‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 348 sur 513 · Mcnechm.j Prol · texte numérisé non relu

Mcnechm.j Prol

PLAUTE ET TÉRENCE

Enfin, dans ces comédies, grecques par le fond, latines quant à la langue, bien des détails étaient romains. Si, quelques années seulement après Térence, un satirique, que son titre de chevalier protège contre les rigueurs de la loi et la vengeance des grands, répand le sel à pleines mains sur la ville entière, met la main sur les personnes, même les plus hautes, arrache les masques les plus respectés, s'attaque au peuple lui-même en masse* ; si, dans un temps où le pouvoir qui a pacifié l'éloquence a dû désarmer la satire, Horace cependant réclame pour elle quelque chose des libertés prises par Lucilius ; si Perse, sous Néron, ne peut se taire sur les ridicules, les vices des contemporains, s'il creuse au besoin la terre et fait dire aux roseaux :

Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne*;

s'il en coûte tant à Juvénal, sujet de Domitien, de garder le silence, provoqué par tant de sottises,

Semper ego auditor tantum, nunquam ne reponam*?

pense-t-on que les prédécesseurs de ces satiriques, que les comiques, aient eu plus de patience, qu'ils aient pu passer à coté du vice, du ridicule, sans les voir, sans en faire leur profit? Non sans doute : aussi dans cette fabula palliata, que d'infidélités au costume, infidélités volontaires, qui transportent le spectateur à Rome lorsqu'il se croyait à Athènes, qui, sous le pallium, vêtement officiel de la comédie, lui découvrent, par instants, la toge livrée elle-même à la risée!

Une bonne portion du commentaire dont M. Naudet a accompagné son excellente traduction de Plaute, sous forme de préfaces, de notes, la plupart fort piquantes, consiste précisément dans le relevé de ce que le poète, librement, hardiment traducteur, a mêlé de romain à son œuvre

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