‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 367 sur 513 · Hor., Epist. I, xv · texte numérisé non relu

Hor., Epist. I, xv

3. Asotus, fragm. VI. Non, v. Edim pro edam. 0. Ribbeck, p. 31.

4. Terent. Eunuch. prolog. 3o. Cf. Manil. Astronomie. V, 473 : a Agilesque per omnia servos. » Plaute prête la même allure à ses parasites, Captiv. IV, II, 8 sqq.; Curcul. H; ni, 1 sqq.

h. Plaut. Pcvnul. III, i, 19 sqq.

6. Obolostates sive Fœnerator, fragm. VIII. Non. v. Peniculamentum. Bothe, p. 134. Cf. 0. Ribbeck, p. 48.

CECILIUS.

Tu m'auras donc aujourdhui, plus que tous les sots vieillards de la comédie, magnifiquement joué, dupé :

Ut me hodie ante omnes comicos stultos senes Versaris atque emunxerislautissime*.

Le commerce de Tamour. les artifices des courtisanes, l'égarement des jeunes gens et même la folie des vieillards y ont aussi leur place.

L'effrontée Pythias y fait cracher un talent à Simon :

Audax Pythias emuncto lucrata Simone talentum».

Une autre, chose étrange, monstrueuse, digne qu'on en prenne à témoins les dieux et les hommes, les jeunes gens surtout, une autre y refuse d'un amant qu'elle aime de l'argent :

Pro deum, nopularium omnium, omnium adulescentium CJamo, postulo, obsecro, oro, ploro atque imploro fidem,

In civitate fiunt facinora capitalia :

Nam ab amico amante argentum accipere meretrix nunc nevolt .

Une femme avisée y dit, probablement à une moins habile :

Il y a beau temps que je serais libre, si j'eusse eu des amants de ce caractère:

Libéra essem jam diu Habuissem ingénie si isto amatores mihi*.

Yoilk ce qu'y dit, de son côté, un de ces prodigues amants :

C'est fait de moi, si je ne me hâte de perdre ma fortune en tière.

1. Epiclerus. Cic. De Amicit. xxvi; De Seneet. xi. 0. Ribbeck, frag. incert. III, p. 63. ^ - -,

2. Hor. De art. poet. 238. Comment. Cruq. Acr. : «Fuit haec... meretiicula tapax. . . . ï>

3. Synephehi, fragm. III. Cic. De Nat. dfor. I, 6. 0. Ribbeck p. 60.

4. Pausimachus, fragm. II. Non. v. Jamdiu pro olirn. 0. Ribbeck, p. 48.

CECILIUS.

Nullus sum, nisî meam rem jam omnem propero incursim per-

[dere *.

Pour un autre, c'est un vif assaisonnement au charme de la passion amoureuse que la nécessité de tromper un père avare et sévère. Il se trouve malheureux d'en avoir un trop généreux et trop facile :

C'est plaisir, dans un extrême amour et une détresse extrême, que d'avoir un père avare, morose, difficile pour ses enfants, qui ne vous aime point, ne se soucie point de vous. Vous interceptez son revenu ; au moyen d'une lettre contrefaite, vous détournez l'argent d'un de ses débiteurs; vous employez quelque adroit esclave pour le frapper de crainte, l'épouvanter. Enfin, tout ce qu'on peut arracher d'un père trop économe, avec quel

surcroit de joie on le dissipe! Mais le mien, comment le

tromper, le dérober? Quelle machine faire jouer contra lui? Je ne le sais, vraiment, tant mes adresses, mes ruses, mes fourberies sont rendues vaines par sa facilité !

In amore suave est summo, summaque inopia, ParenLem habere avarum, inlepidum, in liberos Difficilem, qui te nec amet, nec studeat tui. Aut tu illiim fructu fallas, aut per literas Avertas aliquod nomen, aut per servolum Percutias pavidum, postremo a parco pâtre Quod sumas, quanto dissipes libentius!

Quem neque quo pacto fiUam neque ut inde auferan, Nec quemdolum ad eum aut machinam commoliar Scio quicquam : ita omnis mecs dolos, fillacias, Prœstigias prœstrinxit commoditas patris*.

n ne faut pas, comme fait Gicéron, prendre ce passage,

.on plus que le précédent, trop à la lettre. Ce sont des

contre-vérités ironiques. La passion, qui a conscience de sa

folie et de son injustice, y prend ce tour ioaltendu, et aussi

naturel qu'il est piquant, pour se condamner elle-même.

Je suis bien tenté de voir aussi, contre le sentiment de

1. Fallacia, fragm. III. Non. v. Incursim pro ceîcriter. 0 Ribbeck, p. 36.

2. Synephehi, fragm. I. Cic. De Nat. deor. III, 29. 0. Ribbvtk,

Gicéron, quelque peu d'ironie du même genre dans cet éloge de l'amour que Gécilius avait prêté sans doute à un de ses amoureux :

Ne pas voir en lui le dieu suprême, ce serait, je pense, être bien peu raisonnable, bien ignorant des choses de ce monde; un difcu qui peut, à son gré, vous rendre fou ou sage, bien portant ou malade; faire que vous soyez (haï, méprisé, chassé), ou bien, au contraire, aimé, recherché, appelé.

Deum qui non summum putet, Aut stultum, aut rerum esse imperitum existumem : Gujus in manu sit, quem esse dementem velit. Quem sapere, quem sanari, quem in morbum injici, Quem odio esse^ quem contemni^ quem excludi foras ', Quem contra amari, quem expeti, quem arcessier *.

N'omettons pas cet ami du p' isir {A,wtus, dit Gicéron) à qui suffisent six mois de bonne vie, et qui donne le septième à Pluton :

Mihi sex menses satis sunt vitae, septimum Orco spondeo '.

Auprès de ces jeunes gens si peu sages jouent aussi leur rôle, sur la scène en ruines de Uécilius, des fous d'un autre âge, par exemple ces mal mariés, auxquels une épouse disgracieuse, recherchée pour sa grosse dot, fait payer cher le bien qu'elle a apporté, par son caractère despotique et acariâtre, par une jalousie souvent trop légitime. C'est une telle situation, fréquente chez les comiques de l'antiquité, grecs et latirs, que révèlent les confidences échangées dans ce dialogue :

Celui-là est bien malheureux qui ne peut cacher sa

peine. — Oh! ce que me fait endurer ma femme, par sa figure, parles façons d'agir, je le tairais, qu'on le verrait assez. Chez elle se touve, sa dot exceptée, tout ce qui peut déj laire. S'instruira par mon exemple qui sera sage. Comme le prisonnir aux mains de l'ennemi, libre je sers ; mais la ville et la citadelle ont sauves. Tandis que j'aspire à .^a mort, ma vie, à moi, est

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