II. — - Les deux cultes
Reprise graduelle du culte catholique. — Concession de certaines églises à des religieux. — Epuration du clergé séculier : procédures contre les prêtres mariés, retour ou fidélité d'une majorité
1 Arch. mun. de Montpellier, CC, Command. do 1564, au 7 février (a. st.). - Bibl Nat'., fr. 18.156, f° 138 v°.
imposante de chanoines. — Le culte calviniste ; ses lieux d'exercice. — Les ministres ; La Chasse, discrédité pour son rôle dans les troubles, quitte la cille. — Librement pratiqué, mais non favorisé, le calvinisme subit un déchet numérique graduel.
Le jour même de l'entrée de Damville, la reprise du culte catholique avait été inaugurée à N.-D. des Tables par un Te Deum. Il eu fut bientôt de même pour l'église paroissiale Saint-Firmin, où l'on voit le Chapitre tenir ses séances dès le 23 novembre '. Ces deux édifices, ayant servi aux assemblées calvinistes, avaient été épargnés ; même les cloches y étaient restées, certaines du moins5. Il fallut cependant y faire des restaurations3. On s'occupa ensuite de la Cathédrale : chœur, toiture, cloîtres, chambres. La cloche, enfoncée dans le sol devant la porte, fut réparée, remontée à sa place et, du métal encore restant à l'Hôtel de Ville, on fit fondre d'autres par Jean Pailhaut, de Carcassonne4. L'évêque put faire l'ordination vers la mi-décembre 1564 5, et la fête de Noël être célébrée avec une grande solennité, le roi et la Cour étant alors k Montpellier. 11 fut enfin décidé, pour le service de la paroisse de Montpelliéret, de clore le cimetière Saint-Denis et. dans l'église, de fermer et couvrir la chapelle de droite, afin d'y célébrer les messes des dimanches, lundis et fêtes 6.
Donner un asile aux religieux, en les utilisant pour le service et par là attirer les aumônes des fidèles pour restaurer les édifices du culte, tel fut le but de l'Evêque, lorsqu'il concéda aux réguliers les églises urbaines. Son autorité spirituelle s'appuya sur celle de Damville. C'est ainsi que les Gordeliers furent mis à Saint-Paul7. Ils avaient alors pour
1 Arch. de l'Hérault, <l, Baux du Chapitre cathédral, f°» 374 et 378. - Chroniques et Documents, p. 96.
3 Dilib. du Chap. cathédral du 4 décembre 1504.
4 Délib. du Chap. cathédral des 2 octobre, 20 novembre 1564, 21 mai, 17 et 24 septembre 1505.
5 Délib. du Chap. cathédral du 20 novembre 1564.
,; Délit), du Chap. cathédral des 15 et 17 septembre 1564. 7 Chro)iiqt<es et Documents, p. 107.
gardien le P. Arnaud Garbonasse1. Le P. Pouzaire ramena les Dominicains, lesquels reçurent l'église Sainte-Foy, dès le mois de novembre 1563 2. Les Augustins allèrent à Saint- Matthieu3; les Carmes, le 25 mai 1564 4, à Sainte-Croix \ et on leur permit de faire communiquer cette église avec une chambre de la Canourgue 6.
Tous ces ordres continuaient comme par le passé cà fournir (\t'^ prédicateurs aux trois églises principales, ce qui n'empêchait point d'en appeler de séculiers et du dehors7. Le plus célèbre est, sans contredit, Pierre Charron, qui devait par la suite acquérir une grande notoriété surtout comme philosophe. 11 fut engagé en qualité de théologal et prédicateur par l'évéque de Montpellier, et prit occasion de sa présence dans cette ville pour s'inscrire et se faire graduer à l'Université de Droit 8.
Quoique plus lentement que les ordres mendiants, d'autres revinrent aussi.. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem remirent en état leur église urbaine du Petit-Saint-Jean, où notamment deux cloches neuves furent placées en 1567°. Le 8 janvier 1566, Jacques Soque, commandeur de la Merci, donnait à prix-fait à bâtir, sur son ancien emplacement, une maison à trois étages avec porte pour communiquer avec
1 Le 7 juin 1564, il arrentait comme tel à un jardinier tout l'enclos de la Grande-Observance, à l'exception du cimetière (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Pierre de Ganges, reg. 88, f° 104).
