Tome
Tecdifô à Ëvreux ; Bougon de LoiignÛB, le présideiit de raesemblée, est aussi à Evreux où il exerce un poaroir dictatoribi, où il fait même empriâonner les femmes qui ne lui paraissent pa« «voir la langue assez réservée, CM, donc sur Kvreux qu'il faut.uiaiut>eQaDtdiriger l'attention.
On a vu l'insurrection y lever son premier drapeau aveo uu éclat qui en avait impoat; d'abord aux populations et qui avait servi de signal à tona les efforts de Fintériear contre le gouvernement ci»ntral. La présence de Bnflot avait rallié délinitivomeut Icb adliésions douteuses, et ta luite de quelques patriotes avait laissé le terrain libre à l'cHprit d'insurrection.
Pins tard mâme, alors que des émissaires partaiens, se
liant aux po[)ulatioiis, avaient munie panai elles oue
3 doat les insurrectenrs n'ont pas tout d'abord senti
rande portée, Evreox n'en avait pas été atteint, parce
lee émissaires venus dans ses murs y avaient apporté
oes paroles contraires à celles qu'ils éuient charge de
répandre, Us étaient des trois eections parisiAnneii At U
Fraternité, de Molière et La Fontaine et dn Pottt-Neof,
et jouèrent à Evreux, comme d'autres ailleurs, Ob ttilt
qu'on fitt quelque temps à counaitre à Paria ; arrÎTéi i
Evreux, Ua a ne méconnurent point les faite qui avftîeiit
c excité le département et appronvârent même aee prii»'
c oipes et sa cx)nduite. >
Mais le bruit qui se faisait dana la ville d'ËvreUz, et qui avait étourdi les têtes, durait trop longtempa sans résultat, pour ne pas lui laiaeer apercevoir enfin le vide dans lequel elle s'agitait et l'isolement qui se faisut pour elle dans le département.
Les délégués du district de Font-Âudemer il l'assetn-
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blée msurrectionnelle da 6 juin, armés de Tadresse éner* giqae du 4, signée dans leur ville, avaient bien fait remarquer les six à huit cents signatures de cette adresse, les engagements qu'elle y avait pris, et ils avaient bien dit que tous les citoyens de Pont-Audemer étaient levés et prêts à partir; mais, depuis, Pont-Audemer n'avait pas envoyé son contingent, et on savait bien qu'il ne l'avait pas dirigé vers Bouen, dont le directoire ne prétait pas la main à l'insurrection.
Louviers était sans doute acquis de tout cœur à l'insurrection, mais Louviers ne marchait pas seul sur Paris, dont Pont-de-l' Arche, les Andelys et Vemon lui fer^ maient les deux routes. Louviers n'avait même pas essayé d'agir sur Pont-de-l' Arche et n'envoyait pas de volontaires à Evreux, son chef-lieu et son voisin si proche.
Le mauvais vouloir du district de Yemeuil et du district de Bemay pour l'insurrection n'était pas douteux.
Les relations rompues avec les Andelys et l'énergie indomptable déployée par Vernon, dont la position géographique était importante pour Paris, faisaient présager pour le département lui-même une lutte intestine pleine d'ardeur et de périls.
La réflexion, cette ennemie des longues insurrections qui n'ont pour se soutenir ni un grand intérêt permanent, ni un excitant journalier capable d'émouvoir et d'augmenter sans cesse la passion, ni le fanatisme religieux, inspiration de chaque heure, la réflexion pénétrait dans l'esprit des Ebroïciens, et même des volontaires de la garde nationale, appartenant tous à cette petite bourgeoisie, qui se connaissait, se tenait par le coude, si l'on peut parler ainsi, dépourvue encore de sens politique.
HABCBR DK L'aRK<E
»ant des inetincta plutôt que de l'appréciation, causant devisant, deveuaut goup<^oDQeuae devant certains »î âmes et certaiuB noms, et ne tenaut plna à rinsiirrcction que parce qu'elle savait Bnzot et ses amis restés à Caen, qu'elle les croyait les chefs, la vie, l'âme du mouvement, et qu'elle jugeait ce mouvement n'avoir pour objet qu'une pression tendant à rétablir sur leurs si^es des députés victimes d'une violation illégale de leur mandat et d'un attentat contre le droit des départements qui les avaient élus. La génération actuelle a vu les restes de ces volontaires, et a pu en connaître l'esprit.
