‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 111 sur 198 · ET LA GIRONDE · texte numérisé non relu

ET LA GIRONDE

Cependant, l'agitation grandissait au dehors, et la Commune elle-même avait dû opposer la résistance la plus énergique aux exigences croissantes des sections. Le décret fut enfin voté le soir ou même dans la nuit. C'est ce que Buzot appelle amèrement la journée du 10 mars.

Ces actes extérieurs, toujours déplorables, ont été pour lui, dans ses écrits, l'occasion d'une nouvelle accusation contre les Montagnards. Si l'on se reporte pourtant aux discours et aux doc^ments de l'époque, on voit que la Gironde et la Montagne ont été d'accord pour attribuer les désordres du 10 mars aux suggestions royalistes, que semblait révéler d'ailleurs la circonstance étrange que le drapeau de l'une des sections avait une cravate blanche, et était surmonté de fleurs de lys.

Mais les Girondins allaient bientôt prendre une de ces revanches auxquelles les partis se laissent facilement entraîner quand ils ne sont pas dirigés par des esprits supérieurs aux passions, revanches qui donnent une satisfaction passagère, sacrifiant des principes salutaires et de tous les jours.

Si l'on s'en tient aux apparences, et si Ton doit croire qu'un homme de la nature de Marat ne pouvait être

préférables encore aux exécutions populaires qui^ aujourd'hui comme en septembre, seraient la suite des lenteurs de la justice. Après ce tribunal, il faut organiser un pouvoir énergique qui soit en contact immédiat arec vous, et qui puisse mettre en mouvement tous vos moyens en hommes et en argent. Aujourd'hui donc le tribunal extraordinaire, demain le pouvoir exécutif, et aprèsdemain le départ de vos commissaires pour les départements. Qu'on me calomnie si l'on veut, mais que ma mémoire périsse et que la R^ubiique soit sauvée !» (Danton, Séance du 10 mars 1793.)

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•hm nuttre de lni-m£me pour Bitirre une voie de dnpliéMf a n'était pas de ceox dont les Girondine eussent ea I» flm i se plaindradans la joamC-e da 10 mare, car U iWst &.trré areo force contre les sectionoaires, les avtùt. ■ignilé» oomme agents â« cxanidcts, et avait provoqué e<^ ftît prononcer des arrestations et des niisee en accasattoi=a ■OBI l*éttC|aette formidable qa'il appliquait si nettemen^K à tint acte ^'il combattait

' "Hiii Marat réprimant nn monrement limentier, c'étai^"^ w |diénoinèn« qui devait rester à l'état de phénomène ^=i ttcn devait revoir bientM le journaliste reprendre slu^ h Wbîtadee de snrezcitatioQ et de provocation; on devaic -t flBntmdre anssi répéter plna d'une fois ses expressioD^B»^ viakntoa ao sein de la OoQvmtioD. Les Girondins l'atten — daiaDt-ils là pour le frapper d'aocufation, et avoir ain Tliion de loi f Ceat doateni:, et il est plus probable qu'ils wnbt laÎBBé entraîner ft on monvement irréfléchi, incon — Béqnent, Aineste coqune tons leors actes.

Déjà il avait été question d'une mise en accosation de Harat, à roccaaion du pillage chez les épiciers, qni avait concordé avec ua article de son journal. Le girondin Ballei l'avait proposée, et Bnzot l'avait repoussée par des raisons d'an ordre peu élevé, mais qui avaient an moins le mérite de rentrer dans l'ordre des idées pratiques '.

A toutes les époques, les mises en accusation par les nugorités des Assemblées contre leurs membres ont soulevé la réprobation des esprits vraiment modérée et pins

(1) • La loi CBt précise, mais Monsieur Marat incidenlera sur ki * expressioQE, le jury sera embarrassé, et il ne faut pas un triomphe ■ fc Monsieur Harat en présence de la justice elle-même. •

{Discourt de Buiot à la OHwentioR,)

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amis des principes qui sont une sauvegarde pour tous, que de ces expédients d^un jour qu'ont pratiqués volontiers tant de médiocrités célèbres, qui ont trouvé trèssimple de supprimer soit les députés, soit même les électeurs, quand les uns ou les autres paraissaient embarrassants.

