Virg. , Catalect.j X. — 2. Tac, Ann., 3iiv
VIRGILE ET HORACE
ils s'étaient convenus Tun à Tautre, autant ils se trouvèrent convenir à ce ministre, à ce prince, que le sort avait faits leurs patrons, et dont ils firent leurs amis.
Il s'est conservé d'intéressants témoignages d'une amitié qui rapprochait des fortunes si diverses, et dont l'histoire des lettres n'offrirait point un second exemple. Louis XIV, il est vrai, payait les grands poètes qui illustraient son lègne par des égards délicats, d'un prix bien au-dessus même des marques de sa munificence : mais admit-il jamais Racine ou Despréaux à ce commerce intime et familier qui se révèle dans les débris de la correspondance d'Auguste avec Virgile et Horace *? Cette correspondance, aussi active qu'affectueuse, que n'interrompaient ni les affaires, ni les voyages, venait les chercher dans leurs champs et parmi leurs livres, non-seulement de Rome, mais des provinces éloignées, où de grands intérêts appelaient l'empereur. Il s'y informait, avec un bienveillant intérêt, de leurs travaux. Tantôt, et cela au plus fort de la guerre des Gantdbres, lorsque retentissaient autour du camp romain ces chants barbares que nous avons encore, Auguste trouvait le temps de demander à Virgile des nouvelles de son Enéide commencée, suppliant, menaçant sur le ton de Tamilié, pour que le poêle, qui s'y refusait respectueusement, lui en fît connaître quelque chose*. Tantôt il se plaignait à Horace de ne point rencontrer son nom parmi ceux des heureux correspondants auxquels le poète adressait ses épîtres,
« Sachez, lui mandait-il, que suis facile contre vous de ce que, dans les ouvrages de ce genre, ce n'est point avec moi que vous causez de préférence. Avez-vous peur de vous faire tort auprès de la postérité, en y laissant paraître que vous êtes mon ami? »
Jrasci me tibi scito^ qiiod non in plerisque ejus modi scrlptis mecum potissimum loquaris. An vereris ne opud
1. Dial de Orat., XIII. — Claudian., Epist. ad Olyh., XLI, 28