Sans aucun doute, la Convention avait montré de la nodération et avait été habile, trop longtemps habile, il
; vrai, quand, en vue de cette population, elle avait laissé l'ingurrection s'agiter dans ses difficultés, se créer des embarras par l'emploi peu jnesuré de ses ressources et perdre sa vigueur dans le refroidissement forcé de son premier enthousiasme.
Mais Evreux, enlevé par une inspiration da moment et un sentiment presque local, ne concevait plos bien la portée du mouvement parti de ses murs et les projets réels des instigateurs. Quand il lisait leurs pnblicatioDB, il voyait qu'il n'était plus question que de vengeances et d'exterminations, et quand il écoutait les refrains et les chants de l'insurrection, il comprenait qu'il s'agissait bien en réalité de biffer Paris de la liste des cités'. Tout cela pouvait bien entrer dans la t«te de quelques hommes
(1) Mai'seillaise des Normands Enfants de la liëre Neusiric, Courageux défenseurs des lois,
INSURRECnONNELLE 277
violents on écervelés, mais était hors da sens et du tempérament des petits bourgeois d'Evrenx.
C'est TOUS qa'implore la patrie ;
Levez- vous, marchez à sa voix.
Rappelez-vous l'antique gloire
Des héros ca vous renaissants.
Allez cueillir aux mêmes champs
Tous les lauriers de la victoire.
Aux armes, citoyens ! terrassez les brigands; La loi (bis)j c'est le seul cri, c'est le vœu des Normands.
Sur la Montagne parricide, Trône de nos nouveaux tyrans.
L'anarchie à l'œil homicide Prononce ses arrêts sanglants.
Elle foule, etc.
(Vaultier, Note de Mancel, page 276.)
Hymne civique des Bretons marchant contre l'anarchie
Salut, enfants de la Neustrie,
Fiers amis de l'égalité.
Salut, au nom de la patrie.
Des lois et de la liberté.
Guerre et mort aux tyrans, mort aux apêtres du carnage! Que l'horreur à jamais s'attache à leurs coupables noms !
Point de meurtre, point de pillage > l l-
C'est la devise des Bretons. j
D'un trône, etc.
(Buzot, Mémoires, Note de Guadet, page 68.)
Air de la Marseillaise
Paris, ville longtemps superbe !
Fière de tes palais orgueilleux !
Bientôt on cherchera sous l'herbe, Les restes de tes murs fameux (bis).
Etc.
(Souvenirs d'un bourgeois d'Évreux, en note, page 61 .)
I^TS MAltOHK DS L'ABHte
Ub Mvaieot compter d'aUleare, et voyant lee propor- ^DQB deB forces iuBurrectioimelles, ils compreD&ieat bîeu 'mae Paris ne se laisserait pas rcnveiser par quelques îilliers d'instirgi-s.
A qaoi bon, d'ailleurs, qnand oh voyait cette Conven-
ion, occupée tranquillement désormaiti aux afFairea eé-
teuse» du payij, rendre des décrets d'tnoontestable intérêt
léral et se livrer même i des fondations dont on devait
bendre des effets nouveaux et importants ? Et quaad
B^le appelait eu diiSnitive toute la France à un onlic
lulier par une Cuustitntion qui ne méconnaissait le
I droit de personne et consacrait le droit de tous?. . . .
Et l'argument, le grand argument de la ConstitntioD,
orme retournée dans tous les sens, continuait ses ravages
tdlans les rangs de l'insurrection.
Wimpfen a dit, à propos de Caen ; « t insurrection w « gagnait pas; » on peut dire à propos d'Evreux : rineurtection baissait. Aussi vit-on m^nie des signataires, daq eignutjiires de lu déclaration iodurrctioiinflle du Ô juin, se présenter vingt-deux jours après à la barre de la Convention et y faire leur rétractation, que la Convoitioii acceptait avec un empressement peut-être étudié, et qu'elle montrait encore, quand, sur l'exemple donné, plusieurs autres signataires et le procureur général syndic lui-même s'y présentaient aussi pour se rallier aa gonvemement.
Les corps judiciaires eux-mêmes n'avaient plus de confiance au succès de l'insarrection, et frappés de suspension par décret, après leur adhésion si solennelle ta mouvement, ils vinrent bientôt, avec une candeur à laquelle la Convention n'a dH jouter foi qu'en souriant,
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riuB0i:ir6r de leur dévouement et la prier de les instraire dee moti& de lem* siu^pensiop, afin de pouvoir réfuter la calomnie et manifester leurs sentimenta : la maison croulait, car les rats s'en sauvaient.
