Ribbeck, p
ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE
ATTIUS
quelque emphase; c'est miserituda, que d'ailleurs le poêle affectionne aussi bien qu'un grand nombre de même dimension, de poids pareil : mœstitudo^ lœtitudo, castitudOy honestitudOj gracilitudOj vaslitudo; sanctitudines ; domuitio ; grandœvitas, angustilas; hostificuSy ingralificus; îabificabilis, horrificabilis, œternabilis, iiienodabilis ; indecorabilitery minilabililer ; commiserescere, perdoliscere, pergrandescere ; erogitare, expectorare; morigerari, et Xami d'autres, lourd bagage du style tragique d'alors, sous lequel Altius lui-même devait finir par succomber. On comprend que, malgré son énergie, sa chaleur, sa noblesse, un style hérissé de ces grands mots inusités, et, pour parler le langage du satirique ^ de ces muscles saillants, de ces verrues, soit, au temps de la politesse achevée du langage, devenu suranné et barbare.
l/Eurysacès contenait des passages d'une grande éloquence tragique, et qui paraissent tels de quelque manière qu'on se représente la fable de la tragédie. Rapportons-en quelques-uns d'après la restitution nouvelle proposée par M. Ribbeck *, restitution ingénieuse et vraisemblable, qui a trouvé, nous le savons par M. Ribbeck lui-même, des contradicteurs en Allemagne, mais qui a été approuvée par d'autres, entre autres chez nous, par l'auteur d'un excellent travail sur Attius, rappelé plus d'une fois dans ces articles, M. Boissier '.
Télamon chassé par un usurpateur du trône de Salamine et prêt à partir pour l'exil, se plaint du sort qui le condamne à errer sur la terre, sur la mer, de rivage en
rivage