Première apparition de V hérésie à Clermont
« L'occasion est trcj) favorable... de rapporter ici à la gloire des chanoines de Clermont... ce qu'ils firent un peu avant le milieu du seizième siècle contre l'Heresie de Luther, qui commenroit à se communiquer dans la Province, outre ce qw nous avons déjà dit par anticipation touchant leur zèle extrême pour l'extinction de la doctrine de Calvin, cjui y avoit déjà pris de fortes racines presque depuis ce temps là jusqu'à la fin du nrême siècle.
« Un peu avant cjue l'on vit paroitre en Auvergne l'Hérésie de Calvin, on y surprit un livre scandaleux où l'Auteur avoit eu la témérité d'insérer une erreur contraire à ce que l'Eglise propose à croire aux fidèles dans la prière appelée ordinairement VAvc Maria.... ; ce méchant livre étant tombé entre les mains d'un chanoine de Clermont il en porta sa plainte à l'Assemblée capitulaire du 21 may 15;i5 : dans laquelle le cha-
(1) Ce récit, chose assez bizarre, no vient dans V Apologie qu'après tout ce qui est relatif au dévelopxicmont du calvinisme jusqu'en 1554. Nous replaçons ici ce passage à sa date.
pitre et pour la cwiscrvaliots de la Religion catholique et pour la réparation de l'injure faite contre le respect qu'on doit à la Vierge... y ordonna deux choses fort justes et fort édifiantes :
» 1. Que ses deux Balles ou Syndics confereroient avec MM. les vicaires généraux de Mre Guillaume Duprat leur évcque pour empêcher le cours de cette doctrine hérétique dans le Diocèse,
« 2. Que ces deux Syndics leroient incessamment une perquisition très exacte de ceux d'en'.re les Ecclésiastiques et officiers de sa jurisdiction, qui se trouveroient saisis de ces ouvrages pernicieux, ou qui seroient suspects d'en tenir les sentimens afin de les punir suivant qu'ils l'auroient mérité.
« Ces deux Ordonnances furent exécutées avec tant d'exactitude et de succès, que le Luthéranisme fut aussitôt étouffé, et dans la ville capitale et dans tout le diocèse, qu'il y avoit osé paroître... car nous n'avons pas le moindre vestige d'aucun progrès qu'il ait. fait dans cette Province (1).
<i Voici l'acte de nos Registres, qui nous a instruit de cette erreur scandaleuse, et de la vigilance extrême du chapitre de Clermont pour l'exterminer dès sa naissance :
« Lunas 24 Maj an. lôSô. Domini D. infra scripti... circa errorem relatiim pcr D. Caroliim Coustave et repertum in Oratione Angelica Virginis Mariie, Domini D. supra nominati ordinaverunt D. Bajulos Ecclesiœ habere con/crentiam cnni Dominis de consilio Reverendi D. Episcopi, et pcrquirent pênes subditos capituli si qui sint habentes libros erronées, et illos saisire, nt super hoc possit ordinari, quod juris juerit.
" Cette conclusion capitulaire ne marquant pas le titre du livre ni le nom de l'Auteur, et ne faisant simplement mention en général que d'une erreur trouvée dans l'oraison, que nous appelons ordinairement l'Are Maria..., il y a tout sujet de croire, que si ce méchant livre n'est pas un ouvrage de la façon (le Luther même, il est infailliblement d'un de ses disciples qui avoit pris ou puisé cette eiTcur dans les écrits empoisonnés de cet Hérésiarque son Maître (2). »
(1) C'est le luthéranisme proprement dit qui, d'après Majour, ne fit aucun progrès en Auvergne, car il parle du développement du calvinisme.
(2) Tous les livres hérétiques condamnant le culte de la Vierge, il nous est difficile de déterminer celui qui fut condamné par le chapitre.
§ 2. Affaire des plaeards.
« Nous allons monlrer ici en i)cu de mots comme sous les règnes malheureux d'Henri II et de Charles IX, la Religion catholique, chancelante en Auvergne, a trouvé dans Fillustre corps des chanoines de la cathédrale de Clermont des défenseurs habiles, vertueux, infatigables pour la conservation de la foi orthodoxe contre les efTorts de l'Hérésie naissante de Calvin, qui alloit infailliblement communiquer son venin à toute la Province, sans leur secours, sans leur vigilance.
« Les disciples de cet Hérésiarque, qualifiés par nos anciens Registres du nom de nouveaux Luthériens, multiplioient tous les jours à Clermont où ils s'insinuoient... en s'introduisant finement dans les maisons des particuliers, afin de répandre en secret le venin de leur Doctrine...
« Cette politique ordinaire aux Hérétiques de tous les siècles était mise en usage à Clermont avec d'autant plus d'artifice, que ces Novateurs craignoient et savoicnt que dans le corps du chapitre Cathédral il y avoit grand nombre de sages, doctes et zélés défenseurs des vérités orthodoxes, capables de réfuter en public et à leur confusion les erreurs qu'ils ne débitoient qu'en cacheté...
« Dans le tems que ces ennemis de la vérité n'osoient pas encore exposer au jour leurs dogmes, ils affichèrent de nuit à la croix, de la grande place de Clermont, au devant de la Cathédrale, un Placard scandaleux contre la vérité du très Saint Sacrement de l'Autel, et contre l'adoration légitime qu'on lui doit, qu'ils qualifioient du nom d'idolâtrie, aïant affecté exprès de mettre cette affiche impie la nuit du mercredi au Jeudi saint, jour de l'Institution de cet Adorable Sacrement.
« Cette impiété étant venue à la connoissance du chapitre, le Syndic fit tenir une assemblée extraordinaire le lendemain, jour du Jeudi-Saint de l'année 1515 (1), pour chercher les
( 1 ) Il y a ici, évidemment, une errem* d'impression : l'Acte t^apitulaire cité plus loin est de 1548,
moyens de pouvoir découvrir l'Aulcur de ce; horribles blasphèmes : et pour cchi on célébra dans la Nel de l'Eglise une ]\Iesse du Sainl-Es])ril, afin c)ue jiar ses lumières en pût obtenir la révélation des Auteurs de ce Placard scandaleux : on fit ensuite une procession générale où assistèrent tous les corps ecclésiastiques, séculiers et réguliers ; en laquelle on porta avec toute la solennité et toute la dévotion possible le très saint sacrement ; afin que les véritables fidèles rendissent à Dieu, caché sous les Espèces sacramentelles, l'honneur que ces hérétiques avoicnt tâché de lui ôter par cette a'riche impie.
Capilnliim (jcncntlc cchhmlum die Jouis saiicla in Cœna Domini 29 Mariij Ann. Domini 1Ô4S IJ. D. inlra scripti... juenint de iiovo conijregali rcdione scandali proccdeniis ex ajfixione du Placard in Crnce Claromontensi.
Ordinaverunt propter d'ctiim scandaliuu cl ad habendam a Deo revelaiionem de affixione dicli Placard, quod Domini D. Canonici ciim habiiuatis hujusmodi Ecclcsiae et cdianini Ecclesianun hujus ciL'itatis hodie post tenebrcis c.ccedeirt piocessioiinaliter ad onincs Ecclesiets hujus ciinlaiis canlando Lilaniam, et i-esponsoria, prout succentori vidcbitur, et in qnalibct Ecclcsia canlorcs cimi pueris cantcdninl, <) salut aris Hostla, et D. Hebdomadarins dicct Oraiiones, Deus cjui nobis sub Sacramento ... et Deus qui errant ibus, et die Lunée proxima ordinaverunt quod Missa de Sancto spirilu celebrabitur solemniter in navi Ecclesise, et post dictarn Missam pet prœdiccdio.in qua per concionedoicm fi\e]t expositio dicti scandali et finilo sermonc fiet Processio gcneralis in qua deferclur sanctissinnim Eueharistia; sacramcntiun cuni jnaxinia reverentia.
§ 3. Le chapitre demande l'expulsion des calrinistcs
1 Comme cet Auguste chapilrc étoit justement persuadé que le venin de la doctrine héréticiue, aïant une fois infecté la ville capitale, il se communiqueroit facilement à toute la province, il se crut obligé de faire des sommations juridiques par un Notaire aux Consuls... et aux autres Magistrats de Clermont de faire les diligences nécessaires pour la découverte et pour l'expulsion des Calvinistes qui s'y tenoicnt caches.
« Die 2 decembris anno Doinini i-5-5'.', /;. Jj. infra scripli... Su])er fado deduclo in capitula contra Lntlirranos existenles in prsesenti civitatr coniniiseriinl Dominns iJoiistre et de Porta ad cofiferendiini de dicta jacta cum Domino vicario et aliif; Officiariis Reverendi D. Episcopi, ac consulibus prœscnlis civitatis, et illos respective sununabunt, et de siimmationibiis jdcti>; in pisescnlia Notarij et tcstium instriimcntuni requirent.
it Nous ne voïons point quel fut ce fait commis par les Calvinistes, qui donna sujet au chapitre de Clermont de faire ces sommations, tant aux consuls et autres Majiistrats de la ville qu'aux of liciers de M. l'Evéque, alors comte de Clermont...