C'est ce que ue voulaient pas comprendre tous les insurreçteurs d'Svreu^. Bs n'entendaient pas surtout que le tribunal criminel, obéissant aux décrets de la Convention, suspendît ses fonctions. Un des plus remuants d'entre eux, homme de pratique judiciaire, se chargea de placer le tribunal sous le coup d'une vigoureuse mise en demeure. H réunit les sections de la ville en assemblée générale et, tout en remplissant les fonctions de secrétaire, il fit décider que, <i par une conséquence immédiate de c l'adhésion solennelle donnée par les juges aux mesures K adoptées par le département, » le tribunal serait invité sur le champ à reprendre ses fonctions. Les sections se déclarèrent en permanence, et uommèrent deux déHégak^ chargés d'agir instantanément auprès de l'assemblée insurrectionnelle et vis-à-vis des membres du tribunal- L'actif secrétaire minuta la délibération, en fit les am« pliations et les deux délégués se mirent en course. L'un d'eux était huissier, ce qui a prêté à dire (erreur pour les uns, plaisanterie pour les autres) que le tribunal avait été sommé par huissi^. Le tribunal criminel avait alors à sa tête non pas son président Buzot, mais un vice* président, disposé à prêter son concours à toutes les combinaisons contre le gouvernement, mais sans danger pour lui-même ; rompre ouvertement avec le pouvoir central ou avec l'insurrection n'était pas dans le tempe* rament de ce magistrat à la prudence éveillée. Les deux délégués^ dont un huissier, on le sait, procédaient respec-^
laement par reqniÂte, mais enfin par nne reqoêto [naudaiit positivement la convocation des membree du tribonal criminel sur l'henre mênie, pour di'lîbérer snr la demande des sectinna et mettre les dôléguéB à portée de leur rendre compte de la mission qu'iU avaient acceptée, Le vice-président reçut la requête, la garda pour 1» communiquer à ses colIt-gucB, et, s'il ee dispensa de la souscrire d'une ordonnance quelconque, il réunit pourtant oeux-ci en présence des délégués. Le tribunal criminel de l'Eure allait prendre de nouveau un parti décisif; 11 allait refuser exécution aux décrets de la Convention, ou s'insurger contre l'insiirrection. Mais les sections, l'huiBsier délégué et l'avisé secrétaire n'avaient pas tout prévu; le tribunal, indépendamment du ministère public, qui se dispeusiùt de requérir dans Isi circonstance, se compoeait de cinq membres, dont un président, Busot (absent), un viceprésident et trois juges pris alternativement, et par trimestre, (liuis les tribunaux de dintrid. du dépiirtj'nu'nt. Un des jugea avait eu besoin à Gisors, l'un des cantons des Andelys si ardent contre l'insurrection; cejugepartià Gisors n'en revenait pas ; ses deux collègues de session exposaient que, leur trimestre devant finir le lendemain, ils ne pon- -vaient engager leurs successeurs, et le vice-président montait qu'il se trouvait seul, nombre évidemment insuffisant pour délibérer et arrêter une résolution quelconqne. La situation exposée aux sections, le secrétaire, qui ne parussait pas convaincu, quiaurait voulu trouver seulement des prétextes là où on lui donnait des motifs, ne put jamais résoudre la difficulté, et, sous le gouvernement insurrectionnel, le département de l'Eure dut se passer de tribunal criminel. II ne parait pas que les patriotes en aient gémL
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Ce secrétaire plein de zèle et d'activité s'appelait Pain, nom nouveau dans ces récits. H n'est pas inutile de faire remarquer, pour la meilleure recherche du caractère de l'insurrection, à laquelle on a trop facilement supposé le projet de la forme républicaine du fédéralisme, que ce nom de Pain, conmie il arrive presque à chaque nom nouveau qui s'ofire aux yeux, peut avoir, lui aussi, une signification royaliste, car on a vu Pain consigner dans ses vers, sous la Restauration, un enthousiasme dont ce n'était pas la sincérité que l'on contestait i.
