‹ Études sur la renaissance: renaissance et réformeChapitre 1 sur 7 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

- Ces Études sont le premier écrit de quelque étendue [lie j'aie composé après mon ouvrage sur les poètes Rtins de la décadence.

L'antiquité me menait à la Renaissance. J'ai voulu m'en [onner le spectacle h la fois si brillant et si fortifiant. Je 'ai eu tout entier dans la vie de trois des plus illustres ►uvriers de la Renaissance : Érasme, Thomas Morus, lélanchthon.

Mais, en étudiant leurs travaux littéraires, je devais •encontrer leurs travaux de chrétiens. Ouvriers attachés

u PREFACE.

à deux tâches héroïques, d'une main its exhumaient les lettres classiques, de l'autre ils restauraient les lettres chrétiennes. Pour eux, la Renaissance a été le réveil des deux antiquités.

Comme lettrés, ces grands hommes ont eu le même enthousiasme, la même foi; comme chrétiens, la réforme en a fait trois types caractéristiques des trois grandes opinions chrétiennes qui ont partagé l'Europe au 'commencement du quinzième siècle. Thomas Morus représente le catholique, Mélanchthon le protestant, Érasme le philosophe chrétien.

Je les étudiais avec le dessein de les juger : peut-être les ai-je plus aimés que jugés. Je les ai aimés jusqu'à épouser toutes leurs querelles, jusqu'à me ranger avec eux contre tous leurs ennemis; j'ai cru leurs paroles; et tel a été le charme de ce commerce avec ces belles âmes, que, s'il ne m'a pas toujours empêché de voir leurs fautes, il a bien pu, par moments, me dérober leurs faiblesses.

Publiées pour la première fois, de 1836 à 1838, dans la Revue des Deux Mondes^ ces Études ont été accueillie!

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