ET LA GIRONDE
uns ajoutaient déjà qn'il était prudent d'expulser les Girondins de la Convention.
Cette disposition des esprits, nourrie de l'excitation des circonstances, ne promettait pas une solution entièrement normale à la nouvelle crise que l'on traversait, et, si l'on veut juger sainement des époques et de leurs nécessités, on reconncdtra que les résolutions adoptées furent vraiment les moins douloureuses que l'on pût attendre.-
Non-seulement le maire et la Commune, mais encore un grand nombre de sections, soutenues de la pression extérieure, qui exerçait véritablement son influence, vinrent à la barre de la Convention pour y confirmer l'adhésion à l'enrôlement, mais pour demander en même temps et immédiatement l'établissement d'un tribunal révolutionnaire sous le nom de Tribunal extraordinaire, chargé de poursuivre et de juger sans appel ni pourvoi les auteurs, fonctionnaires, militaires ou citoyens, des complots, des entreprises et des attentats contre la Bévolution, la République et la sûreté de l'Etat; pour demander aussi l'établissement d'une taxe de guerre sur les citoyens jouissant de 1.500 fr. de revenu au moins, et ne s'enrôlant pas parmi les volontaires.
Ces exigences, combattues par Lanjuinais, Guadet et d'autres Girondins, furent néanmoins votées. Buzot en a accusé la pression extérieure, y a vu une conjuration des Montagnards, et en a retiré une nouvelle cause de ressentiment contre eux.
Mais le principe seul du tribunal extraordinaire avait été voté ; la Convention avait chargé son comité de législation des détails et de la rédaction, avec obligation d'en