Non. V. Graviter. 0 Ribbeck, p
2. Voyez surtout la thèse soutenue par M. Édm. Arnould, en 1842 devant la Faculté des lettres de Paris, qui l'a compté plus tard, mais pour trop peu de temps, au nombre de ses professeurs : i/enandr!r'
fpi'n? ZVoTV'''^ '^ '^''''r'' f'^^^^^ritis reslituere untavit, etc. (Fans 1842.) Voyez aussi deux ouvrages couronnés, en 1853 par 1 Académie française : f.sai historique et littéraire sur la comédie de Menandre, par M. Charles Benoit, aujourd'hui doyen de la Faculté des lettres de Nancy. Paris, 1854, p. 51, GO, 197. (Voir, sur cet oi^! vrago, \a Journal des Savants, octobre 18.54 p 593 et suiv^ Î/J' nandre, Étude historique et lihéraire .ur /h^ocrf I eHa co^/d ^ grecques, par Guillaume Guizot, Paris, 185f>, p. 180; d'autrerou! vrages encore, auxquels le même concours parait avoir donné lieu • Études sur la comédie de Menandre, par A^ Ditandy, Par s 854*
Feu J 'J^î-Jl '^'f "' deMmandreetde la société 'athénienne, H'r feu J. F. Stievenart, mort doyen de la faculté des lettres de Diiin et correspondant de l'Institut, Dijon, 1854 p. 26 .inn;/!l°" d'autres, le Bandeau, la Tresse de cheveux. C'était san
IWnrL"^^"' '""' ^? ^''' "" ^'^"^ ^^ reconnaissance. On y a vu a'?ssi lexpressior. métaphorique de la chaîne du mariage. Enfin on a tensé que ce pouvait bien être le nom de la jeune escfave don ilest ques^ tion dans les fragments cités. Une si grande variété d'opinions seulu? le phn.'"^'' ^" '''''' ^''' comprendre la difficulté ^de s'accorder
rOltSIE LATINE, - II — 18
274 ANCIENNE COMÉDIE LATINE
la juge excessive : il reproche à Gécilius d'avoir altéré, par des traits d'uû comique outré, la vérité simple de ces images que Méuandre exprimait fidèlement de la vie humaine*; il le fait avec une sévérité de laquelle il faut, je crois, retrancher quelque chose. Toutes ces additions qu'a reçues le modèle ne sont pas également à blâmer. Sans doute, Gécilius est moins l'interprète de Ménandre que l'émule de Plaute, lorsque faisant appel, comme souvent Plante, à la gaieté brutale des derniers rangs du théâtre, il peint si grossièrement l'accueil que reçoit de son importune épouse le pauvre époux rentrant au logis; mais quand il le montre s'inquiétant de ce que, sur le rapport d'une femme fiere de sa victoire domestique, on pourra dire de lui dans certains cercles féminins, il n'est plus si loin de Ménandre, et c est maintenant aux juges délicats, aux chevaliers, aux sénateurs
d'applaudir.
Mais faisons . comme Aulu-Gelle, en plaçant sous les yeux du lecteur les pièces mêmes du procès. Yoilà l3s passages de Ménandre avec lesquels il a mis en parallèle ceux de Gécilius.
C'est maintenant qu'en-digne héritière ma femme va dormir sur l'une et l'autre oreille», contente d'avoir niis a fin une si ffrande, une si mémorable entreprise. Elle a chassé de la maison celle qui lui déplaisait, qu'elle voulait éloigner, fous les regards, pense-t-elle, vont se tourner vers Crobyle, ma souveraine maîtresse, comme chacun sait, vers le visage au'elle a reçu de la nature.... Je me tais sur la nuit latale qui (Commença tous mes maux. Faut-il avoir épousé, pour ses seize talents, cette Crobyle. ce bout de femme, d'une ^o^^^^^^^^^ haut et d'une insolence 1 Comment la supporter ? Par Jupiter, par Minerve, cela n'est pas possible. Une jeune esclave, d un si bon service, plus prompte que la parole, la renvoyer ainsi ! Qui me la rendra ?
— J'ai épousé une héritière, une vraie Lamie. Ne te Tai-je
1 « lllud Menandri de vita hominura simplex et verum et delecûbilë.ï.. » Cf. Manil. Aslronomic. V. 476 : « Qui vitae ostendit
^' 2.°Cf.' Terent. Heaut. II, II, 342 : « Faxo. .. in aurem utramvi» ctiose ut dormias. »
GÉCILIUS.
pas dit? A elle est la maison, à elle sont les champs : je n'ai point de patrimoine ; mais, en place, de tous les fléaux le pire Et ce n'est pas à moi seul qu'elle se montre fâcheuse, mais surtout à mon fils, à ma fille. — Mal sans remède, je le sais par expérience •.
Molière qui avait non-seulement a étudié Plaute et Térecce, » mais encore, selon son expression, « épluché les fragments de Ménandre % » se souvenait-il de ces passages et, par occasion, de l'imitation de Gécihus, lorsqu'il peignait le bonhomme Ghrysale prenant assez timidement la défense de sa servante Martine contre son altière et pédante épouse Philaminte?
Vous êtes satisfaite, et la voilà partie ; Mais je n'approuve point une telle sortie : C'est une fille propre aux choses qu'elle fait, Et vous me la chassez pour un maigre sujet*.
Les fragments de Gécilius ne nous représentent pas seulement de ces vieillards ridicules, que le poëte appelle stultos comicos senes. Le Ghrémès de Térence*, dont le courroux, nous dit Horace ^ a fait hausser le ton à la comédie, y est comme annoncé^ par cet autre père, qui y gourmande en ces termes l'imprudence d'un fils amoureux :
Oui, je suis enflammé de colère, ma fureur est à son comble.... 0 malheureux! 0 scélérat!... que dire? que vouloir? Tous vos déportements me réduisent à ne savoir que souhaiter.-.. Pourquoi vous loger auprès d'une courtisane? Pourquoi ne pas fuir, quand vous avez connu ses charmes perfides? Pourquoi fréquenter une femm.e à qui vous étiez étranger ? Dissipez, mangez tout, que m'importe? Si vous tombez dans la misère, tant pis pour vous. Il m'en reste assez pour passer à mon aise le temps que j'ai encore à vivre ^
1. Voir le texte adopté par M. Dûbner, Menandr. et Phikm. fragmenta, biblioth. grecque de Firmin Didot, 1838, p. 41.