.: § 4. Vol de la custode ^ \ [ F [ [ F £
~ ;(1554)(1).§ ^ ' ~L LL^f^ L'T
« ... Ces enfans de ténèbres se tenant toujours cachés dans Clermont, y commirent quelques années après un crime encore plus hori'ible que celui du Placard, puisqu'ils osèrent mettre leurs mains sacrilèges, durant la nuit du 20 au 21 mars 1554, Sttr la custode, suspendue au milieu du Maître-Autel de la Cathédrale, dans laquelle étoit enfermé le corps adorable du Fils de Dieu sous les espèces sacramentelles : et qui pis est, lis jetterent à terre les Saintes Hosties, qui y étoient religieusement conservées pour être portées en viatique aux malades.
<t ... Nous voions par une délibération du 21 mars 1554 que le Chapitre, après avoir fait durant quelques jours des Processions particulières dans l'enceinte de son Eglise, en ordonna une générale par toute la ville : en laquelle on porta dans les rues tapissées et en très grande solennité le très Saint Sacrement où tous les ecclésiastiques, tous les autres assistans laïques de l'un et de l'autre sexe, portoient à la main un Cierge ou Flambeau allumé ; afin de marquer par cette lugubre cérémonie qu'ils faisoient tous amende honorable à Dieu pour Toutrage fait à sa Majesté par les auteurs de ce larcin sacrilège.
« Domini D. capitulantes expresse convocati, et congregati ad providendum super jurto nejando, scandaloso et sacrilego nocte
(1) J'ai ici encore rétabli l'ordre chronologique. Dans l'Apologie, ce passage vient avant celui que je cite au § 3.
praeterita per aliquos fidei catholicse inimicos, qui fitrati fuerunt vas ciistodiœ Sacraiissimi FAicbariatiie Sacntmenti ciim Sacris Hostiis in eo exislentibiis in maç/num scandaliini totius Ecclesix et Christianorum, commiserunl ad prosequendiim dictum negocium videlicct Dominos D. Bajiilos ciim D. D. de Porta, de Valens, Mauguin. du Fayet, Thierry et Mondor, qui omni via et diligcntia quilnis valebunt, et eis videbitur fiendum, perquirant veritatem dicti Acti, et Sacrilegos Commissores Hlius ; et ad iniplorandnm super hoc divinum auxiîium, id facianl prsedicare per concionatorem populo, et ipsum populuni incitare ad orandum Deum pro habenda revelatione Sacrilegorum, qui prœdicium Acium commiserunt : et ordinaverunt hodie, et scquentibus diebus usque ad Dominicam diem illico post sermonem, Processionem fieri per civitatem, et in illa dejcrri Sacramentum Eucharisties, ut in die corporis Christi : in qua omnes viri Ecclesiastici lumen défèrent videlicct cereos, vel ad minus candelas ceras in sequendo dielam processionem.
« Après que ces Hérétiques, encore cachés dans Clermont, ont osé s'en prendre par ces deux attentats au corps même adorable Jésus-Christ (sic), et à l'honneur qu'on lui doit rendre sous les Espèces Sacramentelles dont le seul récit fait horreur aux Ames véritablement Chrétiennes... on ne sera pas surpris des \iolences extraordinaires qu'ils ont publiquement exercées, lorsqu'ils se sont crus les plus forts, et qu'ils ont levé le masque contre les catholiques (1).
§ -5. L'école, le livre et la Réforme.
« Vo'ions... comme le chapitre de Clermont a emplo'ié utilement pour l'avantage de la Religion catholique contre les efforts du calvinisme, cette grande autorité qu'il avoit sur les Ecoles publiques...
(1) Dans les pages qui suivent (228 et ss. ), Majeur raconte les guerres de religion en Auvergne, en "les interprétant comme une lutte des hérétiques contre le chapitre. Citons, à la date de février 1565, des plaintes adressées parle chapitre aux consuls, au sujet des calvinistes qui ont procédé à « l'enterrement d'im de leurs sectaires avec quelque solennité, dans un verger hors la ville. »
« Comme l'histoire et une funeste expérience ne lui avoient que trop appris qu'un des artifices les plus ordinaires de Novateurs étoit de corrompre les maîtres d'IÀ-oles, et les principaux ou regens des collèges de plein exercice, qui éloient chargés ilc l'instruction de la jeunesse, afin de lui inspirer insensii)lement leur fausse doctrine par l'occasion et sous le prétexte spécieux que de ne leur enseigner qu'à simplement lire la grammaire et les humanités : le chapitre de Clermont, connoissant parfaitement l'importance de ces emplois, prcnoit un soin tout particulier de veiller à la doctrine qui s'enseignoit dans ces ICcoles. soit publiques, soit particulières en chambre (1).
« Un professeur du collège aïant fait lire dans la classe un des livres défendus, rempli des erreurs de l'Hérésie courante de Calvin, fut honteusement destitué de son emploi.
« Le chapitre convaincu qu'un des plus ordinaires artifices des novateurs pour répandre finement le poison mortel de leurs dogmes est l'impression et la lecture de leurs ouvrages, et a'iant été aduerti qu'il s'en faisoit en cacheté un débit considérable,
en avisa l'official Jules Salviati, neveu du cardinalévêque de Clermont, et lui adressa même, le 22 novembre 1565, des sommations judiciaires.
Les moyens employés par le chapitre ne réussirent sans doute pas à extirper l'hérésie, puisque, le 26 juillet 1566, il sollicite encore les Elus d'écrire à Catherine de Médicis, dame et comtesse de Clermont, pour lui demander de chasser les luthériens de la ville. Le 3 décembre, il fait publier à son de trompe que, tous les mardis et jeudis, le théologal fera le catéchisme et des explications publiques de l'Ecri-
(1) Il est assez curieux de constater que ni ici, ni plus haut (Voy. p. 9, n. 2), Majour ne paraisse soupçonner que Claude Mosnier était un hérétique, et que, dès 1548, les nouvelles doctrines se répandaient dans les écoles. Il ne cite de faits de ce genre qu'en 15G5, comnae ou le voit ci-dessus.
ture. Il organise même des missions hors la ville ; ce qui, soit dit en passant, prouve que le calvinisme s'est répandu dans toute la région. Les localités visitées, qui dépendent du chapitre, sont Olby (1), Bertignat (2), Tours (3), Perpezat (4), Sauvagnat (5), Laqueuille (6), Issoire, Thiers, Vic-le-Comte (7), Condat-en-Feniers (8), Sauxillanges (9) ; parmi elles se trouvent de modestes bourgades, perdues dans les montagnes. Le fait que le chapitre y délègue des missionnaires ne prouve assurément pas que l'hérésie fût déjà installée dans toutes ces localités, mais que l'on craignait de la voir s'y répandre. Ces missionnaires poussent même jusqu'à Brioude, bien que cette ville soit du diocèse de Saint-Flour.
Les livres suspects continuèrent à se vendre dans la ville de Clermont, car le chapitre s'en plaint encore à l'évêque le 5 mars 1571, et de nouveau le 3 août
(1) Canton de Rochefort-montagne.
(2) Canton de Saint-Amand-Roche-Savine.
(3) Canton de Saint-Dier.
(i) Canton de Rochefort.
(5) Sans doute ici Sauvagnat, canton d'Herment, et non pas Sauvagnat-Sainte-Marie, canton d' Issoire.
(6) Canton de Rochefort, près de La Bourboule.
(7) Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Clermont.
(8) Canton de Marcenart, Cantal.
(9) Chef -lieu de canton de l'arrondissement d'Issoire.
Contrat de mariage du ministre Antoine béringier (1).
A tous ceulx qui verront ces présentes.... sçavoir faisons que par devant Pierre Brieude, notaire royal institué et ordonné à Chaudesaigues (2), comme ainsi soit que mariage aye esté pacte entre honorable homme M" Anthoine Béringier, ministre de la paroUe de Dieu, lilz de frère Claude Béringier, marchant de la ville d'Olhiergues (3), d'une part — et honneste fille Marguerite Berger, fille légitime naturelle de sieur Jehan Berger, marchand de Chaudesaigues, d'autre...
Le vingt sepliesme de may l'an mil cinq cens soixante seize.. Ces présentes ont été insinuées... au septante troisième registre du greffe des insinuations du siège présidial et scncschaulcée d'Auvergne... A Riom, le dix neufiesme septembre m. v*^ soixante seize.
(ArcTi. Puy-de-Dôme. Insinuations Eeg. 44, f° 346-348).
(1) La Fr. protest, dit : « Béringier, ministre d'Issoire, qui se distingua pendant le siège de cette vLUe en 1576 », ou plutôt en 1677.
(2) Chef -lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Flour ; était à cette date entre les mains des huguenots.
(3) Olliergues, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Ambert.
Huguenots a Clermont (1568-1570).
Sans entrer dans l'histoire des guerres religieuses en Auvergne, je voudrais faire connaître quelques textes que M. Ronchon a bien voulu extraire à mon intention des registres du consulat de Clermont, et qui ne sont pas sans intérêt au point de vue de la diffusion de l'hérésie dans la province. — Les consuls craignent que des artisans venus du dehors n'introduisent dans les communautés de métiers de la ville le venin de l'hérésie, et ils exigent de ces artisans mi certificat de catholicisme :
Consulal du léjcmvier 1-568 [69].