Le 10 mars s'était à peine accompli, que la Gironde, oublieuse même des paroles de Buzot, saisissait l'occasion d'une interruption de Marat, pour demander et obtenir sa mise en accusation (20-21 mars), et lui préparer le triomphe qu'elle avait voulu éviter un mois auparavant. Cette fois, ce n'était pas seulement une inconséquence que commettait la Gironde, elle établissait un précédent qui devait se retourner contre elle ; elle fabriquait une arme [|ai devait servir à la frapper ; il était entendu désormais qu'il suffisait à la majorité de voter une mise en accusation, sans inculpation, sans acte de la justice et sans instruction préalable, pour qu'un député fût dépouillé de son inviolabilité.

L'inviolabilité, principe tout conservateur, n'était plus qu'une question soumise à un coup de majorité. C'est la Gironde qui a appris à la Convention ce moyen si simple de se débarrasser d'un adversaire ; mais la Gironde, c'était dans ses destinées, faisait naître encore un reproche contre elle au fond du cœur de ses meilleurs nmis ^

(1) « Les Girondins s'abusaient sur leurs propres forces ; leur confiance. . . les conduisait à des fautes graves. La plus grande, sans doute, c'est d'avoir les premiers avili la représentation nationale, c'est d'avoir méconnu l'inviolabilité des députés, par la mise en jugement de Marat : ce fut pour eux un terrible antécédent. Sans doute Marat était un monstre; il provoquait chaque jour au

86 hmTEÊfwamm hk wOÊSTAsasM

.r^^enlNNi ^*ékmimt qm ce gfinâ «redit ànà iUi jitt, qa*fllle devait s» cafMtèw de qnélqwMaES db ttonlmi et emtoiik m leteQtiBeemwtdeeTcèKâofibeHtai fnl Ift oeii?«eieut <to leur pieetige, ait beieeé^^ m^imiA eieindiiy ee idt peidu diaqite jour i que H ftelMIÉÉi •oit mâme fttigiiée aux aocente d*im grand tateMl|nii^ftl aeimce de dOits etérilee, parfoie domprasidlaaÉii fitar la^dioee paUiqoe? Svidemmeat non. Maie œ âmikm éoit e*étQiiiier, c^eet de leur pereévéïaaee nialgié Pepimat fMUp»iVDaigtélewtB commettants, malgié lea uliaeiia» tfeni de leum amie dé pnmnoe. On e'eet Miaà JWÉ% iNp à Paise, quand, emr les affimatimui de qmè^ÈSê iHUattee, ou lee iadioatione de fnelqnes loealitéaj et jÉlk MuI pour repimon de la Franoe ce qtri a^Âatt qiiel%l^ «Ion dee amia de Tancien régime et delà tammBAàà^^m m-'mok lea départements, dent la Gifonde a?ait si aeiÂil iinité la rifalité contre Ptois, am?4a Anm étal iifltf||lH dtliOBtitit^ contre la Montagne, et quand on lMr« représentés comme attachés à la marche politiqne des Girondins.

Bozot lui-même, qui appartenait pourtant à cette Normandie dans laquelle l'action royaliste s'exerçait avec tant de vigueur, et dont l'esprit républicain n'a jamais été ni des plus ardents, ni des plus logiques, Busot se plaint souvent et parfois avec amertume, dans ses écrits,

meurtre, au pillage dans ses feuilles ; mais ce monstre était député, il deyait jouir de tous les droits de député. « Il est envoyé au tribunal révolutionnaire, mais bientôt les sections le reportent en triomphe au sein de la Convention ; cet évé> Dément fut décisif. »

(Guadet neveu, Recherches sur les Girondiru,)

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tout précisément de l'esprit des départements et des avertissements que les Girondins en recevaient K

L'orgueil de la Gironde, d'une hauteur di£Scile à mesurer, ses haines yivaces, ses ressentiments, sa confiance aveugle en une majorité qui lui échappait, voilà seule** ment ce qui explique son opiniâtreté sans mesure, sans prévision et sans prudence.

Elle avait renvoyé Marat devant le tribunal révolu» tionnaire, uniquement pour ses écrits. Quelques jours après (l*' avril 1793), paraissait un décret portant que, sans avoir égard à l'inviolabilité de la nation française, la Convention décréterait d'accusation celui ou ceux de ses membres contre lesquels il y aurait de fortes présom]^ tions de complicité avec les ennemis de la liberté, de l'égalité et du gouvernement républicain. Que des pré^ somptions soient plus ou moins fortes, ou qualifiées ainsi, alors qu'il n'existe pas une inculpation judiciaire, ou att moins une accusation directe, il faut bien reconnaître qu'il n'y a plus qu'une suspicion : c'était donc un régime de suspecté inventé pour les membres de la Convention ; c'était encore un lambeau de l'indépendance parlementaire qui était arraché par les Girondins !

