‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 161 sur 198 · LA B]<PRESSION DANS LB CALVADOS · texte numérisé non relu

LA B]<PRESSION DANS LB CALVADOS

c il faut des hommes qui aient le courage de proposer c des mesures fortes, qui osent même attaquer Tamour- € propre des individus. Sans doute, chacun est libre de c dire sa façon de penser sur le comité, mais cette liberté c ne doit pas aller à un tel point, qu'un député, qui est € rappelé du fond des départements, parce qu'on juge c qu'il a cessé de bien servir le peuple, prenne le devant c et accuse le comité. j>

Singulière destinée que celle de Duroy! Il semble qu'il n'ait jamais eu le droit d'être lui-même. Il a échappé non sans peine, non sans lutte, aux exigences dominatrices de Buzot pour tomber sous la férule dominatrice de Bobespierre. Il échappera également à celle-ci, mais pour succomber enfin sous les coups des féroces modérés de prairial

Bobespierre donnait prise sans aucun doute à une réplique vigoureuse, mais il n'y avait pas de réponse possible pour un homme isolé dans une assemblée qui couvrait d'applaudissements bruyants les paroles de Bobespierre. Elles n'étaient pourtant qu'un trait venimeux lancé par un perfide, et applaudi par les séides qu'il avait déjà. Mais le commissariat de Duroy n'entachera pas sa mémoire; il restera, bien au contraire, comme une attestation de l'intelligence politique et de la droiture d'un patriote honnête et pur.

La réclamation de Duroy en faveur de Humbert et de Tilly, qui avaient rendu d'incontestables services, était juste au fond. Us étaient des ci-devant ; mais cette objection, la seule qui leur fût applicable, semblait singulière, quand elle était faite dans une assemblée où il ne manquait pas de ci-devant, et par un comité dans lequel,

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comme un reflet peraonuel de l'assemlulée elle-raëine, ne se trouvait pas sculuiueiit CoUot tl'Herboie, ajaut ccn- Mrvé «a particule équivoque, mais bon nombre de cidevaut comme M. Bari're de Vîeazae, M. Hôrault de 8>''cbËlleA, AL Billaud de Vareiiuec!, &L le vicomte iJe SHiiit-Jast et M. de Hobespierre lui-même.

Muis, sans iju'it s'ui doutât, DuroT avait contribué i l'écloeiou d'une question pesant lourdement sur la aituar tioD, et qui ue pouvait être trnncbée, sans les plasgraoïis périla, autrement que ne l'a fait la Convention.

Cette question divisait probablement les esprits bien plu» que nous no le supf^nnouit aujourd'hui, et les Jacf^ÎBS avaient uuejçnindi; influen™ alura sur Topiaion publique, ptiinqu'il ne Buffisait pas à Robespierre du vote de la Convention, et qu'il allait, dès le soir m^me, plaider devant la tiociijtti d«») Jacobins la cause gagnée devant la CoD- Tvutiou. ^ou discours aux Jacobins, rempli de raisons •érieitsee, avait une valeur que n'avaient pas ene aca phnises si vîveiiicut applau^iies h l:i Convention.

Mais il se laissa, tout aussi bien attx Jacobins qs'è k Convention, entraîner à cette habitude pourtant ai mal»droite ou de parler de lui-même, on de semer les soïQ)' çons sur ceux de ses collègues qni croyaient avoir le droit d'émettre une pensée contraire à la sienne. ÂDJotud'hui cenx qui l'avaient combattn formaient c une secÉs d'hommes qui a voulu perfectionner et finir lea opératioBS protégées par la faction brissotine. >

Couppé (de l'Oise) présidait aux Jacobins; battu, ^ fiusilement battu, sur des questions économiquee, pu Thuriot, Couppé ne manqua pas l'occasion de preadre une revanche contre Thuriot et d'en faire ou coatre-rév»>

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Intiotiiiaire. Conppé disait s'être cm ramené aux temps malhenreiix où l'on entendait Brissot, Guadet, Yergniaud et Pétion. Ces nouveaux orateurs ont été applaudis :

< une partie même de la Montagne applaudissait, car

< c'est par elle-même qu'on veut les combattre ; mais ce

< n'était pas la vraie Montagne, celle qui a fait et qui c maintient la Bévolution. . . Ces hommes donc avaient € un parti nombreux : qui sont-ils? Vous en serez

< étonnés ! c'était Thuriot, c'était Duhem, c'était Duroy, c etc. Quel était leur but? Je n'en sais rien; la suite les € jugera, mais s'ils ont tenu en ce momfënt le langage des c contre-révolutionnaires, le peuple ne se laissera pas

< abuser; c'est là surtout qu'il faut porter notre attende tion. »

Un autre attaquait Thuriot pour la feuille que devait publier le Comité d'instruction publique, et qui n'était qu'un moyen de diversion aux grands objet» du moment.

Puis im autre encore arrivait enfin à dégager cette conclusion qu'il 7 avait d une conspiration jusque dans le sein de la Convention, d

On aurait bien voulu la dé;ouery mais on n'avait qu'un moyen de l'atteindre; on se rabattait sur ce moyen, et, à défaut de pouvoir frapper encore les nouveaux « brissotins,

< on demandait de faire juger promptement Brissot et c tous les grands coupables qui, comme lui, attendent « depuis longtemps la juste punition de leurs crimes. >

Si Thuriot, si Duhem surtout échappent à la punition, Durojr doit y échapper avec bien plus de raison.

Mais qu'est devenu Bobert Lindet? Besté à Caen après le rappel de ses deux collègues. Bonnet et Duroy, il y avait continué la réorganisation dans cet esprit d'apai*

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sèment qu'il avait en quelque sorte érigé en systôme.

Les inaurgés compromis qui se eont constitués prisonniers ont toujours trouvé, en Robert Lindet, un protecteur qui les a couverta de sa bienveillance, même dans le Coroit? de «alut public. Ils n'ont jamais été livrés aux tribunaux, et, rentrés dans leur liberté, après le 9 tberaiidor, iU n'ont en définitive payé que d'un simple emprisonuement leut participation à l'insurrection normande.

Cet emprisonnement a pu avoir ses moments d'angoisse après le départ de Lindet, et sons le commiss^iat de représentants excentriques, peut-être ridicules, parlant toujours gailtotine, ne faisant, fort heureaaement jamais guillotiner personne, et que Mancel a appelés plaisaiomeut des crmiuemitaines.

Mai», même devant ces excentricités de langage, il ce parait pas que les anciens insurgés se soient tTOUvéa bien effrayés, puisque, Normands de ta capitale de la Baas&r Normandie, on eu a vu offrir par huissier de se faire eœprisuuucr, comme un plaideur qui veut se libérer constate l'offre de la dette au créancier qui ne veut pas recevoir.

Le dernier exploit de l'insarrectiou normande, c'est effectivement un acte d'huissier, et des Normands ont bien le droit de le constater.

Voici donc une des curieuses annotations de Mancel Bor Vaultier : c Isaac Chàtr^ (Châtr^-Lafoase jeune), c ayant appris, le 20 pluviôse an u, qu'une perquisitioB c avait été faite chez lui, par ordre du Comité de sur- « veillance, se rendit aux Carmélites, où étaient renfermis c ses co-accusés, dans l'intention de se constituer piic sonnier. Le concierge ne voulut pas l'écrouer, parce < qu'il n'avait pas en main un mandat d'arrêt. AIms

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