Paris, 1827, p. 19 et suivantes
ANCIENNE SATIRE LATINE
unes de ces versions, plas ou moins heureuses, ont offert à M. Gorpet, dans sa périlleuse entreprise, un secours qu'il reconnaît avec une franchise qui l'honore. II eût pu extraire aussi des allusions animt'es de M. Villemain à plusieurs beaux vers de Lucilius, dans les développements pleins d'intérêt par lesquels il a rempli les lacunes de la République de Cicrrou*, plus d'une expression précieuse à recueillir. Ces réserves faites, on peut dire que la carrière dans laquelle s'engageait M. Gorpet était toute nouvelle. Il Ta fournie fort honorablement. Je ne crois pas lui adresser une médiocre louange en disait que sa traduction éclaire heureusement les obscurités du texte dégradé de Lucilius, qu'elle est intelligente, exacte, et généralement élégante.
Sans doute, si, comme on doit le souhaiter, il lui es' donné de publier une seconde fois son travail, de nouveaux soins pourront en faire disparaître quelques imperfections. Certains pas^ageSj particulièrement dans la fameuse déiinition de la vertu, adressée, à Albinus^, dans les princip3s d'orthographe professés en vers technifjues parle poëie*, seront facilement ramenés à un tour plus correct. 11 y aura lieu d'exa.niner si, dans sa cinquième satire, le poète a censuré, chez les gens de la campagne, ce luxe de table, que, dans la pièce précédente, il avait flétri chez les habitants de la ville ; s'il a montré les uns se ruinant en légumes comme les autres en poissons de grand prix. M. Gorpet le dit, après Yan Heusdo *. Mais cela ne ressort pas assurément des paroles de Charisius ^ qu'on allègue à cette occasion : Lucilius in quinto, deridens rusiicam cœnarii, enumeratis multis herbis,
Intybu' prœterea pedibus persepsit equinis^.
Puis la chicorée qui a poussé sous le pied des chevaux.