« A esté faict requeste par M. Thomas Farniel [ou Farine]] , cordonier, qu'il plaise à la ville luy permettre faire son habitation en icelle et besoigner de son estât et ouvraige de cordonier actandu la confession de foy qu'il a faicte judiciellement l« jour d'hier de vivre en la foy derelligion cathollique et romaine, sur quoy après lecture faicte de la dicte requeste a esté le contenu en icelle accorde aud. sui)pliant aux conditions contenues et portées par lad. requeste et sera admonesté par lesd. srs eschevins de vivre sellon lad. relligion cathollique, aultrcment qu'il sera chassé et expulsé hors lad. ville. »
Malgré les précautions prises par l'autorité municipale, il est probable qu'il y avait des huguenots dans la ville. Dans tous les cas un grand nombre
d'entre eux s'étaient rendus à Montferrand, en février 1570, pour y prendre part à la grande foire des provisions (1) :
Consulat du 16 février 1569 [70].
« M. de S. Hérem, à son départ de la presant ville, leur auroit faict entendre qu'il avoit oy quelques nouvelles desquelles il se craignoit que les ennemys du roy eussent quelque randez-vous en ce pais. Faire bonne garde, délibérer sur cela et semblablement sur ce que mond. seig^ de S. Hérem avoit faict entendre ausd. s^s esciievins qu'il trouveroit bon que nul de ceulx de la relligion nouvelle prétendue reformée ayant porté les armes contre lad. Majesté sortist hors lad. ville et qu'ils se retirassent à l'heure de six de soir et ne sortissent qu'à l'heure de six du matin pour beaucopt de raisons que led. sf de S. Hérem avoit faict entendre ausd. s" cschevins, sur quoi décidé que les trois principales portes demeureront ouvertes, à chacune desquelles pendant 3 jours, jeudi vendredi et samedi prochains (foire des provisions), sera mis garde, en laquelle garde n'y aura aucun de ceulx de lad. relligion ayant porté les armes, ains seront tenuz de bailler ung homme capable et non suspect en leur lieu. Néantmoings a esté resollu qu'il ne sera faict aucunes sentinelles, corps de garde, ne ronde, de tant que grâces à TMeu les occasions ne se présentent ; et poulie regard de ceulx qui ont porté les armes contre lad. Majesté,, a esté advisé que de tant que la pluspart est dcsjà à Montferrand pour raison de lad. foire, que pour le presant n'en sera délibéré aucune chose ; et lad. foyre passéo lesd. s'^ eschevins leur feront entendre le conimandenient de mond. seigneur de S. Hérem et leur enjoindront d'icelhiy entrectenir et observer. »
Vers la même époque, on craignait beaucoup une attaque des huguenots d'Auvergne contre les villes de Clermont et de Cusset :
(1) Cette foire se célèbre toujours, le vendredi avant les jours gras. I^es d.-itcs ci-dessus sont encore en vieux style.
Com-cil du 21 meus 1J6^ (^^l-
« A csU- expose par lesd. s^s eschevins et par led. ^ idillic l'ung d'eulx, le presant conseil avoir esté assemblé entre autres choses pour entendre le rapport faict par Monscig"' do S. Hérem ausd. s'"^ eschevins de la conspiration faicte par cculx de. la nouvelle relligion prétendue reformée pour la surprinse des villes de Clcrmcnt et de f'ussct afin de les rcduyre en leur obéissance ; lesquel/ s''^ eschevins auroient faict entendre verballement aux comparans aud. presant conseil ce qui leur avoit esté rapporté et laiit enleiulrc par mo^d. s^ de S. Htrem touchant lad. surprinse et que pour sçavoir mieulz au vray ce qui en cstoit il avoit depesché gentilhomme exprès aud. Cussct, leur mandant ncantmoingtz qu'ilz heussent à zc tenir sur leurs gardes et faire bonne garde en leurd. ville pour obvier à la prinsc d'icelle pour l'importance et préjudice que ce seroit pour tout ce pays comme estant lad. ville une clef de Irontière de plusieurs provinces circon.voisines dud. pais et semblablemcnt auroit led. sgr de S. Herem faict entendre ausd. s'"s eschevins cstre besoing et nécessaire de faire bonne garde et ronde pour obvier à l'invasion et surprinse d'icelle, de quoy lesd. s''^ eschevins ont requis les comparans aud. prenant conseil voulloir délibérer, sur quoy a esté conclud. que lesd. s" eschevins envoyeront homme exprès aud. Cusset aux despens dud. pais auquel bailleront lettres adressant aux esleuz de lad. ville pour sçavoir d'eulx ce qui est de lad. surprinse el s'en informer au vrai. Néanmc ins on fera bonne garde jusque là. »
Ce qui aggravait les inquiétudes, c'est qu'il y avait toujours des réformés domiciliés dans Clermont même. Voici une délibération du consulat qui le prouve péremptoirement :
Consulat du C mai l^/'O.
' Sur ce {jui a esté aussi exposé si on laissera ceulx de la relligion de ceste ville en la mesme liberté qu'ils sont a presant, remis au\- conseillers. »
YI.
Documents sur la Réforme en Ai.vergne
EXTRAITS des ARCHIVES ET DE LA BIBLIOTHEQUE
DE Genève.
On sait assez, d'une façon généiale, que c'est à Genève qu'il convient d'aller étudier l'histoire des Eglises réformées de France : mais il faut avoir eu l'occasion de se livrer soi-même à une étude de ce genre pour savoir jusqu'à quel point cette proposition est vraie. Les n^s ml 121, mF 197, 197' et 197'"^ de la Bibliothèque publique contiennent toute la correspondance des Eglises réformées de France avec la Compagnie des pasteurs de Genève pendant les quarante dernières années du xvi^ siècle (1). On peut évaluer à près de trois cent cinquante le nombre des Eglises qui y apparaissent comme vivantes et agis-
(1) Le catalogue porte, sous la rubrique ml 121 : «Lettres diverses (1557-61) ». En réalité peu de documents sont antérieurs à 1560. — Un merveilleux instrumciat pour se guider dans ce dédale, e*est le double catalogue svu' fiches, par ordre alphabétique de noms d'Eglises et de noms de pasteurs, dressé par ^I. H. Aubert.et queson auteur a mis obligeamment à ma disposition. La publication de ce répertoire serait un véritable service rendu à tous ceux qui étudient la Réforme française. C'est sur ces fiches que j'ai relevé ce chiffre de près de 350 (je crois en avoir compté exactement 346) Eglises que je donne ci-dessus. Or le dépouillement de M. Aubert n'est pas encore absolument -complet, et nous ne sommes pas sûrs d'avoir la correspondance de toutes les Eglises de France sans exception. Le chiffre de 850 ne saurait donc être accepté que comme un minimum.
santés. Nous avons donc là toute l'histoire, écrite au jour le jour, du mouvement réformé en France, •dans la période qui suivit immédiatement l'établis- :sement des Eglises a dressées ». Chacune d'elles écrit aux pasteurs de Genève pour leur exposer sa situation, leur faire connaître ses besoins, solliciter l'envoi d'un ministre. Ces divers groupes, dont quelques-uns se sont formés spontanément bien avant 1560, tendent à s'unifier de plus en plus sous la règle calvinienne et à canstituer une vaste fédération religieuse, fortement centralisée.
Les Archives de Genève me réservaient d'autres trouvailles. Sans parler des précieux registres du •conseil (1), qui ont été utilisés par tous les historiens •de la République, et du Livre des bourgeois, qui a été publié par M. Covelle, elles contiennent le Livre des habitants, ou, plus exactement, trois (2) fragments de cet ancien livre, rentrés aux Archives après la tourmente révolutionnaire : un registre allant du 30 janvier 1549 au 29 janvier 1560 ; un autre du 2 septembre 1572 au 24 août 1574 ; un troisième du 18 janvier 1585 au 11 octobre 1587. Tels qu'ils sont, ces fragments sont peut-être plus précieux pour nous, Français, que le Livre des bourgeois lui-même ; ce dernier, en effet, ne prend les réfugiés qu'au jour où ils entrent dans la bourgeoisie genevoise, c'est-à-dire
(1) Dont a existe, aux Archives mêmes, d'excellents extraits (Extraits des registre» publics), plus un Inventaire des -pièces historiques et un Inventaire chronologique des pièces annexées aux registres du conseil.
(2) Je ne parle que du x\i' siècle.
à un moment où ils habitent quelquefois la ville depuis plusieurs années, où ils s'y sont à moitié naturalisés, où ils y ont, par aventure, changé de profession. Le Livre des habitants, au contraire, nous livre leur nom au moment même de leur arrivée à Genève, au moment où ils y cherchent un asile, parfois temporaire, contre la persécution religieuse. Ils ne s'y fixent pas toujours sans espoir de retour ; ils rentrent dans leur patrie si des édits de tolérance leur permettent d'y revenir, quitte à s'acheminer de nouveau vers Genève dès que l'orage recommence à souffler. Je donnerai une idée de l'importance de ce registre en disant que le tome l^^ contient (pour onze années) plus de sept mille (1) noms de réfugiés, dont l'immense majorité, la presque totalité, se compose de réfugiés français.