Ces insurrecteurs acharnés, persévérants, qui avaient tant caressé l'idée de renversement par un soulèvement auquel ne répondait pas l'esprit des populations, et qui restait dans le vide depuis plusieurs semaines déjà, devaient d'autant plus redouter les défections que la Convention facilitait davantage les retours vers elle.
Son décret du 26 juin ne put être promulgué partout
(1) Du pontife qui Teille aux sacrés tabernacles, Rattache la tiare au sceptre de Louis ; Louis, fils de l'Eglise, écoute ses oracles, Comme Gharlemagne et Clovis.
0 toi qui des états règles la destinée, Bénis notre avenir
Fais refleurir les lys ; de leur tige sacrée, Qu'il sorte un précieux et brillant rejeton ! La nation en deuil, gémissante, éplorée, Te demande un nouveau Bourbon.
(Pain, Ode sur Vaihéisme, 1820)
où siégeait le pouvoir inHurreotioQnel, mais l'impossibilité dfi U publication rendait phiK larges encore des délaÎB dont plus d'un inetigat^ur de l'insiuTection put profiter '.
L'&stucieux Bougon de Longrais n'était paâ le dernier i comprendre lee dangers de Tapatsemeat qui se faiwit dstis les etipritâ inaargôs et des facilités de retour qni leur iHaient offertes. C'était une insurrection à galraniser; il De manqua paa de s'y employer, aidé de ses amiâ dn Calvados, et, si l'on en croit Gardembaa, qui, devenu plu* tard prisonnier, devait s'efforcer de reporter la pins grande part de responsabilité sur les absents non emprisonnés, « bientôt on entendit les forces armées ctraugèrea me- « nacer la ville d'Evreux, si les citoyens ne voulaient < pas suivre la même cauBe qu'elles avaient eutiec prise. B
Bougon fit faire un pas en avant à l'insurrectioD p»r
(1) Lft Convention s reçu des rétractations qoi justifieront à Upo»térité que l'homme Tertueui peut être égaré, nais que «es yeux l'ouTreat à la lumière avant que son égaremeot devienne nuisible à la société et k l'humanilé, — Ces exemples, en ayertissant de réprimer les troubles dès leur oaissanee, et d'être sëière envers toat factieux et tout conspirateur, font un devoir au législateur humain et sensible d'accueillir des citoyens égarés, et de n'offrir que l'instnC' tion et les lumières à ceux qui ont toujours été attachés tt leur patrie et qui n'ont besoin que d'être éclairés pour reprendre leur rang parmi les bons citoyens... Décrète: Art. I". Les... qnioutpris ou signé des arrêtés tendant & armer . . . seront tenus de faire et de notifier. . . dans les trois jours de la publication du décret, leur rëtrectation. . . — 2. Ceux qui. . n'auront pas notifié leur rétractation sont déclarés traîtres k la patrie. — 3. Ceux qui seront rassemblé! en armes seront tenus de se séparer sur le champ. — i. Ceux qni ae ae sépareront pas. . . seront dispersés et punis de la manière prescrite par II loi du ai août 1791. (Décret dn 26 juin 1793.)
INBUBRSCnONNBLLB 283
l'occapation de Pacy, le 1^ juillet. Pacjr fiit occupé d'abord par un détachement des dragons de la Manche, le bfktaîllon de volontaires insurrectionnels destiné aux Vendéens, détourné de sa route et ramené sur Evreux sous le nom mystérieux de 6* bataillon du Calvados, -^ le bataillon de Bayeux prenant le nom de 6^ bataillon bis. Us avaient avec eux, à Pacy, huit pièces de canon. Bien que la belle et grande route qui va de Pacy à Yemon n'existât pas alors, bien que la communication d'Evreux à Yernon ne 9e fît pas habituellement comme aujourd'hui par Pacy, oiais par une route directe traversant, à Cocherel, la vallée d'Eure, et appelée encore à Evreux chemin de Vernon, l'occupation de Pacy permettait : ou d'attaquer Yemon, si Ton voulait le réduire avant de marcher sur Paris, ou de suivre direot^Bient la route de P^is, si l'on voulait négliger Yernon,
n est probable, d'ailleurs, que Toceupaticm de Pacy avait été au moins concertée, et qu'on en attendait un certain effet moral ou un prétexte, pour le général, à une tentative auprès de Custine.
