‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 67 sur 513 · Elrg., IV, I, G9. — 2. Ex Pont., IV, xvi · texte numérisé non relu

Elrg., IV, I, G9. — 2. Ex Pont., IV, xvi

DE L'ÉFOPÉE avant VIRGILE

ET DE l'ÉNÉIDE.

historiques ou mythologiques, et associe ce qui s'y trouvait divisé, donnant par ce mélange, aux faits réels plus d'interet poétique, h la fiction une sorte de réalité, ce poème est comme le dénoument du long travail de l'épopée romaine, que toutefois il ne termina pas.

Dans la grandeur d'une telle conception disparaissent pour moi, je l'avoue, des imperfections de détail que je ne me point, que je relèverai moi-même en leur lieu. Je n'ai voulu aujourd'hui que montrer comment il a été donné h Virgile de produire, h une époque qui n'était plus épique cette œuvre si grande et si rare de l'épopée; de l'épopée artiticielle, je le répète pour me résumer, ayant assez prouvé que .je n'attache à ce mot, lorsqu'il s'agit de Virgile aucune intention de blâme. L'épopée, que, par opposition' J ai qualihée de naturelle, ne pouvait plus denuis longtemps appartenir à la culture sociale de Rome, et elle avait manque même à sa barbarie. Où était-elle lorsque écrivait Virgile.^ Chez les Barbares, dans ces poèmes de haute antiquité que Strabon ^ prête aux peuples de la Bétique: dans ces poèmes que, selon lui \ chantaient les Gantabres sur la croix où les Romains attachaient les prisonniers de guerre et auxquels peut-être se lie un ancien débris de la poésie ^asque.qui parle de leurs longues luttes contre Rome et OctavienS- dans ces milliers de vers dont, selon César, la mémoire des druides gaulois conservait le déoôt*; dans ces annales poétiques qui, selon Tacite, perpétuaient de même au sem des forêts de la Germanie la mémoire du passé et qui, nous dit le même historien, se grossirent sous Auguste du récit des hauts faits d'Arminius«; dans ces chants (lue le mouvement de l'invasion transporla avec les peuples dont ils composaient la littérature sur le territoire de l'empire ou 1 histoire du moyen âge nous en fait quelquefois retrouver la trace ; qu'au cinquième siècle de notre ère, par exem-

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