C'est sous leur dictée que le scribe a écrit le nom, le lieu d'origine, la profession de chacun ; il a écrit comme il entendait, en homme peu habitué aux accents et aux patois des diverses provinces françaises, ce qui rend difficile la lecture du registre et l'identification des noms propres. La ville d'Aix, en passant par un gosier provençal, devient sur le registre « la ville Dezays en Provence » ; les scieurs de long des montagnes d'Auvergne y sont transformés en « chieurs de long » ; Marvejols, mal entendu, devient « Varmejolz en Gévaudan », et Saint-Rémy est bizarrement orthographié « Senrmy » ; assez joli
(1 ) Ce registre a 361 pages, et chaque page donne en moyenne 20 noras.
exemple d'orthographe purement phonétique. C'est surtout dans les moments de presse que ces graphies deviennent étranges ; par exemple, en septembre 1572, au lendemain de la Saint-Barthélémy. Rien qu'à l'écriture, presque illisible, hâtive, précipitée, fiévreuse, de ces pages, à l'irrégularité avec laquelle sont libellées les notices individuelles, à l'absence plus fréquente des indications d'origine et de profession, on devinerait qu'une trombe de Français s'est abattue sur Genève.
J'ai relevé, dans ces registres, tous les noms de réfugiés appartenant à l'Auvergne. Je dois dire que j'ai éprouvé, en faisant ce travail, une véritable surprise. J'étais arrivé à Genève avec cette idée préconçue que l'Auvergne, sauf Issoire, avait été peu ou point (( infestée par l'hérésie » ; les quelques faits que j'avais relevés dans mes précédentes Notes étaient, en somme, peu considérables ; je m'attendais donc à ne récolter qu'une maigre moisson. Quel n'a pas été mon étonnement de rencontrer de nombreux Auvergnats, de plus en plus nombreux, cela va sans dire, à mesure que j'avançais dans mon dépouillement : 81 dans le premier registre, 35 dans le second, 11 dans le troisième (1). Ces chifîres sont assurément inférieurs à ceux que donnerait une statistique analogue, dressée pour d'autres provinces ; ils n'en ont pas moins leur importance, si l'on songe qu'une partie seulement de la population réformée pouvait émigrer.
(1) Les deux derniers registres n'enferment que de courtes périodes de deux ans.
Quelle était la composition de ce groupe de réfugiés auvergnats ? Sur 127 noms, on ne relève quim seut personnage qualifié de noble, le seigneur du Lac. Les professions libérales fournissent deux médecins, deux praticiens (c'est-à-dire deux avocats), un contrôleur des contrats, mi banquier. Tout le reste (du moins parmi ceux dont on nous fait connaître la profession) appartient aux corps de métiers, et souvent aux plus humbles ; à côté de trods imprimeurs et d'un libraire, de trois personnages, qualifiés de marchands, et qui sont san« doute de gros marchands,, on trouve pêle-mêle deux chaussetiers, trois couteliers, trois merciers, un verrier, sept (peut-être dix) cordonniers, huit « rubantiers » ou passementiers, cinq couturiers, un quincaillier, un charpentier, un maréchal, un cardeur, deux serruriers, quatre menuisiers, deux pelletiers, un corroyeur, un tanneur, un eordier, un damasquineur, un musicien, un orfèvre,. an tisserand, enfin quatre « laboureurs ».
Ces quatre personnages étaient-ils les seuls qui appartinssent à la classe paysanne ? Pour répondre à cette question, il faut se demander si les réfugiés auvergnats venaient des villes ou des campagnes. Ici, les indications du registre sont très incomplètes et les noms ne sont pas toujours faciles à identifier. Quoi qu'il en soit, vingt et un (peut-être vingt-quatre) viennent d'Issoire, berceau de la Réforme auvergnate, cinq de Clermont, un de Montferrand, sept de Thiers, cinq de Maringues, deux d'Aigueperse,. quatre d'Ambert, un dé Brioude, deux d'Aurillac. Mais il en vint également de très petites localités
perdues dans les montagnes : Saint-Bonnet-le-Châlel, qui a de nos jours 1.300 habitants (1), «n envoie quatre à Genève ; Saint-Dier (1.500), quatre ; Vodable (450), deux ; Job (2.600), cinq ; Joze (1.200), deux ; Marsac (2.900), également deux. Ces gens du même village arrivent généralement deux ou trois ensemble, ce qui nous permet d'entrevoir la façon dont se faisait la propagande entre parents, entre voisins, entre compagnons du même métier.
En dehors de ces petits groupes, on voit également débarquer des isolés, venant de localités très diverses, très éloignées, souvent infimes : quelquesunes situées dans le Cantal, comme Saint-Urcize, Salers, AUanches, Madic, Maurs, plus souvent dans la Basse-Auvergne, montagne ou limagne, comme Lastic (actuellement 500 h.). Broc, Meillaud (400 h.), Solignat (500 h.), Perpezat, Saint-Amand, Celles, Rochefort, Saint-Diéry, Brassac, Ennezat, Pailhat, etc.
Au reste, la seule lettre provenant des Eglises d'Auvergne qui nous ait été conservée est une lettre adressée à la Compagnie, en 1562 probablement, par les Eglises d'Ambert, de Job, de Saint-Germainl'Herm et de Saint-Bonnet-le-Châtel, c'est-à-dire par un groupe de réformés répandus surtout dans la vallée de la Dore et les montagnes du Livradois..
(1) La popxilation de quelques-unes de ces localités a pu, par» suite de l'émigration vers les villes, diminuer au lieu de s'accroître depuis trois siècles. Cependant elles n'étaient pas, sauf exception, si populeuses au xn^ siècle qu'elles n'eussent pas,, dès lors, un caractère nettement rural.
Ainsi donc, autant du moins qu'il est permis de généraliser en s'appuyant sur ces quelques documents, le protestantisme auvergnat n'est pas exclusivement concentré dans quelques cités d'élection, comme Issoire, Ambert et Maringues. De ces villes, il a essaimé dans la campagne et dans la montagne ; sa présence est signalée (pour ne parler que du territoire du département actuel du Puy-de-Dôme) dans près de trente localités dilTérentes, dont quelquesunes sont de très petites localités rurales. Dans ces villes comme dans ces villages, la Réforme paraît avoir entamé surtout les classes ouvrières, maîtres et artisans, et il semble bien que la contagion ait gagné les paysans eux-mêmes.
Extraits du livre habitants (1). 1" registre (30 janv. 1549. — 29 janv. 1560).
Page 4, 10 mai 1549 : « André le Courf, de Brioudc en Auvergne. »
Ce personnage nous est connu grâce aux Annales cl' Issoire (ms. 614 de la Bibl. de Clermont, 1° 14) : Lorsque le jacobin venu d'Allemagne eut quitte Issoire après y avoir presché les idées nouvelles, « sa doctrine... resta dans l'esprit et le cœur de plus de deux cents personnes et pénétra même dans le cloître parmi les religieux. Le cellerier nommé Le Court, quelque temps après ayant débauché une bâtarde du logis du Cygne, fort belle fille, s'en alla à Genève cherclier le jacobin. » Et plus loin, f° 18 : « Rébellion des religieux bénédictins d' Issoire à Mgr Vcvcqiie de Clermont... Cinc} ou six religieux du monastère, entre autres comme j'ai dit le cellerier, Le Cour... » Or, la
(1) Feu Vcrnière et M. Rouchon ont bien voulu m'aider, avec leur connaissance profonde de l'Auvergne, à identifier quelques noms de lieu.
venue de ce jacobin doit être placée en 154(i. sous le consulat de Jean Vialle et Charles Bonnel. Il faut donc admettre que Lecourt attendit neuf ans avant de quitter Issoire ; il est probable que sa fuite eut pour causes des poursuites exercées en 1548 contre les luthériens d' Issoire et de Clermont. Le Livre des habitants ne mentionne pas l'arrivée de sa compagne. C'est probablement de lui qu'il est question dans le registre des bienfaiteurs de la Bourse française de Genève, en mars 1551 : « Mons^ Le Court, un florin. (1) » Retiré à Genève, il entretenait avec ses coreligionnaires d' Issoire une correspondance dont il ne nou;^ est malheureusement rien resté. En 1560, après le meurtre du ministre Annet Désauches, les catholiques espéraient que la Réforme était vaincue à Issoire, « mais ils furent grandement déçus (2), au moyen des ordinaires éiiitres que le cellerier Lecourt, subroge au lieu du jacobin, leur écrivait, par lesquelles les exhortait se montrer vaillants au combat contre les principaux et se tenir fermes à la foi, à l'imitation de ce vaillant champion du Christ, maître Annet Désauches, l'âme duquel s'était envolée au ciel couronnée des lauriers du martyre ». Puis « ils voulurent amplifier le nombre de leurs ministres, ils firent venir le cellerier Lecourt, sa femme et ses enfants... », sans doute en juillet-août 1562 (3). Certains manuscrits (614 f° 29 v^) donnent une liste des « Moines et prêtres qui avaient quitté le froc » et une liste {P 30) des i Ministres qui prêchaient à Issoire » ; sur ces deux listes figure « M« André Lecourt, cellerier > : et ailleurs : « M<' .\ndré Lecourt, qui amena Léonard [sans doute, le ministre Léonard Monestier], cellerier du couvent d' Issoire. »
P. 5, 8 juillet : « Jehan Chabanne de Maringues en Auvergne (4). »
P. 18, 4 septembre 1550 : « Réception de Jehan et Ponce des
(1) France protestante, art. Chixox.
