttc. I, 10; Q. Cicéron, De petitione consulatus; Dion Chrysostome, Orat. lxxiv.
2. Voyez dans les Fragments pour servir à l histoire de la comédie antique A^ {q\i M. Artiiud (Paris, 1803), particulit;reraent le mémoire intitulé : Épicharme philosophe. Voyez aussi dans le recueil des Mémoires lus à la SorJmnne en 1864, Archéologie, p. 209, une dissertation de M. Ch Benoît, intitulée : Quelques aperçus sur la comédie dorienne à Sijracuse.
3. Diog. Laert, Plat. III, ix-xvii. Voir dins la traduction de Platon par M. Cousin une note sur une allusion du Phvdon à des vers d'Épicharme conservés par Siobée, où il est dit : « L'âme voit, l'âme en^ tend, le reste est aveugle et sourd, privé d'intelligence. »