‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 350 sur 513 · Amar, V,m,2. -2. Bacc/i., V, m, 1 sqq · texte numérisé non relu

Amar, V,m,2. -2. Bacc/i., V, m, 1 sqq

PLAUTE ET TÉRENCE

haec conficta arbilror a poetis esse, ut effictos nostros mores in alienis personis 'xpressamque imaginem nostrae vitœ quotidianae videremus*.

La Comédie nouvelle des Grecs, telle que l'avaient reproduite les premiers comiques latins de Tépoque classique, est tout entière dans les vingt pièces de Plaute, dans les six pièces de Térence.Les fragments, d'ailleurs peu nombreux, qui nous sont parvenus des autres poètes de la fabula palliata, n'offrent rien, absolument rien, même ceux de Névius, ceux de Gécilius, de Turpilius, qui ne se trouve chez Plaute et chez Térence. Aussi est-ce à ces deux grands auteurs dramatiques que, successivement, et en tenant compte des changements introduits de l'un à l'autre, soit par un progrès dans les mœurs et les convenances, soit plutôt par la diversité des points de vue et des génies ; aussi, dis-je, est-ce à eux que M. Meyer a emprunté surtout les éléments de ses chapitres sur plusieurs des personnages principaux de la comédie latine : les parasites^ les femrnes, les esclaves. C'est d'epx aussi, et en suivant le même ordre, que je tirerai les traits du tableau plus général dans lequel je me propose d'enfermer, comme en son cadre naturel, l'analyse de ces trois chapitres, faisant souvent mon profit des vues, pour la plupart exactes et judicieuses, qu'ils contiennent, quelquefois les modifiant, y ajoutant en certains points; M. Meyer pourra s'en apercevoir, sans qu'il soit lécessaire d'en prévenir toujours nos lecteurs, inutilement atigués par ces discussions de détail.

Les mœurs, objet de toute comédie, se rapportent ou au

J. ~/^/'o S. Rose. Amer., c. xvi.

ANCIENNE COMÉDIE LATINE

caractère public, ou k la profession, ou aux relations privées des personnes que le poète met en scène. De là trois ordres de choses qu'on me permettra, pour âbrép^er, de désigner par les mots d'ordre politique, d'ordre civil, d'ordre domestique, en montrant ce qu'ils ont fourni, dans des proportions très-inégales, au lalent comique de Plaute. / Par de trop bonnes raisons, que j'ai précédemment exposées, il n'a presque pas osé toucher à ce qui relevait, plus ou moins directement, de l'ordre politique. Notons cependant, avec quelques attaques discrètes contre la partiahté des é liles dans la distribution des récompenses littéraires*, contre la justice sommaire et brutale des magistrats de police appelés triumvirs*, la ceosare très-vive, très-âpre, de désordres moraux par lesquels certains membres de ^aristocratie romaine scandalisaient le public. Dans plusieurs de ses comédies', un mot, jeté en passant, fait connaître tout à coup que tel vieillard ridicule, mené par sa femme à la maison et par une maîtresse au dehors, jouet de sa famille et de ses domestiques, n'eu est pas moins un noble patron, un grave ju^^e, un sénateur dont les avis ont du poids au conseil et gouvernent les affaires de l'État. Ces révélations semi-aristophaniques sont d'un grand effet; elles frd)pent comme un coup de théâtre; elles faisaient rechercher par les regards malins dts spectateurs, dans l'orchestre, aux premiers gradins, plus d'unDéménète, qui s'y cachait avec confusion.

Ce que je comprends sous le nom d'orJre civil, c'est-adire l'ensemble des diverses professions, des métiers, semblerait avoir dû être davantage de la compétence de Plante et n'occupe cependant pas beaucoup plus de place dans son théâtre. C'était une matière spécialement exploitée par des genres subalternes, tels que la fabula tabernaria, Tatel-

lane, le mime.

Une de ses pièces, par exemple, a pour titre Mercator:

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