(2) Je donne ici la leçon du manuscrit 616, î° 31, qui me paraît^avoir conservé plus fidèlement le ton des lettres de Lecom-t.
(3) " Le Cour, ministre de Chanci et Cartigny fut deniandé par ceulx d'Yssoire pour aller exercer le ministère de l'Evangile entre eulx. Et leur fut accordé par Messieurs suivant l'advis et rapport qu'en firent les ministres par la bouche de il. Calvin » {Registres de la Compagnie, 1562, vol. B). J'extrais ce renseignement des fiches manuscrites de M. H. Aubert.
(4) France protestante, II, col. 078.
Olches, frères, nalifz de Malliac (1) au diocèse de Clermont en Aulvergne, chaussctiers, faite le 4 septembris 1550. »
P. 20, 14 octclire 1550 : « Alaistre (luillaume Sennni [St Rémy], (2) natif du pays d'Auvergne du lieu de Sainct Orsize (3), diocèse de saine Flour, docteur en la faculté de médecine, faicte 14 octobris 1550. »
P. 20, 21 octobre : « Réception de Pierre Marillac de Aigueperse (4) au pais de Aulvergne, faicte 21 octobris 1550. »
P. 31, 25 août 1551 : « Réception de Anthoenne Chabron, natif de Tier [Thiers], du ]iays d'Auvergne, costelicr. f'^icte le 26 augusti 1551 (5). »
P. 36, 27 août : « Réception de Benoît Pascal de Sambadel (6) au pays d'Auvergne, faicte le 28 augusti 1551 >■■.
P. 39, 28 août : « Réception de Pierre de Serre, mercier d'Issoire en Auvergne, faicte le 28 augusti 1551(7). »
P. 53, 7 septembre : « Martin Roussel, mercier, natif du lieu de Saint-Badel (8) en Aulvergne. »
P. 74, 1" décembre 1553 : « Pierre Berthollon, de la ville d'Ambert en Auvergne, verrier, a présenté supplication le 1" de décembre 1553, et a juré le 9 de janvier 1554 (9). »
P. 80, 29 mai 1554 : « Jehan Bompar, natif z de Lastic (10) en Auvergne. »
P. 85, 6 août 1554: « Anthoine Pradel, cordonnier, d'issoyre en Auvergne. »
P. 88. 30 août ; « Jacques Salanceufz, rubantier d'Auvergne. »
P. 89, même date : « Robert Freysse, rubantier d'Auvergne. »
P. 97, 3 décembre : « Jehan Mages, natifz de Greignier (?) (11) en Auvergne, cousturier. »
(2) M. G-autier, Médecine à Genève, p. 42, lit Saint- Ravv.
(3) Saint-Urcize, canton de Chaudesaigues.
(4) Arrondissement de Rioni.
(5) Il faut lire Chabrol.
(6) Senibadel (Haute-Loire).
(7) La liste des habitants réformés d'Issoire donnée par I^ongy, Histoire cFIssoire, mentionne un « Pierre Serre, qui s'en alla à Metz ». Est-ce le même ?.
(8) Voy. note 6 ci-dessus.
(9) France protestante, II, p. 445.
(10) Canton de Bourg-Lastic.
(11) Grenier-Montgon (?), Haute-Loire.
P. 99, 17 décembre : « Ligier Forestz, ribantier, du pays de Tier en Auvergne (1). »
P. 100, même date : « Guy Moranges de Clermont en Auvergne. » Il est à remarquer que le texte ne dit pas • natif de Clermont ». Ceci s'accorde avec cette note de Dulaure au ms. 617 de Clermont : « Guy Moranges ou de Moranges était en 1550 docteur en droit. L'auteur du manuscrit [des Annales d'Issoire] le dit natif d'Issoire et l'auteur de l'Histoire des mariyis proteslans [Crespin] dit qu'il était d'Aurillac » Voici le passage des Annales qui le concerne : • Sous la faveur de cet édit. [de janvier] ils [les réformes d'Issoire] firent venir M« Guy Morange, natif d'Issoire, ministre de Genève, pour prêcher publiquement dans la ville. Il y arriva environ la fête de Ste-Catherine en l'an 1568... » Il y prêcha avec le plus grand succès ; d'après l'auteur des Annales, il aurait poussé les refermés à briser les croix et à maltraiter les catholiques. Il figure sur la liste des « ministres qui prêchaient à Issoire », sous cette forme : t M^ Guy Morangez, garde des sceaux à Montferrand » ; il avait été en effet, lieutenant général du bailliage de 1544 à 1515. Il prêcha en 1557 àAnduze, en 1558 à Issoudun, en 1560 à Uzès. Le 8 juin 1561, .lehan Baraband, d'Aubusson, avait adressé à Guy de Moranges, qu'il croyait sans doute à Genève, la lettre suivante (Genève, Biblioth.,ms. ml 121, f» 151) :
t Nous vous escrimes dernièrement de nos nouvelles par le Irere Gallichier envoyé par delà de la pluspart des Eglises de la province de Lymousin pour recpu\Ter ouvrier : par lesquelles pourrés entendre comment le bon Dieu nous adciste tellelement (nonobstant nostre Iragilité et infirmité) que nos adversaire n'ont aucun moyen, sinon de magnifier le Seigneur... Nous désirerions grandement qu'il pleust à messieurs nos pères de vous enjoindre de venir de par dessa avec ledit Gallichier pour revoyr, visiter et reformer quelque petit nombre d'esglises qui se dressent en ceste province, mesmement du lieu de vostre naissance et lieux circonvoisins. dont nous espérons quelque grand chose à l'honneur de Dieu. Estant recors des propos que de vostre grâce m'avés autrefois tenus (2) et de la sentence d'Ovyde, à quoy vous doict aussi
(1) France protestante, VI, p. 602.
(2) Ils s'étaient sans doute connus à Issoudun.
inciter la charité fraternelle, j'ay, non pas moy, mes le consistoire et toutes les esglises de la province, donné charge à M« Gallichier de prier nosditz pères de obtenir ce point... »
La liste des pasteurs envoyés de Genève en 1501 (Voy. Bulletin, 1897, p. 452) porte cette mention : » Guy de Moranges, OrUlac. » Celte mission à Aurillac, dont il est question dans l'Histoire ecclésiastique, fut coupée en deux par son séjour à Issoire (1). Moranges était, en 1573, représentant de l'Eglise de Malzieu en Gévaudan à l'assemblée de Millau.
P. 114, 12 août 1555 : « Anthoine Preghat, natifz de Broc (2) en Auvergne, diocèse de Clermont. «
P. 118, même date: • Michel Fernauld, ribantier, natifz du lieu de Soliniac (3) près de Uxoire en Auvergne, diocèse de Clermont. »
P. 120, 13 janvier 1556 : a Jehan Fores, quincailleur, natif de la ville de Thiers en Auvergne. »
P. 129. 30 décembre 1556 : « Jehan Berton de Orleyne(4) au païs d'Aulvergne. »
P. 157, 9 novembre : « Anthoine Chabriel, filz de feu Jehan du village de Jo (5) près Ambert en Overgne, mareschal. «
P. 163, 5 janvier 1557 : « Anthoine Bourlionne, de Jo en Auvergne. »
Ihid.. même date : « Jehan des Roys de Jo en Auvergne. •
Ibid., même date : ; Jehan Joubert, d' Ambert en Au-
(1) « M. Guy de Moranges, dit M. de la G-arde, ayant esté envoyé à l'église d'Orillac et iceUe puis après dissipée, retiré par ceulx d'Issoire, survint avec le temps que ceulx d'Ordlac le voiilurent ravoir. Dont y eut dififérent entre les deux églises, pour lequel pacifier furent escriptes lettres comm\ines à l'une et à l'autre église ». Extrait des Registres de la Compagnie, d'après les fiches de M. Aubert. Voy. corresp. de Calvin, n" 3426, une lettre de Moranges à Calvin, 27 juin 1561 (ou plutôt 1562) d' Aurillac. — C. Lagier, Guy de Moranges et la Réforme d' Aurillac (Aurillac, 1900), incline à croire qu'il est né à Aurillac.
(2) Le Broc, canton d'Issoire. Sans doute le même que « Antoine de Preghat, natifz d'Issoire en Arvernie », qui arrive à Lausanne le 10 juin 1562 (E. Cha vannes, Bull., XXI, p. 463).
(3) Solignat, canton d'Issoire.
(4) ? Faut-U lire Orcyne, au pied du Puy-de-Dôme ?
(5) Sur l'Eîrlise de Job avi xvii« siècle, voy. Bull. hist. du protest, franc., 1898. On y retrouvera des Bourlionne.
P. 168, 15 mars : t .Michel Blanchier, de Perpezat (1) en Auvergne. »
P. 169, même date : « Claude Marcen et Jehan Chambeli d'Auvergne. »
Ibid., 22 mars : • Claude Bouffon, natifz du pais d'Auvergne. »
Ibid., même date : • Pierre le vieulx Bonnepanse (2) du païs d'Auvergne. »
P. 185, 8 juin : t Pierre Vialleys de sainct Amens (3) en Auvergne, cardeur. »
P. 200, 15 octobre : « Jehan Cohadc, natif de la ville d'Yssoire en Auvergne, >- sans doute parent de Jacques Cohade, qui fut tué à Issoire par un catholique nommé Florand.
