Sommer, VI
LA TRANSCRIITION UDMANF.SOIJR X33
cit(^ est son cxcuso et sa plus fçrandr vertu. Son vrai iJieu, celui (|ui lui porir \\\\ amour particulier, et le couM'ille et le console eoiuiue lui lils, t'est le (luis! dr ritvan^ile, le Dieu de douceur, dont le seul K'^Mid ciupiit l'âinr de suavité *. « Heureux ceux qui ont le Ki'Ui pui , (ai ils verront Dieu ' ! » La vie de Perceval illustre cette parole. V^irf^Mual, innocent, IVrceval verra les grands niysti^res ; il est le type de ceux cpii se justifient par la foi, comme Bohort l'est do ceux qui se justifient par les œuvres.
Ces caract(>res nouveaux prêtés î\ des personnages anciens montrent assez clairement l'indépendance d'esprit de l'auteur de la Qitcste et le tour particulier de son imagination. S'il a fait d'Hector, de (iauvain surtout, des réprouvés, c'est, on l'a vu, par principe ; ils étaient de brillants chevaliers de romans, c'en était assez pour les damner. Pourquoi Lancelot, dont le passé littéraire est si analogue, ne subit-il pas le même sort ? pourquoi l'auteur l'a-t-il ( lioisi conuiie type des pécheurs repentants ? Sans doute, puisqu'il voulait de toute évidence accrocher la Quesfe au roman de Lancelot ^, il ne pouvait guère donner à ce héros fameux un rôle tout à fait fâcheux comme à Gauvain. Et puis il avait, à ce qu'il semble, subi comme tant d'autres le charme du beau conte et trouvé que Lancelot portait malgré tout assez de noblesse d'âme dans ses égarements pour mériter d'en sortir un jour. Il en vint ainsi à chercher un moyen de concilier l'estime qu'il voulait qu'on eût pour le caractère de Lancelot avec la réprobation qu'il devait attacher à ses fautes. Le meilleur moyen lui parut être de le convertir, et de lui faire garder dans sa vie nouvelle la grandeur et la faiblesse qui avaient ensemble illustré et gâté la première. De là est sorti ce nouveau caractère de Lancelot, où l'on voit que l'invention méthodique
1. « Onques puis que vos venistes devant moi ne senti mal ne dolor, ne plus que se « je onques n'eusse plaie. Ne encore tant come vos parlez a moi n'en sent je point ; ains « me vient de vostre parole et de vostre regart une si grant dolcor et .1. si grant assoua- « gement de mes membres que je ne croi pas que vos soiez hom terriens, mes esperi - « teus... » Sommer, VI, 8::.