- Requête à Damville, appointée le 13 novembre 1563 ; autre, appointée le 2 mai 1561; autre, appointée le 25 octobre 1531 (Arch. de l'Hérault, H, Frères-Prêcheurs de Montpellier). — Chroniques et Documents, p. 107.
A Chroniques et Documents, p. 107.
'* Arch. de l'Hérault, H, Cannes du Palais : livre de recettes.
'' Chroniques et Documents, p. 107.
H Délib. du Chap. cathédral du 20 septembre 1566.
7 Délib. du Chap. cathédral, passim. — Nommément le 26 septembre 1565 on parle d'un « de Vella », religieux, résidant à Avignon.
* L. Guiraud, Le séjour de Pierre Charron à Montpellier dans Bulletin philologique et historique (1913, pp. 112-118).
:) Enquête du 3 août 1568 (A. Villemagne, Les Hospitaliers ù Montpellier dans Revue historique du Diocèse de Montpellier, 3'' année, pp. 43 el 11 .
l'église et une autre sur la rue '. De même les collègues séculiers s'accommodaient de leur mieux : ceux du Palais restaurant leur chapelle -, probablement aussi ceux de Sainte- Anne 3, tandis que ceux de Saint-Sauveur, à qui Notre-Dame servait d'asile 4, contractaient emprunt « pour employer aux réparations et pour relleverles murailhes dud. Sainct Saulveur, démolies durant le temps des troubles » 5.
Il ne faudrait point croire que les femmes restassent en arrière du mouvement. La prieure de Saint-Guillem ou des Prouillanes, qui se nommait Lionne de Montcausson, fut des premières à rassembler sa communauté. On peut même penser qu'elle était restée en ville, car, dès le 21 mai 1563, elle fait acte de possession6. Mais, son couvent ayant été détruit, elle adressa requête à Damville peur lui remontrer que le monastère Sainte-Catherine situé in/rà muras serait certes assez grand pour abriter les deux communautés. Le gouverneur de Languedoc lui permit le 18 mars 1564 d'y demeurer, et elle s'occupa des réparations à ce nécessaires. Là-dessus intervint la prieure de Sainte-Catherine, Claude de Borne, qui également recourut à Damville pour être réintégrée dans son bien. De fait il fut enjoint à Lionne de Montcausson de sortir dans un délai de trois mois. Elle différait de s'exécuter et cependant agissait7. Ses arguments ne manquaient pas de valeur, en ce temps exceptionnel. Elle finit donc par obtenir du roi, à même d'avoir vu sur place, une maintenue en possession de la moitié du monastère Sainte-Catherine 8. Néanmoins, aussitôt qu'elle le put, des aumônes recueillies,
1 .Min. de Jean Portai, étude Blain, reg. de 1566, f° 15. - Arch. de l'Hérault, B, Cour des Aides : requêtes, délégations, affaires de 1555 à 1615, au 28 février 1565.
3 Puisqu'elle sera ruinée en 1568.
4 Délib. du Chap. cathédral du 13 août 1566.
5 Obligation du 13 avril 1565 (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Matthieu Aniargier, reg. 89, f° 26).
0 Ibid., reg. 88, f° 34.
'• L. Guiraud, La Paroisse Sainte-Denis à Montpellier, pp. 128 et 129. x Lettres-patentes de Charles IX du 28 décembre 1564 (Arch. de l'Hérault, II, fonds des Prouillanes).