Il est vrai que la Gironde a encore la majorité, mais

(1) Quand nos départements nons engageaient bêtement (le

terme est dur, mais je n'en connais pas d'autre pour exprimer la chose) à nous unir à ces gens-là, y songeaient-ils bien eux-mêmes ? Quelle opinion avaient-ils donc de nous ou de leur propre dignité, en Dous proposant une telle alliance ? Sans doute, nous devions à notre pays le sacrifice de notre vie; mais celui de notre honneur, celui de la liberté, pouvions-nous le faire ? Et cependant, cette monstrncuse alliance n'était possible qu'aux dépens de Tune on de l'autre.

(Buiot) Mémoires, page 141.)

mÊmftmh* ^w les ¥fli—ii l'aient ^ramie wmi. '^^Ê)i b Gimde saint ^ tdle une oontn anx. Ilauiçriik «finMe 4e h Gnoode qm affinne ]« l^ibpilé ém acte qsMil ib Iv frafitcnt, et qm 1m «mm jJJHUM^MliBMqMaJihieMÉiTBLLicDDtreelk!

;■ Ctat weemÊlimM rieqnqnes, duu Wqoelles api» nniai « acmraxt la dobu de Pîtt et Cobourç, étaiesl

t ■bemtle», mmis elles l'ictaieitt plus eocoR i rifçud dtt U Mimtagne qu'à l'^^rd de la Oimodcy à laquelle se rattachaient si ttatoreUtniient besiKXK]{t ià I roTalistct? «jui ii'uToiiaietii pas lenr draj'eaa.

Mais elles ont empnuittf plus de Tivacité ^uonfa rerera, des rébeUions et enfin de rabominabletnbîaoaiB Domoariez, une deé plos criminelles qu'un grand eMpable ut jamais pn ooncevoir. Ni la Montagne ni I> Gironde n'étaient complices du crime de Damonriei, it ponrtaot la Montagne et la Gironde, dans leurs leMutiments, n'ont pas manqué de s'imputer récîproqaementdeB relations avec le traître.

Le décret da 1" ayril, contre l'inriolabilîté des dépstéi, n'a pas été, comme on l'a dit, une des conséqnenceB do crime du Dumouriez, puisque les représentants envojéi vers lai n'y sont arrivés que le 2 avrU. C'est seolement

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ce jour, qu'obligé d'obéir à son gouvernement ou de réaliser ses traités avec les ennemis, Dumonriez a levé le masque, fait arrêter les représentants pour les livrer aux Autrichiens, et pris les dispositions propres à tourner son armée contre la France. Les conséquences exactement vraies de la trahison de Dumonriez .se sont traduites en trois décrets historiques, l'un ordonnant l'arrestation de Philippe-Égalité et de sa famille, dont le fils aine, aide de camp de Dumonriez, était passé avec lui aux Autrichiens; l'autre établissant trois représentants commissaires de la Convention auprès de chaque armée; enfin un décret constituant le Comité de saàU public composé de neuf membres, et centralisant toutes les affaires aux mains de ce comité.

n fut installé le 10 avril (1793), et fut le premier Comité de salut public de la Convention. Us ont été trois, distingués par leur renouvellement, ou par la composition de leur personnel. Le premier a duré seulement trois mois ; le second, appelé avec raison le grand Comité de salut public, a été installé le 10 juillet suivant, et n'est tombé que 'sous la réaction thermidorienne; le troisième a été le comité des thermidoriens.

La composition du comité du 10 avril, que les Girondins avaient cru devoir leur appartenir, fut au contraire un échec pour eux, car on y vit à côté de Barôre, venant de la Plaine, mais voulant par dessus tout le salut de la Révolution, Cambon, Danton, Treilhard, Robert Lindet, Lacroix, Jean de Bry.

