CHUTE DE LA GIRONDE
Les Girondins demandent la dissolntion de rAssembiée. — Ils sont accusés de trahison. — Leur politique toute monarchique. — Commission des Douze. — Ses usurpations de pouvoirs. — Ses arrestations arbitraires. — Pétitions à la Gonrention. — Réponse insensée d'Isnard. — Danton rappelle les Girondins à la prudence. — La commission des Douze continue ses proYOcations. — Elle arme trohs sections royalistes. — Les pétitions se succèdent à la Gon- Tention. — Les Girondins s*élèTent contre ses décrets. — Laiy uinais ; son beau talent au service d'une cause perdue. — Les sections s'agitent. — Le 31 mai. — Voix tardives pour en empêcher l'effet. — Le comité de salut public formule aussi sa demande. — La majorité abandonne les Girondins. — Ils quittent la séance. — Puissance de la Montagne. — Robespierre demande un décret d'accusation contre la Gironde. — Suppression de la commission des Douze. — Le 31 mai continué, complété. — Belle proposition de Garât. — Quelques Girondins acceptent d'offrir leur démission. — Beaucoup s'y refusent. — La Convention cernée par les sections. — Le 2 juin ou chute définitive de la Gironde.
Cies Girondins sentaient le besoin de se soustraire aux possibilités dans lesquelles ils étaient réduits à se dé- •tre; mais, comme si une question d'amour-propre eût ^iné leur pensée, ils voulaient abandonner le terrain, ^B le laisser à leurs adversaires. La dissolution de TAs-
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scmUéa s'Atait d^'f moBtrée parmi leurs moyens: ilt) ■emblMent btoît reculé devant les clameurs plus on moiiu fendées qoe {enn Mkîs eux-mûmes avaient poasBée^ eontae knr imget de oonstitutiou ; se trouvant peut-être i bout de reHoaraes, et sana antre moyen convenant à bar QtneUn de «ôcttr d'embarras, ils revinrent à kur lotgei, rt uq décret du 13 mai régla l'ordre de discussioii da prqjet de ooiutitation.
D DS Ant pu KnleniMtt se dire que, dans la ettuatioc dei choMB en TVanoe, dea élections générales devaieut étie, wwnml é^nent de guerre civile; il semble avoir 4t6-^htiu h deetinte dea Grondins (qu'ils le youlnssent on non) -dlB ne Itioposra jamais que des moyens de tocniUMI nwù jamyis on pnys, dont luie assemblée e«t le Hid pônToirgooTememeotal, n'a eu plus grand besoiu que I« Tranoe ft cette époque d'avoir un gouvernement pmnnt ftfflnofr u dorée et maintenir sa puissance.
Las prineipalet vitiee du Midi, agitées par des éléments divers concourant tous à la dissuUition âe !& puissance publique, affaiblissaient la France; les isi^ rectionB vendéennes prenaient des développements <0Q- BÎdérables, et obtenaient d'un genre de guerre inoonsiL jusqu'alors des succès contre lesquels les troupes répi^' blicùnes ae sentaient parfois impuissantes à la TéBi*" tance; les forces étrangères pressaient la France de toUï côtés, et les Autrichiens, les Prussiens, les Hanovrieni] les Hollandais, les Bavarois, les Saxons, les Anglais, Is) Espagnols, convergeaient vers an centre common, Pans, en rétréoiasant le cercle avec métbode, mesare et séooiiti.
En nn pareil moment, avoir la pensée d'enlever i là France son seul gouvernement, on an moins de rénenm,
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était le propre de ceux qui voulaient sacrifier la Révoition à l'étranger et à l'émigration. Un tel crime ne eut pas être reproché à la mémoire d'hommes comme 'ergniaud et Buzot, et quelques-uns de leurs amis, mais aveuglement chez eux était tel qu'il faut bien admettre a'il ait été entretenu par un entourage qui ne perdait as de vue ce but caché en excitant leur suffisance, et il iut bien aussi constater qu'ils ont dû, nécessairement, ar une conduite aussi peu patriotique, donner crédit aux :>upçon6 de leurs adversaires.
Et quand, d'un autre côté, entraînés dans cette voie éplorable, ils ne montraient plus leur tendresse que our les plus implacables ennemis de la Bévolution, et ^servaient leurs colères pour ceux qui n'avaient commis l'autre crime que d'avoir embrassé sa défense avec trop l'ardeur, les Girondins, instruments de la trahison, auorisaient contre eux-mêmes l'imputation de trahison,
La grande affaire, en effet, des Girondins, en un pareil aoment, c'était la réclamation de Bordeaux qui voulait âen marcher contre la Vendée, lùais voulait aussi càarcher contre Paris ; la réclamation de Lyon en faveur ^es suspects, qui ne devaient pas y être en petit nombre, t enfin la prétention de Marseille d'exécuter ou de ne ^«« exécuter, à sa volonté, les actes du gouvernement, '-•t quand ils parvenaient à faire voter des décrets '^iiformes à ces demandes, et à faire déclarer patriotique ^^ conduite des royalistes, très-royalistes de Bordeaux, 1^ Girondins dissimulaient en vain, comme le font Bouvent les partis, leur action sous des mots sonores qui De prouvent rien; ils montraient en fait qu'ils étaient monarchistes.