elle fit construire une petite chapelle et une maison •'. Quant aux Glarisses, Damville leur accorda « la chapelle et meson
S1 Nicolas » -, cà la rue Aiguillerie, où elles se retirèrent en paix, toujours sous le priorat de Raymonde de Sobeyras 3. L'épuration du clergé séculier était, en même temps, vigoureusement poursuivie. La question la plus délicate fut celle des prêtres mariés, qui donna lieu aux réclamations des catholiques 4 et aux efforts des calvinistes au moins en faveur de ceux qui étaient devenus ministres 5. Finalement une telle catégorie de transfuges ne retira de sa conduite aucun avantage 6. A Montpellier l'évêque s'était préoccupé d'exercer contre eux des poursuites 7. Dès que le mode en eut été arrêté par les Etats d'octobre 1564, il proposa à son Chapitre de s'unir à sa propre action, ce qui fut décidé 8. A l'égard des abjurants non mariés, et qui étaient la très forte majorité, un retour était possible. Pour la plupart il se produisit, et ceci a été déjà indiqué v. Mais on a vu qu'il fut
1 Lettres-patentes de Charles IX du 25 juillet 1509 (Arch. du Pari, de Toulouse, Edits, reg. 9, f° 228 v°).
- Lettres-patentes de Charles IX du 25 juillet 1569 [Ibid., f° 232).
3 Arch. de l'Hérault, G, not . du Clergé : Matthieu Aniargier, reg-. 89, f° 80.
4 Remontrances à la suite des Etats de Languedoc de décembre 1563 (Hisloirc de Languedoc, t. XII, c. 727, n° 274, art. vin). — Instructions pour Rancogne Ibid., c. 749, n° 277, art. xix). — Réponses de la Cour [lbid., t. XII, e. 727, n° 274, art. vin, et Bibl. Nat., fr. 18.156, f» 27 v°, arrêt du Conseil du 27 février 1564).
C'est exactement que les Bénédictins avaient daté de 1564 les remontrances des catholiques à la suite des Etats. Dans la réédition Privât, M1' Roman a cru devoir corriger : 1566. Or la mention de décembre comme date de l'assemblée est décisive, celle de 1565 s'étant tenue en octobre. De même cette réponse : ci quand on aura vu sur les lieux », fait allusion au voyage projeté du souverain.
s Histoire de Languedoc, t. XII, c. 738, n° 275 ; Bibl. Nat., fr. 18.156, f° 32, arrêt du Conseil du 3 mars 1564, et f° 122, arrêt du 28 août 1565.
6 En renvoyanl la décision sur leur cas à un synode national ultérieur, celui du 1er septembre 1567 conseillait à leurs femmes de ne point pratiquer la vie conjugale (Aymon, t. Pr, p. 77).
7 Délib. du Chap. cathédral du 5 septembre 1564.
x Délib. du Chap. cathédral des 25 octobre et 6 novembre 1564. ;' Voir pp. 295 ii 298.
ou très spontané ou bien mérite. Si en exclure toute vue d'intérêt pécuniaire, — maintenant qu'une réintégration canonique devenait nécesssaire pour jouir des bénéfices, — serait peut-être exagéré, les conditions de misère ou de violence où s'était faite l'abjuration forment compensation. D'ailleurs, dans le Chapitre ainsi réorganisé, le nombre des chanoines réconciliés restait de beaucoup inférieur à celui des fidèles, dont voici l'énumération, dressée sur les documents capitulaires d'avant et d'après les troubles *.
Léonard Aguillon, prévôt.
Raymond de Bosc, reçu avant le 15 décembre 1560.
Gaillard Constant, venu de Saint-Benoit.
Jean Domergue, archidiacre de Castries dès 1559.
Pierre Domergue alias Dominici, venu de Maguelone.
François du Puy de Montmoirac, reçu avant 1550.
Michel Engarran, reçu avant 1549.
Antoine Garsebail, reçu le 8 avril 1539.
Milan Gavaudan, nommé le 22 avril 1557.
François Isnard, venu de Maguelone.
Jean Jaufredi, reçu avant le 17 juin 1560.
François de Lauzelergues. reçu avant 1530.
Tannequin de Lauzelergues, nommé le 7 avril J555.
Antoine de Lavergne, nommé le 10 septembre 1549.
Jean Lebas, venu de Maguelone.
Ozias de Malbosc, venu de Maguelone.
