Ibid., 189, j. Ibid
94 la QUESTE DEL SAINT GRAAL
30 La dernière scène se déroule à Sarras. Devant le Saint Graal paraît
« un bol home vestu en scmblance de evesque, et estoit a « genolz devant la Table et batoit sa çolpe et avoit entor lui « si grant plcnté d'angleres corne se ce fust Jhesucrist meisme. « Et quant il ot esté grant pièce a genolz, si se leva et comença « la messe de la Glorieuse Mère Dieu ^. »
Lorsqu'il arrive « el segre de la messe », il invite le héros à contempler dans le Saint Graal des mystères indicibles, puis il donne la communion.
Dans ces trois passages, c'est manifestement la même scène qui est décrite, avec des variantes de forme. Essayons d'en distinguer la composition et les éléments.
C'est d'abord, et essentiellement, une messe miraculeuse. Le célébrant est un personnage surnaturel, vêtu du costume épiscopal et entouré d'anges. Il arrive n^ême qu'au cours de l'Office le célébrant change, et que ce soit Jésus lui-même, tout sanglant (lu sacrifice, qui l'achève en renouvelant la communion apostolique. Enfin, au moment de la Consécration, les trois personnes divines apparaissent et participent au mystère de la Transsubstantiation, qui s'opère de façon visible. Ainsi cette scène prodigieuse est la combinaison de trois thèmes : une liturgie céleste, une communion apostolique, un miracle de la transsubstantiation. Qu'est-ce que ces thèmes et d'où viennent-ils ?
La Divine Liturgie. — D'abord la Liturgie céleste. C'était pour la pensée chrétienne une idée toute naturelle, et qui s'exprirna de bonne heure, de supposer que les personnes célestes s'associaient aux cérémonies religieuses qui commémorent sur terre le sacriftce du Christ. Les souvenirs de la vie. de Jésus, de la Cène, de la Passion, certains passages de rÉcriture, comme le verset célèbre du Psalmiste : « Tu es sacerdos in aeternum « seçundum ordinem Melchisedeçh ^)\ si longuement comnaenté par saint Paul ^, concouraient à établir l'idée que Jéus était à la fois prêtre et victime, et répétait éternellement son sacrifice