Ce malheureux Costiue, qui avait un peu la manie trop répandue alors des dénonciations et qui était destiné à être dénoncé lui-même, a été l'objet de toutes les combinaisons séductrices des insurrectiona. Point de dépars tement insurgé qui ne lui adressât ses actes et ses publications ; point de déserteur et de tndtre à son drapeau qui ne s'adressât à Custine. Ces gens-là devenaient compromettants pour lui.
L'assemblée centrale de Caen envoya aussi ses actes à Custine, et Wimpfen profita de l'occasion pour provoquer une suggestion appuyée sur ce qu'il app^t la
prise lie'Pacy, mais Castioe fit aae réponse Dette et eal Boiii de la rendre publique'.
L'occupation de Pacy resta donc ce qu'elle était : on mouvement en avant, la prise de possession d'un poste non oaDs utilité et l'occasion pour les Vemonnais de redoubler de surveillance vîa-A-via d'un ennemi qui se rapprochait.
Les Vernonnais et quelques-uns de leurs amis lej Andelysiens poussaient parfois, vers Pftcy, des reconnais- BaDces qui ne donnèrent jamais lieu à un engagement, et
i n'occasionnèrent que l'échange de quelques coups de
il, dont l'un blessa un Ândelysien auquel son district f^t soin de voter une pension.
Mais ce fut l'occaeioD pour les Vemonnais de faire une double capture à laquelle ils donnèrent le plus de retentîaaeiuent qu'ils purent, lis avaient fait prisonniers deux volontaires du 6° bataillon du Caleados, et, normands « de la lisière pire que le drap, » comme on dît dans notre province, les Vernonnais interrogèrent, constatèrent, verbalisèrent, et il résulta de leurs paperasses que
(1) lettre dt Wimpftn à Custim.
Je proQte de t'occasion, mon cher maître, pour me rappeler à votre soaveDir. La aouTeUe de U prise de Pacy tous est sans doute parTenne. Plaise BU ciel que la cruelle anarchie Boit anéantie par vos soiiul Vons Bvei l'admiration de toute l'Europe militaire; vous mérites la recoanaissancfl de tous les hommes libres.
R^rue de Custine à Wimpfen.
La nouvelle de la prise de Pac; ne m'est point parvenne, mais j'sTOue que je la regarde comme un attentat k l'unité et à l'in^visibililé de la République. Vous m'aTez mal Jugé. Du moment que tous Mes reTétu d'une qualité que vous ne tenez pas de la loi, je dois vous regarder comme le chef des factieux. Je romps toute correspondance a*ec TOUS, jusqu'à ce que vous tous montriei vraiment répubticaîD et digne des lauriers de ThiooTllle.
INSURBECTIONKELLE 285
les deux prisonniers, nommés Blonet et Bailly, faisaient partie d'un bataillon destiné à Varmée catholiqtie pour laquelle ils s'étaient enrôlés, et qu'ils avaient été conduits à Evreux pour servir dans Varmée de Buzoûy « parce que, « leur a-t-on dit, celle-ci et celle des rebelles de la Venir dée ne font qu'une. i>
Vemon, bien situé, bien disposé, hommes et choses, pour la défensive, n'avait rien qui pût le porter à prendre l'offensive; les forces qu'il renfermait et que l'on a parfois confondues avec celles qui se rassemblaient à Mantes et qu'il aurait été imprudent alors de faire avancer, on verra pourquoi, les forces de Vemon étaient trop restreintes pour prendre l'offensive. Pourtant les démonstrations de Vernon, cette surveillance incessante et si peu dissimulée qu'il exerçait sur Pacy, le concours si marqué des Andelys à la lutte de Vemon, l'esprit des habitants de Pacy, hostiles à l'insurrection, pouvaient exciter des craintes et réclamaient des précautions.
D'un autre côté, les représentants de l'assemblée centrale. Bougon et autres, qui gouvernaient à Evreux, sentaient probablement la nécessité d'engager davantage les volontaires ébroïciens dans l'insurrection.
Ds renforcèrent donc Pacy non pas seulement d'un nouveau détachement des dragons de la Manche et de volontaires du Calvados, mais d'un détachement des volontaires d'Evreux et de deux pièces de canon.
Les choses en étaient là, quand Puisaye arriva à Evreux, le 10 juillet, et y prit le commandement, la veille de l'arrivée du deuxième contingent de Caen, le contingent des cent trente enrôlés par corvée et des dix-sept volontaires de la revue du 7 juillet.