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VIRGILE ET HORACE. 229
Ac ne me foliis ideo brevioribus ornes, Quod timui mutare modos et carminis artem, Tempérât Archilochi musam pede mascula Sappho, Tempérât Alcasus; sed rébus et ordine dispar, Nec socerum quœrit, quem versibus oblinat atris, Necsponsae laqueum famoso carminé neétit. Hune ego, non alio dictum prius ore, latinus Vulgavi fidicen : juvat immemorata ferentem Ingenuis oculisque legi manibusque teneri^.
Quels étaient les sujets originaux qui S3 produisaient sous ces formes dérobées avec tant de discernement et d'adresse à la muse grecque ? Il serait long de le dire, si leur variété ne pouvait se ramener à un seul, la peinture, l'expression de Rome elle-même. Cette vie pastorale et agricole que Virgile se complaisait à peindre, c'était celle tes anciens soldats, des anciens citoyens de Rome, avant que le luxe n'eût changé ses champs en inutiles jardins, et que la guerre civile, son complice, n'eût commencé autour d'elle le désert qui bientôt l'investit. Le poëte ne dessinait point un paysage, sans montrer à l'horizon la ville maîtresse du monde, dont ses héros champêtres s'entretiennent avec une naïve curiosité, comme d'une lointaine merveille. Ui^bern quam dicunt Romam.,., C'était à Rome encore, à son passé, à son présent, à la puissance et à la gloire dont avait hérité l'Empire, qu'aboutissaient les perspectives fabuleuses et historiques ouvertes dans V Enéide. Les vieilles vertus, l'antique religion de Rome, que des lois, mal secondées par les mœurs, des solennités sans foi, s'efforçaient de ranimer, la réparation des longues misères dont l'avait affligée l'anarchie par un despotisme modéré et tutélaire, les victoires qui, effaçant la honte de récentes défaites, reculaient , assuraient ses frontières, et semblaient garantir la perpétuité de sa domination, voilà aussi ce que célébrait Horace dans des odes magnifiques, auxquelles il ne manque, comme aux poëmes de Virgile, qu'une inspiration plus indépendante de la politique du prince, plus exclusivement nationale et romaine.
Rome dépouille, dans les autres ouvrages d'Horace, sa