Cependant la lutte engagée entre la Montagne et la Gironde continuait avec toutes ses ardeurs, et, loin de se circonscrire, elle prenait au dehors, dans les sections, dans

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h* «odétte pvpdKm, 4nu la popolation tout entière, des MÎtiit saoâ cesse. Malheareasei H fraudait qn'il fallait que l'ane maouabàt devant l'antre, et dasB Véqtît pdhiio toot ttitîat (crainte des uns, espérance des MtMB)f fl. diiwrit «Uir que lea Grirondias ne ponvaient <|KB-pndte'lB mfvdstïoiii Qu'on ajoute à cette conviction, VMÎ* d'ullatm, qui n'wt pluB discutable, le sentiment dtee ptqmlation ■ttaqoAe par eux si souvent, toiyonrs KVàO l^mté, qaelqufcil vrec menaces, et on pourra voir b~':teblan da 1» ntiutiio& que leur faisait au mîHea de SBn> Ift tnlnaon de DotnAiriez, qui ouvrait de nouveau pOV Ik M^îUa, ol^Mitif dw arméea étrangt^res, des pe»pMtÎTM dvigeisosai, et qui jetaient dans Tàme des ^•ItMM ont «ofte ds tetrmr.

.-iA|i dan pétitiiMi et dn adresses avaient été fonnulées i tOBite ]bê Oùrondins, mais la snrexcitation • M ponnit aUtener cette disposition des esprits. Ia question, agitée dans les sections, f avait réuni h presque Tmanimité, et plus des cinq huitièmes des seotûm arrêtèrent ose pétition, i^ipronvée par la Conttaene, qm demandait à la Convention Texpolsion de vingt-denx dt aea membres désignée nominativement, et parmi lesquels figuraient : Vergniaad, Guadet, Barbaronz, Bnzot, LovreA Pétion.

Une telle pétition dessinait ofBciellementnnesitiuttioB qni était an fond des esprit»; mais sa portée était telle qa'ancone forme parlementaire ne pourrait exista araeo de pareils procédés, et sans la position si fausse que les GKroadins s'étaient iaite, sans la confusion de pcnroin qu'ils avaient introduite dans la CcmTcaticxi, sans la n^ia-

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tion de principes qui avait été dans leurs procédés^ il n'y aurait pas eu besoin même de leur talent, pour faire condamner, par la masse elle-même, la demande subversive dont elle était Tobjet. Mais la masse n'y vit qu'un moyen qu'ils auraient eux-mêmes pratiqué, s'ils l'avaient pu, contre leurs adversaires, et un moyen employé cette fois eu &veur de la Révolution contre des hommes qui étaient un danger pour elle.

n fiuit le dire, car assez de documents l'attestent, la masse ne fut pas seule à penser ainsi, et, parmi les hommes préférant habituellement les principes aux expédients, ce ne fut pas dans les rangs de la Montagne qu'on en trouva le moins pour déplorer les envahissements de la Conmiune et la pression des sections sur l'Assemblée. Parmi eux aussi, il s'en trouvait qui n'étaient pas étrangers au développement des mouvements qui prenaient pour objet direct l'expulsion des Girondins.

Dans le Comité de salut public, on considérait Danton conmie un de ceux qui se rattachaient à ce moyen d'en terminer avec la Gironde. Robert Lindet était convaincu aussi que les Girondins perdaient la Révolution, et il n'était pas le moins vif à blâmer des prétentions personnelles que, homme d'affaires consommé, il savait mieux qu'un autre n'être que la suffisance de Vinmffisanœ^ et à déplorer que des luttes d'influence aient pris la place du patriotisme et du devoir.

La Gironde était réduite à sa majorité numérique qui reposait sur le concours de la Plaine . . . C'était là l'élément que les Girondins étaient pourtant obligés de ménager! . . .

Quel rapprochement du courage et de la lâcheté, du beau et du laid !

M «ntei

tillu impfaiiitini, on ao^irand Biteit T^mhiA J ûknÎÊiiaa, ot m raiiut diu nu latte it^EileqBef« diMirMrran dot mù« wggnrfi il n^ fiiwaiMri^ mil «■iUp«ikkBcaaDaœdaitiedi»dTaEikdiBi le^MlSi 9Vt: fmÊtnM, <k qiB Ml {nniit qu'onviir la pert» à Fhnoitn i^gJmetMk este.

« eMwiM;fHlqa«n|i)iu d'npénuaee n'om pas mfiue Tait îIIqmou i l là yblMlt d'«Bire nooK Arec vu peuple comme les Français el t,'i4BÉlMdNMABMifltiS«Wil*ntnwTklD». il fallail que l'iii- •,dHe dv flriflM ronporlU à U Iratgoe; et la France, après atoJr • piMè pu toUn in horrenn de U llmnee ai de l'anarcliie. deuii l''atfa périr. « ^ntot, Jrrfmutm, page 1360

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