Ibid., même date : « Pierre Bonnepanse le jeune, du lieu de Bonnepanse en Auvergne. »
P. 201, même date : « Michel Gratadi, natif de la ville d'Issoyre en Auvergne, » sans doute parent du nommé Gratadies (on trouve également Gratadias et Gratiadas ; la forme actuelle du nom est Gratadeix) qui était à la tête de ceux qui tentèrent de faire sortir de prison Annet Desauches, le l*' septembre 1559. Ce Gratadeix fut blessé à l'épaule, d'une arquebusade, par un religieux, au moment où il escaladait le mur de l'abbaye.
P. 202, même date : t François de Montbrun, cordonnier, natifz de Celle (4) en Auvergne ».
P. 205, même date : • Jehan de Sierra, de la ville d'Yssoire en Auvergne. » Nous avons déjà rencontré un Pierre de Serre le 28 août 1551.
Ibid., même date : « Jehan Anastaise, natifz de Maringues en Auvergne. »
Ibid., même date : t Jehan Anasthaise, natifz dudit lieu (5). »
(1) Canton de Rochefort, arrondissement de Clermont.
(2) France protestante, II, p. 840, qui lit Bonnepavise.
(3) Est-ce Saint-Amand TaUende, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Clermont, ou Saint-Amand- Roche-Savine de l'arrondissement d'Ambert ? Le nom de Vialleys (ou ViaUis) semblerait plutôt indiquer que ce personnage est originaire du I.ivradois, c'est-à-dire de Saint-Amant-Roche-Savine.
(4) Celles, canton de Saint-Rémy, arrondissement de Thiers.
(5) Voy. sur ces deux personnages France protestante, I, 210 Ils furent imprimeurs à Genève. Ils étaient sans doute origi-
P. 206, même date : i Guillaume de Sierre, de la ville d'Yssoire. »
Ibid., même dale : t Robert Beraud natif de RochesfoUes [Rochefort] en Auvergne (1). »
Ibid., même date : « Jehan Coubez, du lieu d'Alenche (2) en Auvergne. »
P. 208, 18 octobre : « Damyen Sagete, natif de Saint Ylpise en Auvergne. »
Ibid., même date : Jehan de la Chau.sarurier.de Marsac (3) en Auvergne. »
P. 211, même date : t Anthoine de NoUet, menuisier, natif de Marigues [Maringues] en Auvergne. »
fbid., même date : « Nicolas de Nollet, menuisier dud.
lieu. »
P. 213, même date : « Mathieu Savignac, de Meillau (4)
en Auvergne. »
P. 225, 22 novembre : « Anthoine et Anne Gaschons, du pays d'Auvergne (5). i
P. 229, 31 janvier 1558 : « Claude et Pierre Meyssonnier, cousturiers, du lieu de Courtines (6) en Auvergne. »
P. 232, 21 mars : « Nicolas Depuyt, d'Overgne (7), pelletier. »
P. 234, 4 avril : « Pierre Carrier, d'Auvergne. »
P. 235, même date : t Anthoine Viale. du Puy en Auvergne (8). '>
Ibid., même date : t Pierre Chabot (9), menuisier, natif d'Aigueperce (sic) en Auvergne. »
naires d'Oulx en Dauphiné, ou du moins ils avaient dû habiter cette viUe, car la France protestante cite, comme reçu habitant le 26 septembre 1558, un Jehan Anastaise (que je ne trouve pas dans mes notes) « natif d'Ovdx en Dauphiné et de son jeune âge jusques à présent résidant de Maringues en Auvergne ».
(1) France protestante, II, 228.
(2) Ihid., IV, 759. Allanches (Cantal).
(3) Canton d'Ambert.
(4) Meillaud, canton d'Issoire.
(5) France protestante, VI, 859.
<6) Il y a dans le Cantal quatre localités de ce nom.
(7) î'aut-il lire « du Puy d'Auvergne », comme pour l'un des suivants ?
(8) Plus exactement, du Puy-en-Velay.
(9) France protestanle, III, 987.
P. 255, 1" août : « Michel Roux, fils de. Clément Roux, de Clermont en Auvergne, imprimeur. »
P. 258, 12 septembre : « Jacques ChanboforI, natif de Pebrac (1) en Auvergne, diossesse de S. Fiour.
P. 259, 19 seiitembre : « .Telian (ilz de t'en Jaques Magne, natif de Combret (2) en Auvergne. »
P. 2G8, 5 décembre : « Anthoyne des Ayse, minusier, de Aubin en Auvergne (3). »
P. 274, 19 décembre : « Dan\ian Jobert. médecin, d'Ambert en Auvergne (4). »
P. 275, même date : « François Boffon, ribantier, natif de St-Dier (5) prCs dî Gla;3 n')'il en Auvergne. ■>
P. 277, 2 janvier 1559 : « Anthoyne, fdz de feu Jelian Bernard dit Chambarier, corroieur, de Vodable (6) en Auvergne. »
P. 281, 13 lévrier : « Anthoine Dansiers, natif de la ville de Salers (7) au pays d'Auvergne. »
P. 296, !''■■ mai : « Nycollas, ribantier, du lieu de Sainct- Deyri (8) en Auvergne. »
— « Guillaume Fraisse, cordonnier, natif d'Uxoire en Auvergne. »
— « Jehan Agiraud, du lieu de Madich (9), pays d'Auvergne. P. 300, même date : « .Jehan Doursaincts, fils à Jehan, de
la ville de Clermont en Auvergne. « Sans doute parent de DoiLvain {Fr. proL, V., p. 480).
— • « Ph. Bertrand, de Thiers, en l'evesché de Clermont en Auvergne. »
P. 302, 8 mai : « Michel Chabrol, coutellier, natif de la ville de Tiare [Thiers] en Auvergne. «
(1) Près de Langeac (voy. une note de M. Lehr, dans Bulletin, t. XLVIII, p. 506).-
(2) Sans doute Combraille, canton de Pontaunim".
(?) Il faut sans doute lire des Ai.v et Aubiat (canton d'Aig\ieperse).
(4) Gautier, Médecine à Genève, p. 426.
(5) Canton de l'arrondissement de Clermont, au nord du LivTadois.
(6) Canton d'Issoire.
(7) Cantal, arrondissement de Mauriac.
(8) Saint-Diéry, canton de Besse, arrondissement d'Issoire.
(9) Madic, près Bort (Cantal), arrond. de Mauriac, canton dp Saiames.
P. 308, même chilc : « Jehan Pages, filz à Pierre, laborior. lieu (l'Audaljle [Vodablc] en Auvergne. »
P. 311. même date : « Jehan et Guillaume Bouffons, trères, ribantiers, du lieu de S' Sandier (1) en Auvergne. »
P. 316, même date ; « Mithel Nicolas, iilz à Gilbert, de Bressac (2) en Auvergne. >
P. 322, 15 mai : « Jehan Faure, filz à feu .Jehan, de Sumenat (3) en Auvergne. »
P. 327 : -< Pierre Jobert, natif de la ville d'And)ert au pays d'Auvergne. > .\ rapprocher de Damian Jobert, médecin à Ambert, reçu le 19 décembre précédent.
P. 334, 10 juin: « .\ntoine Sonalhat. natif de la ville de .Maringues en .\uvergne. »
P. 338, 17 juillet : « Guillaume Lemerie, natif de Maux (4) en Auvergne. ■
P. 339. 2-1 juillet : « Jehan Paslré, du village de Palladines (5), diocèse de Mendes, evesché de S' Flour (sic) en Auvergne. »
P. 312, 28 août : « Antoine de Monteil, de Estendeul (6) diocèse de Clermont en .\nvergne. ■>
P. 350, 2 octobre : « Charles Yiale, de la ville d'Yssoire en Auvergne. > Il y aura un Charles Yiale pendu à Issoire en 1563. Est-ce le même, qui serait revenu ensuite dans sa ville natale ?
Ibid., même date : « Claude Chapelle, du lieu du Vernot (7) près la ville d'Yssoire en .\uvergne. »
Ibid., même date : « Jehan Figon du lieu d'Alègre (S) en Auvergne. >
P. 352, 16 octobre : « Jehan Clavières, natif d'Aurillac en Auvergne, de l'art de comiiosition de l'imprimerie. »
(1) Saint- Dier. Ce sont des parents de François Boffon, arrivé le 19 décembre précédent.
(2) Brassac, canton de Jumeaux, arrondissement d' Issoire.
(3) Est-ce Menât, canton de l'arrondissement de Riom ?
(4) Maurs, canton d'Aïu-illac. Lisez Leymarie.
(5) Sans doute Palladines, commune de Chaulhac, canton de Malzieu, arrondissement de Marvejols (Lozère). Lisez « Election de Saint-Flour. »
(6) Estandeuil, canton de Saint-Dier.
(7) Probablement le Yernet-la-Varenne, canton de Sauxillanges.
(8) Arrondissement du Puy.
