Od. n, \i, 9 sqq. — 3. Nocl. allie. Xll
PACUVIUS
que chose qu'aient ensuite à corriger, à adoucir, le temps et l'âge. »
Gomme Névius, Plante, Ennius, ses prédécesseurs, Pacuvius composa lui-même son épitaphe, mais avec moins d'orgueil poétique. Il y réclame modestement, mélancoliquement, contre l'oubli, dans des vers qu'Aulu-Gelle* encore a rapportés, et dont il a vanté justement la pureté, l'élégance, l'aimable gravité. Ces vers, de ton dramatique, suggèrent à l'imagination l'idée d'une scène touchante, qu'elle aime à se représenter à peu près sur le modèle de l'Arcadie du Poussin. On sait, et au besoin on l'apprendrait d'un beau fragment de Ménandre ', que les anciens plaçaient les tombeaux à l'entrée des villes, au bord des chemins, où leur rencontre rappelait aux voyageurs le terme commun de notre passage ici-bas. Figurons-nous donc sur le chemin qui mène à Tarente un jeune homme gagnant lestement la ville. Un tombeau arrête ses regards distraits, il en parcourt en passant l'inscription, et une voix, qui semble sortir de la pierre, lui dit :
Jeune homme, si pressé que tu sois, cette pierre t'invite à la regarder et à lire ce qu'on y a gravé. Ici sont les os du-pcëto M. Pacuvius. Je ne voulais pas te le laisser ignorer. Adieu !
Adulescens, tametsi properas, te hoc saxum rogat Uti ad se adspicias, deinde quod scriptum est legas. Hicsunt poetae ^^acuvi Marci sita Ossa. Hoc volebam nescius ne esses. Vale'.
Les os de Pacuvius ! Ce sont pour nous les rares débris du petit nombre de ses tragédies dont on a gardé mémoire ;