Hor. De artepoet., 93 sqq.; cf. Sat. I, iv, 48 sqq
6. Quintilien cependant {Inst. Orat. XI, i, 39) distingue entre Gécilius et Terence : a Aliter Caecilianus ille , aliter Terentianus pater nngitur. » ^
o.L•?^^ôo?^*^V?x^ ^- ^"eroult, dans le Cicéron de M. V. Le Clerc, z eau, io^7, t. aIV, p. 45.
276 ANCIENNE COMÉDIE LATINE
Nunc enim demum mi animus ardet, nunc meum cor cu-
mulatur ira.
0 infelix, o sceleste !
Egone quid dicam? quid velim? quae tu omnia Tuis fœdis factis facis ut nequiquam velim.
Istam in vicinitatem te meretriciam^ ^ Cur contulisti? Cur inlecebris cognitis
Non refugisti
cur alienam ullam mulierem
Nosti ;;•:••
dide ac dissice,
Per me licebit 'V ' .
Si egebis, tibi dolebit, mihi sat est,
Qui setatis quod reliquom est obleclem meaî .
Cécilius avait imité, avec le Plociwn, beaucoup d'autres pièces encore de Ménandre, leur conservant de même, la plupart du temps, comme, par exemple, pour les Jeunes Camarades, Synephebi, la Nourrice, TKtlie, leur titre grec^ On ne doit pas s'éionner de rencontrer dans les fragments du poêle latin de ces moralités qui s'offrent en si grand nombre et se développent quelquefois avec tant de charme dans les fragments du poêle grec.
1. Frai:m. I, II, ex incert. fahuUs {Asoto? Faj/ana? 7/ymntde? Pausimacho? \oy 0. Ribbeck, p. 62). Cic. Pm Cœlw Wl cf. De /■?n iT, 4). Du mot istam jusqu'à la fin, il est difticile de distinguer avec certitude ce qui api arlient aux vers .le Cécili.s ou à la P rose de Cicéron. On a varie à ce sujet. Des passages de Cécilms et de lérence peut être rapprochée une prosopopée, citée par le grammairien Ctialisius {Institut, oramm., IV, acf fin. 0. Ribbeck, Ex ^ncertis incerto* mm fabxdiSj p. 105) :
si ton père pouvait revenir parmi les vivants, lui qui espérait d'avoir laissé en toi un appui à sa famille, un support à sa maison, ne penses-tu pas qu il te dirait • << Pourquoi te déshonorer, souiller ta renommée, dissiper tel lortune, cet édifice élevé par un si pénible labeur? »
Si nunc redire posset ad superos pater, Qui te tutamen fore sperarat faniilia;, Domuique columen, nonne putas sic diceret : Cur te dedecoras, faniam cur maculas tiiam? Cur rem dilapidas, quam miser extruxit labor?
1. En voici la liste, plus ou moins certaine, d'après M. Ribbeck : Andria' Androfninos ? Dardamis? Ephfsius? Jlymms? Hypohohmans, Imbrii? Karine? Navclerus? Plocium, PvlumeniP Procjamosf StjnaïistusœP Syncphehi, Titthe?
CÉCILTUS.
Ce n'est pas qu*il ait toujours réussi à reproduire ce charme. Aulu-Gelle, dans le parallèle rappelé plus haut, le fait comprendre par un nouveau rapprochement. Chez Ménandre, un esclave surprenant le secret d'une infortune domestique arrivée à son maître, et s'en affligeant, s'exprimait ainsi :
Oh! trois fois malheureux qui, étant pauvre, se marie et a des enfants! Lmsensé, il ne peut pourvoir aux nécessités de la vie, et s li éprouve quelques-unes de ces disgrâces communes a 1 humanité, il n'a pas, pour le couvrir, le manteau de la richesse. Sa vie est nue et misérable, en butte à tous les vents de la tempête; il a sa part des maux, non des biens. L est le sort d un seul que je déplore, mais je m'.adresse à
L'imiiation de Cécilius était bien sèche, et, selon Aulu- Gelle, mêlée de quelque enflure tragique :
Bien infortuné vraiment est l'homme pauvre qui, dans son indigence, élève des enfants. Sa condition, sa fortune, si factieuses quelles soient, apparaissent aussitôt; tandis que le riche peut facilement cacher le déshonneur sous l'éclat de 1 opulence.
Is demum infortunatus est homo Pauper, qui educit in egestatem « liberos, Cui fortuna et res, utut est, continuo patet. iVam opulento famam facile occultât factio *.
Cécilius a été plus heureux dans des vers, restés célèbres, où se débat la vieille thèse des misères et des félicités dé la vieillesse :
0 vieillesse, tu ne nous apporterais pas, quand tu viens, d'autre disgrâce, que certes celle-là seule suffirait, d'être condamné par une longue vie à voir bien des choses qu'on n'eût pas souhaité de voir. ^
Edepol, senectus, si nil quicquam aliud viti Adportes tecum, cum advenis, unum id sat est,
1. D'autres, in egestate, leçon d'après laquelle j'ai préféré traduire. nfb 'u'ITxJ'^^"'' ^^'^- ^^' Philumena, fragm. II. A. Gell. Nocr. amc. Il 23. Non. v Factio : a Factio iterum significat opulentiam aijundanliaui et nobilitatem.... » 0. Bibbeck, p. h, 54.
ANCIENNE COMÉDIE LATINE
Quod diu vivendo, multa, quae non volt, videt*.
La plus grande misère de la vieillesse, c'est, selon moi qu'à cet âge on sent que l'on devient importun à autrui.
Tum equidem insenecta hoc deputo misîrrimum, Sentire ea aetate ipsum esse odiosum alteri*.
Le panégyriste de la vieillesse, dans le traité de Gicéron, Caton n'approuve pas ces maximes de Gécilius ou plutôt prêtées par G^^cilius à des personnages de ses comédies. Il leur oppose l'image, retracée par le même poëte, du vieillard qui étend sa bienveillance au delà de cette vie et plante pour l'usage de la génération prochaine,
Serit arbores, quae alteri saeclo prosint *,
vers touchant, dont les échos, pour ainsi dire, se soi : prolongés jusqu'à nous; par Virgile :
Greffe, Daphnis, tes poiriers; les fruits, tes petits-fils lesrecueilleront :
Insère, Daphni, piros, carpent tua poma nepotes *;
par la Fontaine :
Mes arrière-neveux me devront cet ombra^je :
Hé bien ! défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ? Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui".
Des divers mérites, accordés par les anciens à Gécilius,, celui dont témoignent le mieux ses fragments, c'est cette force, gravitas, qu'Horace lui reconnaissait. Nous pourrions citer de lui bien des vers d'un tour vif et énergique ;
1. Plocium, fragm. IX. Cic. De Senect. VJII. Non. v. Adveîiire. 0. Ribbeck, p. 55.
2. Ephesius, fragm. Cic. De Senect. Vill ; Non. v. Senium. 0. Ribbeck, p. 33.
3. Synephehi, fragm. Cic. De Senect, VII; Tuscul. 1, 14. 0. Rib-
teck, p. 59.