P. 359, 1" janvier 1560 : . Estienne Herbobichier, filz de feu Raymond Herbobichier, natit du village de Herbobichier près de la ville de Marieuge au pays du Gyvauldan de la Aulvergne (sic) (1). »
P. 3fil, 22 janvier 15G0 : <■ Jehan de Grouz, d'Ambert en Auvergne. »
Extraits du 2'^ registre (2 septembre 1572 — 2 août 1574
P. 362 (2). 2 septembre 1572 : « Guillaume Boulon, de Saint Dier en Auvergne, passementier, ayant femme et enfans à Lyon et ayant demouré environ quatorze ans en ceste ville (3). »
r^. 367, même date : « Pierre Séries, d'Orliac [Aurillac] en Auvergne imprimeur. »
P. 377, 8 septembre : « Jehan d'Aiguebone. marchand d'Auvergne, habitant à Lyon. »
P. 403, 16 septembre : » Claude Chapelle, d'Issoire en Auvergne, laboureur. »
Ibicl., même date : « Guillaume Varennes, de Clermont en Auvergne, cordier. »
P. 416, 23 septembre : » Guillaume, fils d'Antoine Porcher, de St-Bonet le Châtel (4) en Auvergne. »
P. 436, 9 octobre : « Jean du Lac, d'Auvergne, seigneur du Lac. »
P. 477, 16 octobre : » Jehan de la Chaux, damasquineur, de Marsac (5) en Auvergne. »
P. 448, 17 octobre: « Guillaume Gisolme, de Murât le vicomte (6) en Auvergne, mercier. >-
(1) Mareugheol, canton Saint-Germain-Lembron, arrondissement d'Issoire, ou bien (à cause de la désignation Gévaudan) Marvejols ?
(2) La pagination fait suite à celle du premier registre.
(B) Sans doute le même que Guillaume Bouffon, ribantier, de Saint-Dier, reçu le 3 mai 1559. La dernière phrase devrait alors s'entendre : ayant demeuré il y a quatorze ans en cette ■^Tlle de Genève.
(4) Canton de Saint-Germain-l'Hcrm (à 12 kilomètres du chef-lieu de canton), arrondissement d'Ambert.
(5 ) Canton d'Ambert. — Ce nom est répété à la page suivante.
(6) Murât (Cantal) figure dans xme charte de 1279 sous le nom de Castrum de Murât lo veacomtal (Amé, Dici. iopogr. du cantal). La vicomte fut réunie à la couronne en 1531.
P. 454, 23 ocotbre : « Blayse Raynaud d'Issoire en Auvergne, cordonier. »
P. 457, 27 octobre: « Antoine Palouquin, marchand d'Issoire (1). »
P. 458, 28 octobre : • Claude Perrier, de Jou en Auvergne [Job] et Antoine Dessier dud. lieu, charpentier, ont donné cognoissance par Antoine Beringier, ministre dud. Jou. » — Voy. plus haut, dans la première série de ces notes, le contrat de mariage de cet Antoine Beringier en 1576.
P. 460, 30 octobre : » Gonon Bonel, marchand d'Issoire en Auvergne. » Fils de Charles Bonnel, l'un des introducteurs de la Réforme à Issoire {France prolestante, II, 807). Il figure sur la liste de ceux qui furent pendus à l'occasion de la religion « après la prise de la ville par le duc d'Anjou. «
Ibid., même date : i Guillaume Ogier d'Issoire en Auvergne. « — Entre Bonnel qui est inscrit sous le n° 1217, et Ogier, qui figure sous le n" 1221, sont intercalés les noms de Pierre, Charles et Jehan Borie, tous trcis cordonniers, sans indication d'origine ; ces trois personnages viennent également d'Issoire (Voy. ci-dessous, 13 novembre).
Ibid. même date : « Jehan Chapon de Jou en Auvergne (2). »
P. 462, 31 octobre : « Jacques Vignonis de Tiers en Auvergne, marchand. »
P. 480, 13 novembre : • Pierre Salomé, libraire, du pays d'Auvergne. — Gonin Bonet [sic pour Gonon Bonel] et Pierre Bories d'Yssoire, témoins. » C'est l'un des trois Bories du 30 octobre, dont le lieu d'origine se trouve ainsi déterminé.
P. 484,1e'- décembre : » Jacques Vive,d' Yssoire en Auvergne.» Jaques Bonel, musicien, dud, lieu. Pierre Nycolas, d'Yssoire, peletier. Henry Sonne, cordonnier dud. lieu. — Anthoyne Beringuier, ministre de St-Bonet (3) témoin, et Gonon Bonet témoin pour ces quatre. »
P. 485, même date : c Julien Arnau, d'Yssoire, orfebvre. »
(1) M* Antoine Palouquin est l'un « des moines et prêtres qui avaient quitté le froc à Issoire » (f° 29 v° du manuscrit 014). A la suite de ce nom, sous le même numéro, vient celui de « Damian Rabie, cousturier. » E.st-ce aussi un habitant d'Issoire ?
(2) A la date du 31 octobre figure « Pierre Séries, d'Orleac en Auvergne, imprimeur », déjà mentionné au 2 septembre.
(3) Probalilement Saint-Bonnet-le-Châtel ; il desservait sans doute cette paroisse en même temps que celle de Job.
Ibid., même date : « Jehan Boulon, laboureur, d'Yssoire. »
P. 486, 8 décembre : ■■ Jehan Rogier, d'Auvergne, marchand. »
Ibid., même date: « Jacques Vide, d'issoire, taneur. »
P. 493., 22 décembre : • Jehan Peiat, de 'lier en Auvergne, financier et teneur de bancque à Bourdeaux, habitant à Paris. »
P. 494, 25 décembre: «André Ravain, d'issoire en Auvergne. »
P. 496, 26 décembre ; « Claude Meyssonier, cordonnier, de Courtines en Auvergne. »
P. 496, 29 décembre : » Antoine Gamonet, de St Bonet en Auvergne. Jehan ÎNlontagne, dud. lieu. — Jean du Lac et Antoine Herlngier, ministre, tcsmoings pour ces deux. »
P. 506, 2 février 1573 : « Jehan Granjon, d'Auvergne, menuysier. »
P. 507, 6 février : » Jacques Durier, d'Auvergne, cousturier. »
P. 508, 24 lévrier : « M'' Guy Rener (?), ministre, d'Auvergne. »
P. 509, même date : « Guillaume Porcher, de St-Bonet en Auvergne, pratticicn. »
Ibid., même date: « Vidal Chanot, de St Bonet en Auvergne, pratticien. »
P. 516, 9 avril.: « Emery Germain, de Horilliac en Limosin {sic), ministre de la parolle de Dieu. »
P. 537, 12 octobre : « Jehan Rabi, de Jodun (1) près d'issoire en Auvergne, cousturier [en naarge : a esté à la messe] » Gonon Bonet d'issoire, habitant, lesmoing. » Serait-ce, sous un autre prénom, le « Damian Rabie, cousturier » du 27 octobre 1572 (p. 248, n» 1) ?
P. 548, 26 a\Til 1574 : « Jean Roland, de Clermont en Auvergne. »
P. 550, 28: « Mathieu Méningot, seruner, d'Escublens (2) en Auvergne. »
(2) Sans doute Escublas, commune d'Espaly, canton du Puy. Il y a encore Escublac et Escublazet dans la commune de Saint-Haond, canton de Pradelles (Haute-Loire) et Escublazet, commune et cant-on de Solignac (Haute-Loire).
Extraits du 3» registre (18 janv. 1585 — 11 or.T.1587).
P. 5G5, 15 février 1585 : « Jan, filz de Sylvestre Saubin, ministre, d'Auvergne. « L'auteur des tables du registre a lu Saurin.
P. 584, 24 mai : « Spectable Guillaume Penissard, natif de la ville d'Ennezat (1) en Auvergne. »
Ibid., même date :« Antoine Gamonet, de St-Bonet en Auvergne, marchand. » Déjà reçu le 29 décembre 1572 ; il était jDrobablement retourné dans son pays natal en 1573, et il se icfugie de nouveau à Genève en 1585.
P. 610, 8 novembre : « Jean Bernard, de Tiers en Auvergne, coutelier. »
P. 613, 9 novembre : " Hierosme Bajel, d'issoire. »
Ibid., même date : « Gabriel Rebour, de Clermcnt en Auvergne, mercier. »
Ibid., même date : « Gilbert Gautier, de Clermcnt, mercier. >i
■P. 615, 22 novembre : « Antoine Vialon, de Pailla (2) en Auvergne, laboureur. — Antoine Gamonet, tesmoing. »
P. 623, 20 décembre : « Charles Mazillier, de Jo en Auvergne, tisserand. Antoine Gamonet, habitant, tesmoing. »
P. 624, même date : « Antoine Fougère de Joz. (3) en Auvergne. »
Ibid., même date : « Damicn Clouet, de Joz en Auvergne. »
P. 635. 14 mars 1586 : « Victor du Maz, de Mont ferrant en en Auvergne, contrerolleur des contractz. »
j\l. A. -H. Covelle, le consciencieux éditeur du Liore des Bourgeois, veut bien me communiquer la liste suivante des « familles admises à la bourgeoisie de Genève et originaires d'Auvergne », liste dressée par localités. On y retrouvera les noms d'un certain nombre des habitants mentionnés ci-dessus (le premier chiffre renvoie aux pages du Livre des bourgeois imprimé ; le second indique la date de réception à bourgeoisie) :
Amberl. — 244, 1555. Berthollon, soufflatier (4).