Laurent Matthieu alias Mathey, reçu avant 1500.
Pierre Mourgue, reçu avant 1550.
Pierre de Nogarède, archidiacre-mage, venu de Saint-Benoit.
Guillaume de Pelet, nommé le 1er mars 1552.
Guillaume de Pignan, venu de Maguelone.
Jean Plantade. nommé le 20 mars 1553.
Pierre de Ratte, venu de Saint-Benoit.
Charles de la Roque, nommé le 16 mars 1557.
1 Délib. du Chap cathédral, passim. — Syndicat des chanoines en vue de la sécularisation du Chapitre (Arch. de la Haute-Garonne, E, cahier de 50 fi*, papier, expédition du notaire Guill. Jaymar). — Bulle de sécularisalion de 1536.
Jean Roussel alias Rosselli, reçu avant 1550.
Jean de Sala, venu de Maguelone.
Jean Trial, nommé le 20 avril 1561.
Pierre Trial, nommé le 25 septembre 1561.
Et il ne faut pas croire que ces chanoines le cédaient en rien à leurs collègues passés définitivement ou temporairement au protestantisme : sur ces vingt-huit, treize au moins sont de famille noble d ; trois étaient magistrats 2 ; huit exercèrent la charge de recteur à l'Université de Droit 3, et six autres y étaient également gradués*. Nombre d'entre eux avaient des talents, des titres : François de Lauzelergues, prieur de Saint-Bauzille de la Sylve, était bon prédicateur 5 ; François Isnard et Tannequin de Lauzelergues étaient protonotaires apostoliques °. Quelques-uns se distinguent par une piété toute particulière : tels le même Isnard, qui voulait reposer après sa mort au pied de la stalle où il avait prié 7, et le même François de Lauzelergues, qui avait pris pour devise la parole de l'Apôtre : Dum tribulor, fortior sum 8, et encore Laurent Matthieu, toujours préoccupé de sauver les reliques des saints ;).
1 A ceux qui ont la particule, il faut joindre Garsebail, qu'on appelait aussi Recoules, car sa famille possédait cette seigneurie en Rouergue, et Isnard, d'A\ ignon.
- Aguillon, général à la Cour des Aides ; du Puy et Lebas, conseillers au Frésidial.
ri Jean Dpmergue, Gavaudan, François et Tannequin de Lauzelergues, Guillaume de Pelet, île Rat te, de la Roque, Pierre Trial (voir pp. 25 et 2(3).
4 L)u Puy, de Lavergne, Mathey, de Nogarède, de Pignan, de Sala.
5 On le voit prêcher souvent (Délib. du Chap. cathédral, passim.)
6 Pour le premier, le fait est prouvé par son testament du 2 août 1561 (Arch. de l'Hérault, G, not. du Clergé : Guillaume Solier, reg. 107, f° 58) ; pour le second, par son écusson de rectorat en 1547 (Arch. de l'Hérault, G, IV, 70).
7 Voir note 6.
8 Autour de son écusson de rectorat.
n II l'avait fait lors de la prise de la Cathédrale (voir p. 20(3, note 2). — En 1567, réfugié aux Martigues, son pays natal, où il mourut, il y avait emporté des reliques appartenant au Chapitre, lequel les récupéra bien plus tard (Délib. du Chap. cathédral du 19 mai 1597 et pièces de comptabilité de 1598 : compte de Nogarède).
Quant aux calvinistes, nous les avons laissés réinstallés à la Grande-Loge et à l'Ecole-Mage, lieux publics qu'ils évacue. rent à l'arrivée de Damville : le 8 novembre 1563, on marie à la maison de Formy ', rue de l'Aiguillerie, près la Grande- Loge ; le 21, chez Tuffany -, c'est-à-dire à l'ancienne Cour du Bayle ; le 9 juillet [~jG\, on baptise «au Catéchisme » 3. Et ces trois lieux de culte, exigus d'ailleurs, surtout le premier et le dernier, sont, en effet, visés dans la requête par laquelle les calvinistes demandèrent à Damville permission d'acquérir le deuxième. 11 l'accorda le 1er septembre 1505, et le contrat d'achat fut passé h; 14 octobre *. L'extrême voisinage de la maison Formy avec l'église Notre-Dame excita les plaintes des catholiques 5 ; rien ne prouve cependant qu'on ait donné raison à ceux-ci.
