Sat. III, 77-87; V, 189-101. — 6. Slud. crit. p
LUCILTUS.
■demandant si les vers en conteste ne renferment pas une boutade de quelque soldat contre les philosophes qui avaient suivi en Espagne, dans cette expédition de Numance à laquelle Lucilius avait pris part dans sa jeunesse et qu'il a plus d'une fois rappelée, son ancien général bcipion Lmilien.
Je pourrais alléguer bien d'autres passages comme objets nécessaires d'un doute auquel il sera sage de se tenir, tant que quelque découverte nouvelle ne sera pas venue leur apporter la clarté qui leur manque encore. Ces découvertes ne sont pas improbables. Il n'y a pas longtemps* que M. Dubner, à l'aide d'un manuscrit de Probus, collationné par lui à la Bibliothèque royale 2, a rectifié, complété et rendu plus intelligible un dts fragments les plus difficiles à entendre de Lucibus». M. Corpet a pu, à la fin de son volume, consigner dans ses additions et corrections cette acquisition nouvelle, la dernière, je crois, qu'ait faite le texte de son auteur.
Dans ces deux articles particulièrement consacrés à M. Corpet, je semble avoir bien peu parlé de lui. Mais je n'ai pu exposer, comme j'ai essayé de le faire, tout le travail de la critique moderne sur la vie et les ouvrages du créateur de !a satire latine, je n'ai pu signaler les erreurs dans lesquelles Ta quelquefois entraînée une érudition aventureuse, sans faire indirectement l'éloge d'un livre qui résume avec exactitude, dans une notice, dans des notes substantielles, tant d'études et de recherches diverses, qui les corrige, en ce qu'elles ont de hasardé, par une attention constante à séparer les faits des hypothèses, et, parmi <îelles-ci, à distinguer celles que légitiment Tautorilé des témoignages et la vraisemblance, de celles où l'on ne peut voir que de savantes fantaisies.
C'est avec le même esprit de sagacité discrète que M. Corpet a mis en œuvre, pour établir son texte, les
1. Voyez Herue de philologie, de littérature et d'histoire ancienne, Taris, 1840; vol. I,n° 1, p. 22.