(1) Arrondissement de Riom, sur la ro\ite de Maringnes.
(2) Pailhat.
(3) Joze, canton de Maringues.
(4) Reçu habitant le 1" décembre 1553.
P. 306, 1579. Veniet.
Antoingl. — 310, 1581. < Rabi, tailleur d'habits, natii d'Orléans, demeurant à Lotoin, près Yssoire. »
Billom. ~ 276, 1563. Bourgeois.
Clermoni. — 414, 1725. De l'Hospital, dit Leblanc, maître à chanter.
267, 1555. Moranges.
Issoire. — 298, 1576. Denier.
333, 1607. Dupré(l).
315, 1584. Viollier.
338, 1612. Viollier, coutelier.
340, 1615. Viollier, coutelier.
Marcenat (Cantal). — 364, 1647. Marcombes.
Marinqiies. — 262,1556. Anastaise (2) (serait-il imprimeur?).
242, 1617. Arlaud.
270, 1562. F'orest, Guillaume, imprimeur.
365, 1579. Jean-Pierre, imprimeur.
242, 1555. Grenet.
299, 1577. Sualliat, aiguilletier.
Maiirs (Cantal) — 285, 1568. De Laymarie, imprimeur (3).
Perpezat (canton de Rochet'ort, P. de D.). — 270, 1560. Blanchier, imprimeur.
Saint-Amand. — 306, 1579. Duranton, sargier.
Saint- Bonnel-le-Châiel. — 332, 1604. Gamonet.
Saint- Xef taire. — 206, 1575. Martinet.
Saint-Ours (canton de Pontgibaud) [lisez St-Urcize, canton de Chaudesaigues]. — 244, 1555. Serravys, sieur de St-Ravys, médecin, [je lis Sl-Remy).
Saint- Paul (Haute-Loire) « près du Puv en Auvergne ». — 315, 1584. Chatard, veloutier.
Savennes (canton de Pourg-Laslic.) — 365, 1652. Duclos.
Thiers. — 258, 1557. Chabrol.
305, 1579. Gradelle, chapelier.
308, 1580. Gradelle, guainier.
(1) • A Magneron en Auvergne, localité introuvable >., dit M. Covelle. N'ayant pas vu l'original, je ne puis émettre aucune conjecture.
(2) Reçu le 15 octobre 1557.
(3) Reçu le 17 juillet 1550.
245, 1555. Vacias, coutelier.
Trezioux {canlon de Saint-Dier). — 295, 1574. De Goelles.
LETxnE DES Eglises du Livradois a la Compagnie des
PASTEURS DE GeNÈVE
{Extrait du fonds mhg 197 aa des Mss de la Bibliothèqut de Genève, sans date, probablement de 1S62).
A nous seigneurs et pères en Jésus-Christ.
Supplient humblement vous paouvres frères des esglizes d'Ambert, Jo, sainct Germain Lerm et sainct Bonnet le Chastel au pays d'Auvergne, esglizes alliées d'icelle d'Yssoire audict pays, comme ainsi soit qu'ilz soyent en petit nombre, touttefoys touchés d'ung zelle pour la parolle de Dieu et affamés grandement d'ycelle scellon qu'il a pieu à sa najesté leur despartir de ses grâces, comme mons^ le Court pourra plus amplement remonstrer, comme si pourra mons' Bompal (2), présent pourteur, qui de la grâce de Dieu et de son bon playsir nous a donné en passant deuz collations, duquel avons receu bon contemptement ; il vous playze au nom de Dieu nous pourvoyer d'ung ministre qui fidellement nous annonce et administre les saincts sacremens et doctrine salutaire. Et en ce faisant nousdits seigneurs, serons tenus pryer Dieu vous augmenter ses grâces.
JouBERT, C. Grivelot, A Gamonet, h. Sebatier, B. Bardon. m. Gerfaud.
[Original. — Sur le repli : ] -\^- A Noussgrs et pères les ministres de l'Esglize de Genève.
(1) Sans doute Jehan Bompar, de Lastic, reçu habitant le 29 mai 1554.
PETITS LIVRES DU XVf SIÈCLE
PETITS LIVRES DU XVIe SIECLE.
Nous avons signalé plus haut (p. 87) le rôle du livre, mais surtout du petit livret, dans la difTusion des doctrines au xvi^ siècle.
Le petit in-8o de ce temps-là, dont le format ne dépasse guère celui de nos petits in-16, et qui n'est composé que de cinq à dix feuilles d'impression, se glissait facilement dans la balle du colporteur. Portatif et maniable, il jouait un rôle analogue à celui que joueront la gazette au xvii^ siècle (1) et le journal à notre époque. Sous cette forme légère, insaisissable, toute une littérature réformée a pénétré les milieux les plus divers. Traductions de Luther, petits traités, recueils de prières, se sont répandus partout. L'école surtout — les poursuites dirigées contre les maîtres d'école en font foi — a été envahie par cette littérature, qui a revêtu tous les masques, jusqu'à ceux de l'alphabet et de l'almanach. Ces armes nouvelles, dignes du siècle qui a vu le développement grandiose de l'imprimerie française, le
(1) Sur le rôle du livret au début du xvii^ siècle, voy. G. Pagniez : l'Opinion publique au temps de Richelieu, et Hauser, La presse en France, avant le Journal (Revue des Cours et Conférences. 1899-1900).
256 ÉTUDES SIH I.A RÉFOHME FRANÇAISE
j)arli catholique s'en est servi à son tour : des pamphlets en vers et en prose ont secondé, de ce côté là aussi, les eiTorts des prédicateurs et — il faut bien l'ajouter — les rigueurs de la persécution. Dans une certaine mesure, c'est une consolation pour l'intelligence de constater cfue dès le xvi*^ siècle, même quand on employait la force à l'égard de ses adversaires, on se croyait obligé de les convaincre. A cet égard un progrès — si minime qu'il puisse paraître — était réalisé par rapport aux âges précédents.
L'examen de ces petits livres a un autre intérêt encore. On remarquera que tous traitent des matières de foi ou de morale. La présence réelle dans le sacrement de l'Eucharistie, la foi et les œuvres, la liberté humaine, le véritable sens de la Rédemption, l'intervention des saints, la tradition et le libre-examen, telles sont les questions qui sont discutées dans ces pamphlets, catholiques ou protestants. Ainsi se trouve remise en lumière une vérité que l'on courrait risque de ne plus apercevoir nettement : à savoir que la Réforme du xvi^ siècle fut, avant tout, une révolution religieuse, et que la contre-réforme fut aussi un mouvement essentiellement religieux. 11 est clair — et nous l'avons dit assez fortement dans les pages qui précèdent — que les causes économiques ont eu .sur cette révolution et sur cette contrerévolution une influence considérable : à beaucoup d'égards ces mouvements ont été, comme il arrive toujours, une révolution et une contre-révolution sociales. Il ne faut pas cependant que cette constatation, pour nécessaire qu'elle soit, nous fasse oublier
leur caractère essentiel, qui est d'être des mouvements religieux. Assurément des causes d'ordre économique, des intérêts matériels ont poussé telles classes vers la Réforme, ont retenu telles autres classes dans les vieux sentiers du catholicisme, ont mis aux prises les bandes armées des guerres civiles : c'était cependant pour défendre certaines idées que l'on élevait des bûchers, c'était pour en proclamer certaines autres que l'on n'hésitait pas à y monter. Chaque âge, dans la vie d'un peuple, a ses passions prédominantes : en France, vers le milieu du xvi® siècle, la préoccupation religieuse primait toutes les autres, sans les supprimer.
Ces lignes paraîtront peut-être une préface trop ambitieuse à l'analyse de quelques humbles livrets où revit un peu de l'âme de nos aïeux. Nous avons choisi ceux-ci un peu au hasard, parmi les acquisitions récentes de la Bibliothèque nationale.
Contient divers traités mystiques. — Pet. in-S" goth. S. 1. n. d., Bibl. nat. Rés. D 17.400. — Ce petit volume renferme les petits traités suivants, tous antérieurs au mouvement réformé. L'idée qui y domine est celle de la dévotion à la Vierge et aux Saints.
Le jardin spirituel de l'âme dévote, par Fr. Michel Bougain.
Ueschelle d'amour divine, ])ar Jehan Sauvage.
Instruction pour une femme séculière (1).
(1) Brunet indique quatre éditions in-S goth. de ce traité. En dehors de l'exemplaire relié sous la cote ci-dessus, la Bibliothèque nationale a encore acquis une édition de Paris (Rés. B 27949) et une éd. de Troyes (Rés. Z 35722),
Méditation très devolte pour chacune heure du jour sur la Passion.
Les dix belles et dévotes doctrines et {instructions pour parvenir à Pfectiô novellement imprimées à Paris \pour Symô Vostre librai- re : demourant en la rue neuvfe nostre dame à l'enseigne sainct Jehan levâ- \geliste. [Marque de Simon Vostre]. Du traictié premièrement s'ensuit le Prologue présent. — S. d., mais avant 1520. Pet. in-S^goth. in-S^, signé, A-B. A lafm, un arbre de Jessé, avec la Vierge Mère au sommet. — Bibl. Nat. Rés. D 80.047.
L'auteur enseigne à une dame pieuse les dix doctrines, qui rendront ses prières méritoires. Voici ces dix doctrines :