Une autre préoccupation des réformés fut de se procurer un cimetière. Il semble que tant les protestants que les catholiques devaient souhaiter la séparation des sépultures. Mais c'est la liberté des cortèges quant au nombre, soit pour ce genre de cérémonie soit pour les baptêmes et mariages, que les premiers désirèrent surtout (;. Une libéralité de François des Ursières, seigneur de la Vaussière etCastelnau, leur procura, dès la fin de l'année 1565, un cimetière hors et près la porte de Lattes, à gauche en sortant ~.
Des ministres, qui avaient été jusqu'à quatre, deux avaient disparu : d'Anduze, revenu de Genève en septembre 1563, assez inopportunément ; La (masse, qu'on voit encore présent le 28 novembre 8, et qui se retira certainement devant
1 Arch. mun. do Montpellier, GG, 315, f° 41.
2 Ibid., f» 41.
:î Ibid., 314, f° 89. — Maison Lagarde (Voir note suivante) ou de Combas (rubrique postérieure du reg. 314).
* Arch. Nat., TT, 256 b.
5 Chroniques et Documents, p. 399.
11 Ibid., p. 399.
7 La donation du 24 octobre 1565 fut enregistrée le 19 décembre au Sénéchal de Beaucaire et Nimes. Le donataire se réservait, pour lui et ses descendants, le droit de choisir remplacement de leurs tombeaux (Corbière, Histoire de l'Église réformée de Montpellier, pp. 75 et 76).
« Arch. mun. de Montpellier, (10, 314, f° 77.
318 LA RÉFORME A MONTl'EI.I.IER
l'animosité de ses coreligionnaires même, dont certains l'accusaient d'avoir provoqué tous les troubles. Son départ, en effet, coïncide avec l'entente du 5 décembre, qui se manifesta par la création d'une commission municipale mixte, et l'on sait, de plus, que son retour, le 23 novembre 1564, fut l'objet d'un vif incident. Les consuls catholiques avaient défendu de le laisser rentrer. Mais il obtint des lettrespatentes l'y autorisant, dont Jean de Bouques, seigneur du Pous et président au Présidial, fut l'exécuteur. Justement depuis l'avant-veille, Simon Fizes, le secrétaire d'Etat, était arrivé à Montpellier pour s'occuper des préparatifs de la venue du roi. Informé et sollicité par le juge-mage, par les consuls et par des notables, il interrogea de Bouques, il enquêta officieusement et, convaincu par l'opinion de protestants de marque, il conseilla à la reine de faire tenir La Chasse éloigné pour quelque temps et aux calvinistes de se contenter des autres ministres, dont les catholiques ne se plaignaient point. Mais de ce côté-là il ne put rien obtenir, si ce n'est la promesse qu'il n'y aurait point de troubles et qu'en définitive on obéirait au roi, s'il persistait dans son refus *. Le culte calviniste était donc, simultanément au catholique, ouvertement célébré, Philippi en témoigne -, et les documents le confirment. Mais il ne fallait plus compter désormais sur la faveur ni les subsides municipaux, et, en perdant sa situation privilégiée, le calvinisme subit plutôt un déchet numérique graduel, malgré l'optimisme du chroniqueur cité :i. La statistique suivante des baptêmes * et les indications permettant d'en comprendre les oscillations, rendront ce fait plus sensible.
1 Lettre de Fizes à la reine du 24 novembre 1564 (Bibl. Nat., fr. 15.880, fû 335).
- Chroniques cl Documents, p. 109.
3 lbid., p. 109. — Il est vrai que Philippi, redevenu catholique, a supprimé cette assertion.
4 Arch. rnun. de Montpellier, GG, 314 et 310.
ANNÉES