Epist. adfamil. tx
2. Noukiroh, De FahuL togat Romanoriim, p. 73 :, 0. RibbecV, p. S.'iO.
r02siE LATINE. II — 13
ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE
ramilit^ faisait comme jaillir des allusions, vivement saisies du public, à l'injuste exil et au rappel désiré de Gicéron*. En 710', année du meurtre de César, il faillit prêter à une allusion plus directe. Le second Bnitus avait eu le dessein, déjoué par les amis du dictateur, de le faire représenter aux jeux apolliuaires, à la célébration desquels il lui appartenait, en sa qualité de préteur, de p^ésider^ Ce n'est pas un mé<liocre honneur pour cette tra^'édie de s'être ainsi retrouvée présente à la pensée des Romains dans de graves conjonctures, d'avoir pour ainsi dire pris place dans
leurs fastes.
Mais déjà dans ce journal^ à l'occasion de la belle tragédie, où sous le titre de Lucrèce, M. Poiiî-arda renouvelé, en 1843, avec un succès si éclatant un si vieux sujet, j'ai rappelé les titres du Brutus; cité, traduit, commenté les quelques fragments qui en sont restés ; discuté les opinions, les conjectures auxquelles ils ont donné lieu. Sur tout cela je ne pourrais que me répéter : il vaut mieux insister sur VdiUlre fable prétexte de notre pcëte, JEneadœ seu Decius.
Dans ce titre double sont associées la fable et l'histoire : elles l'étaient dans les actes publics; depuis longtemps, les Roraaios se disaient officiellement le peuple d'Enée, les Énéades. Le titre si autorisé d'Atlius, qui nous prépare au début de Lucrèce : jEneadum genitrix, convenait bien en tête d'une pièce oii devait être personnifiée, honorée, une race héroïque dans un de ses plus glorieux représentants. Mais lequel? On peut se le demander. Trois Décius successivement, le père, le fils, et d'intention au moins* le petit-fils, se sont, au cinquième sièle de Rome, en 415, 457, 473, volontairement ofl'erts en sacrifice pour leur pays. C'est le second de ces dévouements qu'Altius avait porté sur la scène, très-judicieusement; il pouvait de